La plate-forme innov24 a été conçue par les journalistes Éliane Kan et Erick Haehnsen, tous deux dirigeants de l’Agence TCA (TechnoChroniqueurs Associés), une agence de presse indépendante spécialisée depuis 1991 dans l’innovation, le management et l’économie. La réalisation technique est assurée par Nexedi, un éditeur Open Source de Progiciels de gestion intégrés (PGI).

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Voici nos dernières éditions du Fil Presse de l'innovation

 

 

 

Le fil Presse de l’innovation

N°86

2 mai
2013

Erick Haehnsen, 
rédacteur en chef d’
innov24
© 
Wilfried Maisy
Edito

Mettre à l’honneur les jeunes entrepreneurs qui osent se lancer en France. Tel est l’engagement de LaTribune.fr qui organise le Prix national du jeune entrepreneur. Sa rédactrice en chef, Perrine Créquy, explique à cet égard comment le quotidien économique et financier en ligne innove dans sa manière de récompenser les 6 lauréats : au lieu de leur attribuer une somme d’argent, le média en ligne leur apportera pour 30 000 euros d’achat d’espace. Ainsi que le soutien de professionnels de haut niveau qui leur apporteront de précieux conseils. Autre manière d’encourager l’innovation, le GEN News Summit, rendez-vous mondial des rédacteurs en chef à Paris du 19 au 21 juin, présentera 15 start-up à leurs futurs clients : les médias du monde entier. C’est le moment d’entreprendre et d’innover.

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Agenda Presse
Enquête collaborative

Sommaire

Vie quotidienne
* Avec Livop, l'auto-partage s'ouvre à la clé virtuelle. 
* 
L’échange de domiciles devient communautaire


Business 2 Business
* Peer-to-peer : stocker, partager et synchroniser ses données
* Des routes électriques pour recharger les véhicules


Management
* GEN News Summit : l’événement mondial des rédacteurs en chef
* Trader de BitCoins dans le Deep Web


 

Club des médias
Interview de Perrine Créquy, rédactrice en chef du quotidien numérique LaTribune.fr qui organise lePrix national du jeune entrepreneur.


Le ‘‘Lardon’’ de la semaine 
par Lardon



A l'Agenda du Journaliste
L'Agenda des événements de Presse d'innov24est actualisé chaque jour sur le site.

 

Vie quotidienne

TRANSPORTS

Avec Livop, l'auto-partage s'ouvre à la clé virtuelle

Après s'être démarqué avec son service de livraison de véhicule à domicile, Livop, un opérateur d’auto-partage entre particuliers innove encore avec une application sur smartphone. Laquelle permet à la fois d'ouvrir le véhicule et d'en dresser l’état des lieux.

« Avec une trentaine de millions de voitures circulant en France, le service d’auto-partage entre particuliers a de l’avenir devant lui », lance Kieran Connolly, président de Livop, une jeune société créée en 2010 par des professionnels de la location de véhicules en courte durée. Cet opérateur met à la disposition de ses clients des véhicules fournis par des particuliers avec lesquels ils partagent les fruits de l’auto-partage. « En général, nous leur rapportons entre 200 et 250 euros par mois pour moins d’une dizaine de locations », souligne le dirigeant qui revendique un parc de 2 000 véhicules de particuliers en France et 5 000 conducteurs inscrits et facturés à la durée de location.

Véhicule livré près de chez vous. A la différence de tous ses concurrents français, Livop est le seul opérateur à proposer un service de livraison de la voiture à domicile. Une demi-heure avant le démarrage de la location, le client reçoit un SMS qui lui indique où se trouve le véhicule dans son quartier. A l'inverse, une fois la location terminée, ce dernier donnera par SMS l'adresse où il aura garé la voiture. Ce service délivré gratuitement permet à Livop de renforcer son maillage, le temps de faire croître son parc locatif. Un objectif qu’il compte remplir grâce au déploiement récent d’une technologie conçue par le géant belge D’Ieteren (maison mère, entre autres, de Carglass), un spécialiste des services d’ingénierie pour le secteur automobile.

Application smartphone. Ce service déployé il y a quelques semaines offre plusieurs avantages. D’abord, il permet de dématérialiser les clés d’accès aux véhicules de sorte qu’une fois inscrits sur le site, les nouveaux membres de Livop puissent d’emblée louer un véhicule. Ce qui est habituellement impossible car il faut attendre de recevoir par la Poste une carte d’accès RFID. La solution Keyzee nécessite d'avoir un smartphone doté d’une fonction Bluetooth afin de communiquer avec le boîtier électronique installé à bord du véhicule. Lequel sert à déverrouiller les portes et autoriser le démarrage.

Photographier les dégâts. Autre avantage de cette nouvelle application, l’utilisateur pourra faire un état des lieux en consultant sur son smartphone les observation des conducteurs qui l’ont précédés. Si une rayure ou un phare cassé n’a pas été signalé, il lui suffira de photographier le dégât qui sera automatiquement enregistré en ligne dans le carnet électronique du véhicule. De quoi se simplifier la tâche. « En outre, en cas de litige le conducteur pourra facilement démontrer sa bonne foi devant le loueur », souligne Kieran Connolly qui espère, à terme, développer son offre auprès des entreprises.

© Eliane Kan

 

Photo 1 : L'application smartphone de Livop sert de clé virtuelle et permet de faire un état des lieux. © Livop

 

TOURISME

L’échange de domiciles devient communautaire

La plate-forme GuestToGuest mise sur la flexibilité et l’esprit communautaire pour booster le marché de l'échange de domicile.

L'échange de domicile entre particuliers constitue une alternative économique à la location de vacances. Avec, cependant, une limite : le vacancier ne peut pas se dorer la pilule partout où il veut. Ainsi le Parisien ne peut loger à New-York que si un habitant de la Grande Pomme accepte d’échanger son logement dans la Ville Lumière et durant le même intervalle de temps... Des limites que veut repousser GuestToGuest qui compte aujourd'hui 6 600 membres et 4 100 logements dans 97 pays.

Gagner des points. « Plutôt que de troquer un logement contre un autre, nous offrons aux utilisateurs la possibilité de l'échanger contre des points », explique Emmanuel Arnaud, PDG de GuestToGuest. Principe : lorsqu'un utilisateur quitte son bien immobilier pendant un certain temps, il en profite pour le déclarer disponible aux vacanciers. « L'offreur gagne des points à chaque fois qu'il accueille quelqu'un. Plus tard, il les utilisera par exemple pour payer la caution demandée par un hôte ».

Des communautés ouvertes. Autre innovation : la plate-forme veut améliorer l'expérience utilisateur de l'échange de domiciles en jouant sur l’esprit communautaire. « Les internautes sont invités à s'inscrire dans des groupes ouverts basés sur leur mode de vie », précise Emmanuel Arnaud. « Par exemple, nous avons un groupe pour les personnes à mobilité réduite. En le rejoignant, les membres trouveront ainsi des logements adaptés. » Idem pour les fans de jardinage. « En échangeant votre domicile avec un autre passionné de l’arrosoir, votre jardin sera entretenu durant votre absence. Si c'est vous qui arrivez dans une maison avec un jardin, vous pourrez ramener des boutures ! »

Des partenariats bilatéraux. Par ailleurs, des partenariats entre la plate-forme et des organismes privés conduisent à la création de groupes fermés d’utilisateurs. « Récemment, nous avons passé un accord avec Air France. Les salariés du groupe peuvent désormais échanger leurs domiciles entre eux », indique le fondateur de GuestToGuest. Actuellement, une discussion est engagée auprès d’autres groupes industriels, fédérations, associations et grandes écoles. Avec une croissance qui oscille de 20% à 30% par mois, l'entreprise espère proposer jusqu'à 10 000 logements d'ici à la fin de l'année.

© Guillaume Pierre

Photo : Exemples de groupes sur GestToGuest. © D.R.

 


 

Business 2 Business

TIC

Peer-to-peer : stocker, partager et synchroniser ses données

Avec cette application qui sera disponible à l’automne prochain, la start-up Infinit s’adresse aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises.

Pourquoi stocker ses données chez un tiers quand on peut les héberger à domicile ? C’est ce que soulève la solution développée par la start-up Infinit. Ce jeune éditeur basé à Paris va lancer un logiciel de Peer-to-peer pour stocker, partager et synchroniser les données à domicile. De quoi intéresser les entreprises puisque les informations sont protégées par les mêmes clés de chiffrement que dans la banque ou de la Défense.

Système de fichiers décentralisé. « A la grande différence des solutions de stockage en ligne, les données de nos clients restent sur leurs serveurs, ordinateurs, tablettes et autres périphériques reliés à l’infrastructure de l’entreprise », fait valoir Bapiste Fradin, le directeur général. Ce dernier a co-fondé il y a un an cette entreprise avec son ami Julien Quintard, un docteur en informatique à l’origine de cette technologie de stockage distribué, également appelée ‘‘Système de fichiers décentralisé’’. En tout, neuf personnes travaillent dans l’entreprise qui a bénéficié de plusieurs levées de fonds pour que l’équipe puisse se concentrer sur le développement du produit.

Sécurité distribuée. Une fois l’application installée, les utilisateurs ont toute liberté pour partager leurs données avec des collègues, clients et fournisseurs. A la condition qu’ils soient équipés du même logiciel. Dès lors, ils pourront en quelques clics rendre disponibles des fichiers aussi volumineux qu’un modèle numérique 3D d’avion ou d’automobile. L’accès aux fichiers en mode Peer-to-peer sera bien sûr protégé par une clé d’accès. Laquelle sera stockée non pas sur un serveur de la start-up mais sur l’infrastructure de l’entreprise afin de garantir le respect de la confidentialité des données. Idem, d’ailleurs, pour les données stockées qui seront elles-mêmes découpées en plusieurs morceaux puis disséminées dans les différents maillons du réseau.

Lancement cet automne. Encore en bêta test auprès de 600 utilisateurs, ce logiciel sera commercialisé dès l’automne auprès des entreprises. « Le prix de la licence reste encore à définir », indique le dirigeant. Le logiciel sera en revanche distribué gratuitement aux particuliers qui pourront, eux aussi, créer leur propre réseau privé avec les membres de leur entourage.

© Eliane Kan

Photo : Bapiste Fradin, directeur général d’Infinit. © Infinit

 

TRANSPORT

Des routes électriques pour recharger les véhicules

Bombardier va déployer à Braunschweig, en Allemagne, une infrastructure de recharge électrique pour recharger les bus de la ville durant leur temps de service.

Plus conviviale que les bornes électriques, la recharge des véhicules par induction électromagnétique est en route. Le constructeur Bombardier va déployer à Braunschweig, en Allemagne, une infrastructure routière qui permettra aux bus de la ville de faire le plein en énergie électrique durant leur temps de service (pendant qu’ils roulent).

Recharge sans contact. La solution consiste, en gros, à enfouir une bobine électrique sous la chaussée qui transférera, par induction électromagnétique, son énergie à une autre bobine embarquée dans les véhicules. Bombardier a noué un accord avec le constructeur de bus Solaris pour équiper deux bus de la ville qui circuleront sur un parcours de 12 km. « Notre technologie offre plusieurs avantages », indique Jérémie Desjardins, en charge du projet ‘‘Primove’’ chez Bombardier. « D'abord, elle supprime l’usure des pièces mécaniques et des composants et en outre elle résiste à toutes les conditions météorologiques puisque les câbles sont enterrés. »

Trois autres projets sont en cours dont un à Bruges en Belgique avec le constructeur de bus Van Hool. « Nous avons également noué des partenariats avec des constructeurs de tramways et de camions, notamment Scania et Volvo, avec lesquels nous réfléchissons aux autoroutes électriques », annonce Jérémie Desjardins.

© Eliane Kan

Photo : Le projet de route électrique Primove va être déployé à Braunschweig pour alimenter deux bus électriques fournis par Solaris. © Bombardier

 


 

Management

JOURNALISME

GEN News Summit : l’événement mondial des rédacteurs en chef

Du 19 au 21 juin, aura lieu à l’Hôtel de ville de Paris la seconde édition printanière du News Summit organisé par le GEN (Global Editors Network), le réseau mondial des rédacteurs en chef. Interview de Bertrand Pecquerie, directeur général du GEN.


Qui attendez-vous au GEN News Summit ?
 L’année dernière, 400 rédacteurs en chef venus du monde entier s’étaient retrouvés à Paris. Cette année, nous en attendons 500 venant de plus de 70 pays. Bien sûr, les pays en crise donnent moins de participants mais le gros du bataillon provient des États-Unis et d’Europe, surtout d’Europe du nord. Par exemple, la Norvège envoie une vingtaine de rédacteurs en chef. A côté de cela, nous constatons l’arrivée en masse d’Africains. Dont pas moins de 20 rédacteurs en chef du Nigeria, pays qui connaît le plus gros boom médiatique du Continent noir - avec le Kenya et l’Afrique du sud.

Pour quelles raisons ? Peut-être en raison de l’argent du pétrole, de la montée en puissance des classes moyennes et donc du développement des médias qui va de pair. Il est intéressant de voir que le Nigeria développe également des médias dans des langues vernaculaires. A cet égard, une rédactrice en chef va expliquer comment elle a lancé le premier journal en haouza, la langue du nord Nigeria parlée par plus de 45 millions de Nigérians. L’Afrique n’est pas seule dans ce mouvement vernaculaire. Entre 2011 et 2013, l’Inde a vu se lancer 40 journaux non pas en hindi ou en ourdou mais en maharathi, bengali ou malayalam... Une chose est sûre : sur ce terrain, c’est dans les pays émergents que le spectre est le plus ouvert. D’ailleurs, nous recevrons également 30 Sud-américains, principalement des rédacteurs en chef brésiliens, argentins, péruviens... Sur ce continent, la presse est plutôt en forte croissance. Surtout au Brésil qui tire l’industrie de l’information vers le haut aussi bien en Broadcast et en Print qu’en numérique.

Comment ces pays se structurent-ils pour accélérer le développement de l’industrie de l’information ? Au Nigeria, la profession se structure autour de la Nigerian Guild of Editors qui rassemble les rédacteurs en chef et de la Nigerian Publishers Association pour les éditeurs et les propriétaires de médias. C’est une forme d’organisation qui est très anglo-saxonne. Nous n’avons pas l’équivalent en France. Nous n’avons même pas d’association de rédacteurs en chef, à l’instar d’une majorité de pays de tradition latine.

Avez-vous le projet de créer une association de rédacteurs en chef en France ? Nous essayons mais c’est très difficile. Les associations d’éditeurs se demandent pour quoi faire ? De leur côté, les rédacteurs en chef disent tous se connaître et ne voient pas l’intérêt d’une association. Néanmoins, nous avons le projet de créer l’association des rédacteurs en chef afin de développer l’échange de bonnes pratiques et accélérer l’innovation.

Quels seront les temps forts du GEN News Summit de Paris ? Nous compterons la présence de rédacteurs en chef chinois. Notamment Hu Shuli, rédactrice en chef et fondatrice de Caijin, le principal organe de presse économique chinois qui a l’avantage d’être le plus indépendant du pouvoir. Madame Hu Shuli a été reconnue en 2011 comme l’une des 100 personnalités les plus influentes du monde par le Time Magazine. C’est la première fois qu’elle viendra en France. Elle s’exprimera de façon libre sur le journalisme chinois.

Et côté ‘‘techno’’ ? Depuis septembre 2012, nous avons organisé une dizaine de Hackathon aux États-Unis, en Argentine, en Allemagne... dans de grandes rédactions comme, par exemple, Der Spiegel, à qui nous avons demandé d’inviter 10 autres rédactions de leur pays pour inventer une application d’informatique éditoriale. Je reviens d’un Hackathon de News Gaming (développer un jeu vidéo autour de l’information) au New York Times et c’est le Chicago Tribune qui a gagné. Les gens choisissaient leur domaine de couverture (sport, économie, politique...), l’application met en scène des questions qui visent à tester les connaissances du public sur le sujet. Dans l’application, l’info est à gauche et le jeu en colonne de droite. Bien sûr, il y a une émulation avec les autres joueurs. Nous allons aussi présenter les dernières tendances en matière d’utilisation des drones dans le journalisme avec les trois poids lourds du secteur : CNN, BBC et ABC. Les Anglo-saxons ont un à deux ans d’avance. Nous allons aussi présenter les meilleures réalisations du concours Data Journalism Awards où plus de 300 projets sont en compétition. Les 72 finalistes viennent d'être sélectionnés. Le public peut voter pour désigner les champions.

Allez-vous mettre en avant les start-up de l’information ? Oui, comme l’année dernière avec le concours Start-up for News : nous allons présenter aux rédacteurs en chef 15 start-up conduites par des jeunes qui innovent. Nous voulons créer des échanges entre la génération ‘‘papier et Broadcast’’ et la génération numérique. Nous sommes encore en train de sélectionner ces start-up qui pourront s’adresser à leurs futurs clients potentiels.

© Erick Haehnsen

Photo : Bertrand Pecquerie, directeur général du GEN. © GEN

 

COMMERCE

Trader de BitCoins dans le Deep Web

A l'heure où les monnaies virtuelles, à l'instar du BitCoin, ont le vent en poupe, certains n'hésitent pas à chercher des marchés dans les profondeurs d'internet. Quitte à ‘‘dealer’’ avec une faune très particulière.

Victor Escudero Rubio est un financier atypique. Cet espagnol de 35 ans, bon père de famille, travaille depuis 5 ans comme consultant financier pour le compte d'une banque qu'il préfère ne pas nommer. Depuis 2 ans, la nuit et le week-end, il s'immerge dans le ‘‘Deep Web’’, le Web profond. À savoir un magma de réseaux privés inaccessibles depuis un navigateur internet traditionnel (Chrome, Firefox, Safari...) et déconnectés les uns des autres. Parmi les plus connus de ces réseaux Internet, citons les réseaux Tor ou I2P sur lequel le financier espagnol héberge son site promotionnel. Il y vante ses qualités en tant que Trader de monnaies virtuelles. Sa prédilection : le BitCoins (BC), une devise qui a le vent en poupe.

De simples marchandises. « Il y a un marché à prendre. Pourquoi ne pas y aller ? », s'interroge Victor Escudero Rubio. « D'autant qu'il est aisé de se connecter au Deep Web, cela ne demande pas de compétence poussée. » Il suffit d'installer un logiciel client simple à trouver et à télécharger depuis le Web normal. Par ailleurs, devenir trader ne pose pas non plus de difficulté. « Je ne suis pas une banque. Je n'ai aucune identification à obtenir. Je suis un particulier... Et je fais ce que je veux ! », explique le financier. « Je dois seulement déclarer mes gains aux impôts. Pour l'État, les monnaies virtuelles ne sont pas des devises mais des biens que l'on vend et que l'on achète. »

Désir de liberté. Reste que, pour pénétrer ce business un peu ‘‘border line’’, il y a un pré-requis de taille. « Il ne faut pas craindre d'évoluer en terrain hostile », admet le Trader. Car le Deep Web abrite, c'est notoire, mafieux, proxénètes, pédophiles, tueurs à gages et autres pirates... « Mais la situation change », assure Victor Escudero Rubio. « De plus en plus d'internautes ‘‘normaux’’, qui n'ont rien à cacher, cherchent tout de même le moyen de se soustraire à la surveillance généralisée qui prévaut sur le Web traditionnel. » Beaucoup se tournent alors vers leDeep Web.

Règle d’or de l’anonymat. C'est avec ces usagers plus fréquentables que le Trader cherche à faire affaire. Même s'il n'est jamais possible de savoir qui se cache vraiment derrière un client... Car dans le Deep Web, l'anonymat est une règle d'or. Pour communiquer avec ses clients, le financier utilise des services de messagerie anonyme. Par ailleurs, les transferts d'argent s'opèrent par Western Union. Au final, aucune donnée personnelle n'est jamais échangée. « Aucun de mes clients n'utilise sa véritable identité. Mes concurrents sont également tous anonymes », explique Victor Escudero Rubio. « Pour l'instant je suis le seul à travailler sous mon vrai nom. C'est un gage de transparence. Mon activité est légale et je n'ai rien à cacher. »

© Guillaume Pierre

Photo : Victor Escudero Rubio, Trader dans le Deep Web. © D.R. 


 

 

Club des médias

« Nous voulons mettre à l’honneur ces jeunes qui entreprennent et réussissent en France »

Interview de Perrine Créquy, rédactrice en chef du quotidien numérique LaTribune.fr qui organise le Prix national du jeune entrepreneur.

Quel a été votre parcours ? Avant d’arriver à La Tribune en août 2012 en tant que rédactrice en chef, j’ai pigé pendant deux ans comme présentatrice et reporter à la radio BFM. Puis, pendant cinq ans, j’ai travaillé au Figaro où je dirigeais la matinale en économie sur LeFigaro.fr. On m’avait confié la mission de faire converger le print et le numérique, les équipes du supplément ‘‘Saumon’’ et du web. J’avais déjà eu ce genre d’expérience au Journal des Finances, tout juste racheté par Le Figaro qui souhaitait développer le site jdf.com. Cela m’a servi car Jean-Christophe Tortora, le repreneur deLa Tribune, avait déclaré au début 2012 que le titre deviendrait un quotidien numérique, assorti d’un hebdomadaire papier. Ce que certains jugeaient audacieux.

Quel a été votre défi dans cette mutation ? Amener les équipes à prendre conscience des spécificités du web, à respecter les contraintes de ce média tout en montrant la liberté qu’il offre. Comme les heures de bouclage. En quotidien papier, on boucle le soir entre 17h30 et minuit. Sur Internet, les lecteurs se connectent tout le temps avec le développement de l’information sur mobile, et en particulier le matin au bureau entre 9h et 11h, un peu pendant la pause déjeuner et entre 16h et 18h. Si, durant ces plages de temps, on n’est pas présent, on rate quelque chose. Internet, c’est à la fois très technique et très opaque. Car l’algorithme de Google ne révèle pas pourquoi tel article va être mieux référencé que tel autre. En revanche, Google News, c’est la bretelle d’accès à l’autoroute de l’audience. D’expérience, on connaît les grandes lignes de l’algorithme mais il évolue constamment. Il faut en tenir compte... sans laisser ces contraintes prendre le pas sur la qualité du contenu. Ensuite, nous avons une chance : LaTribune.fr est un média où l’on vient chercher des idées, et des angles intéressants. Ainsi que des points de vue sur l’information, l’économie et les stratégies d’entreprise. Non seulement au travers des articles de nos journalistes mais aussi de contributeurs externes qui tiennent des ‘‘tribunes’’.

Comment avez-vous absorbé le traumatisme de la fin du papier ? Quand je suis arrivée, tout le monde m’en parlait. Normal. Aujourd’hui, ce traumatisme est dépassé. Ainsi que la peur de tomber dans l’anonymat. Contenus, sujets, organisation du travail... la mutation numérique s’est déroulée sur l’ensemble de ces tableaux. Les journalistes ont fait preuve d’une très grande capacité d’adaptation. Nombre d’entre eux n’ont pas compté leurs heures. Le plus grand défi a été de faire comprendre qu’il s’agissait à la fois de conquérir un nouveau territoire, Internet, et de couvrir ce qui se passe dans le monde de l’innovation. Dans cette logique, nous nous intéressons aux start-up. Le mouvement des ‘‘Pigeons’’ a commencé chez nous avec une tribune de Jean-David Chamboredon qui est patron du fonds Isai.

Quelle place accordez-vous à la vidéo ? Évidemment, nous nourrissons de légitimes ambitions. D’ailleurs, nous avons lancé une émission il y a trois semaines avec La chaîne Décideurs TV qui met en scène un grand invité. Reste que notre mutation se réalise sur le fond d’une réalité économique très dure...

Votre audience a considérablement augmenté... Oui, c’est un beau résultat ! En janvier dernier, nous avons passé la barre des 5 millions de visites par mois, contre 3,5 millions un an plus tôt !

Quelles voies imaginez-vous pour conforter le développement du titre en ligne ? Comme nombre de mes confrères, je suis très curieuse des nouveaux modèles économiques. A titre personnel, je m’intéresse particulièrement à ce qu’on peut imaginer autour du Crowdfunding et auMedia for Equity qui consiste à créer des services de mise en relation où le média devient l’intermédiaire entre les start-up qui veulent lever les fonds et les investisseurs. Un modèle courant en Allemagne, et lancé pour la première fois en France par L’Express, il y a quelques semaines.

On entend souvent dire qu’on ne peut rien faire en France. Qu’en pensez-vous ? Nous entendons montrer que c’est faux ! Il y a plein de jeunes qui entreprennent et rencontrent le succès. C’est pourquoi La Tribune veut les mettre à l’honneur et les faire connaître avec le Prix national du jeune entrepreneur dont le concours vient de se clôturer. Au lieu d’une bourse en numéraire, nous proposons alors aux 6 lauréats une valeur de 30 000 euros d’achat d’espaces dans LaTribune.fr. Avec l’Accélérateur de croissance, nous proposons également un apport en expertise, en compétence. L’idée, c’est que les Lauréats choisissent l’expertise qui va donner le meilleur coup de pouce à leur croissance. Par exemple, lorsque l’effectif passe de 49 à 50 personnes, il faut remplir plus de 2 000 pages de formulaires en quelques semaines, créer un CE... Difficile d’y faire face. En revanche, le DRH d’un grand groupe pourra les aider à franchir ce cap. Il en va de même pour les conseils à l’export ou la propriété intellectuelle. Ce Prix national du jeune entrepreneur est soutenu par de grands groupes, les régions et l’ensemble des associations et représentations des entrepreneurs. Il est organisé sous le haut patronage du Président de la République.

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

Photo : Perrine Créquy, rédactrice en chef du quotidien LaTribune.fr 

 



Le ‘‘Lardon’’ de la semaine

Blanchissage couleur

A l’Agenda du Journaliste

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01 43 58 04 60, eliane.kan@innov24.com

Rappel : Les invitations presse sont publiées pour votre information personnelle. Pour y assister, il vous faut contacter les services de presse concernés.

* Les nouvelles manifestations reçues cette semaine sont mises en gras et en rouge. 
* Chaque jour, l'agenda est réactualisé, les journalistes peuvent le consulter librement sur innov24.com

* Les invitations de presse sont classées par secteurs d'activité, puis par dates.
- Colonne bleue : Presse grand public
- Colonne rose : Presse économique
- Colonne verte : Presse professionnelle

 

 

 

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Le fil Presse de l’innovation

N°84

11 mars
2013

Erick Haehnsen, 
rédacteur en chef d’
innov24
© 
Wilfried Maisy
Edito

Non, le papier n’est pas mort ! En tous cas, telle est l’opinion deLaurent Minaud, directeur des publications du groupe Courrier Cadres qu’il a racheté en 2011. Un groupe qui édite 5 mensuels (Courrier Cadres & Dirigeants, Rebondir, L’Officiel de la Franchise, Le Nouvel Entrepreneur et Vente directe Magazine) ainsi qu’un portail pour tous les magazines regroupés sous la bannière du titre phare, Courrier Cadres. « Il faut juste le bon équilibre entre le papier et le Web », insiste Laurent Minaud. Lequel a décidé de donner un coup de pouce aux chômeurs. Grâce à Internet, il leur offre le magazineRebondir et ses petites annonces d’emploi en téléchargement gratuit sur le site de Pôle Emploi. Une belle synergie entre le papier et le Web. Et un beau geste éditorial.

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Agenda Presse
Enquête collaborative

Sommaire

Vie quotidienne
* Financer son tour du monde grâce aux réseaux sociaux
* 
Les jouets veulent leur part d’Internet


Business 2 Business
* Démocratiser l’Intelligence économique
* 
L'édition numérique a son moteur de recommandation


Management
* Un incubateur collaboratif pour booster l'innovation


 

Club des médias
Interview de Laurent Minaud directeur des publications du groupe Courrier Cadres.


Le ‘‘Lardon’’ de la semaine 
par Lardon



A l'Agenda du Journaliste
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Vie quotidienne

VOYAGE

Financer son tour du monde grâce aux réseaux sociaux

Partis faire le tour du monde, deux aventuriers permettent aux internautes de suivre leurs péripéties. Ces derniers peuvent leur offrir des vivres et des ‘‘Goodies’’ via une boutique électronique. Une nouvelle forme de Crowdfunding est en train de naître.

Prendre un sac à dos et partir pour un tour du monde... un rêve que beaucoup ont caressé. D'autres se lancent dans l'aventure. A l'instar d'Alexis Giard et d'Eddy Vaudel, deux Backpackers (le surnom donné aux routards munis d'un sac à dos) d'une vingtaine d'année. Pendant 2 ans, ils ont préparé le projet ‘‘Pôle Est’’, un voyage visant à partir de France vers l'est, en traversant de nombreux pays, jusqu'à découvrir... un nouveau ‘‘pôle’’. « Le but est évidemment impossible à atteindre », sourit Alexis Giard. « Mais il finira par nous ramener chez nous en ayant fait le tour du monde ! » Depuis quelques mois, ils sont sur les routes et traquent les connexions Wifi sur leur chemin, grâce à leurs ordinateurs portables, afin de partager leurs péripéties avec une communauté de fans sur Internet. Sur leur site Web, ils ont installé une boutique électronique. Et inventé une nouvelle forme de financement, située entre le Crowdfunding (financement massivement participatif) et…. La ‘‘quête’’ électronique !

Manche en ligne. Sur le Store, les internautes peuvent dépenser entre un et plusieurs dizaines, centaines, voire milliers d'euros. Par exemple en offrant aux voyageurs des produits de première nécessité : un sandwich, un café, une douche ou encore une nuit dans une auberge de jeunesse. Ils peuvent également leur payer des ‘‘Goodies’’ amusants. Comme un préservatif à la framboise, un chapeau ou un verre de tord-boyaux local. Une autre alternative consiste à leur financer une prestation abracadabrantesque. Par exemple un tour en montgolfière ou une nuit dans une suite de luxe au sein d'un hôtel 4 étoiles. Bref : l'internaute les nourrit à distance, les habille, les loge puis il s'amuse du résultat. En somme, c'est presque comme dans le jeu ‘‘Les Sims’’, version tour du monde ! De leur coté, les deux aventuriers s'engagent à honorer la commande. « Un café payé sera un café consommé », reprend Alexis Giard. « Nous tenons un fichier Excel de tout ce qui nous a été offert pour être sûrs de ne rien oublier. » Au final, l'achat est immortalisé via une photo ou une vidéo publiée sur le site.

Concept en devenir. Pour l'heure, le Store a rapporté 400 euros, l'équivalent de 40 jours de voyage pour 1 personne à 10 euros par jour. Pour augmenter son efficacité, les deux amis soignent leurCommunity Management sur les réseaux sociaux. « Nous utilisons Facebook et Twitter mais également Couchsurfing.com, Findaboat.com et Findacrew.com. Lesquels visent à trouver un hébergement d'appoint et à embarquer sur des bateaux de passage », explique Eddy Vaudel. Et pour les jours de disette, il reste la solution Woofing, un écoconcept visant à travailler dans une ferme bio contre un peu de nourriture et un abri pour la nuit.

© Guillaume Pierre

Photo 1 : Le projet ‘‘Pôle Est’’ suit un trajet variable en fonction des difficultés rencontrées en chemin.© Pôle Est
Photo 2 : La boutique électronique permet aux internautes d'offrir des produits de première nécessité ainsi que des ‘‘Goodies’’ aux aventuriers. © Pôle Est

 

JOUETS

Les jouets veulent leur part d’Internet

Sans tambour ni trompette, le jouet prépare sa révolution connectée. Bientôt, les figurines, pions et autres jeux vont interagir avec les univers virtuels et les jeux vidéos. Des start-up françaises sont dans la course.

L’industrie des jeux et jouets prépare sa révolution Internet avec l’arrivée de nouvelles technologies qui visent à faire interagir les figurines, voitures, pions et autres objets bien réels avec des contenus numériques. Les entreprises françaises sont en pointe comme en témoignent Int13, éditeur de jeux en réalité augmentée, les Editions Volumiques, cofondées par Bertrand Duplat, un grand expert de la réalité virtuelle, ou encore ePawn (en français pion électronique).

Ecrans interactifs. Créée en 2010, cette startup parisienne a développé une offre constituée d’un côté d’un écran tactile baptisé ‘‘ePawn Arena’’ et de l’autre des puces électroniques que l’on intègre dans n’importe quelle figurine ou pion du marché. Raccordé à un PC ou un smartphone, l’écran fait office de plateau de jeu sur lequel les jeux vidéos et autres contenus numériques interagissent avec des pions ou autres objets réels. « Notre écran tactile peut localiser, identifier et gérer une soixantaine de pièces simultanément », fait valoir Christophe Duteil, le président et cofondateur d’ePawn.

L’entreprise, qui compte six employés, est entrée en négociation avec des fabricants coréens pour produire les fameux écrans interactifs sur lesquels ePawn percevra des redevances. Ces écrans interactifs seront vendus quelques centaines d’euros à quelques milliers d’euros selon leur taille, de 26 à 55 pouces. Quant aux figurines et contenus numériques, ils seront réalisés par des fabricants de jouets et des studios de jeux vidéos auxquels la start-up concédera aussi des licences d’exploitation. « Nous réaliserons nos ventes essentiellement à l’international », prévoit le dirigeant de l’entreprise qui a entamé des discussions avec de grands studios de jeux vidéos américains.

Réalité augmentée. De son côté Int13, une startup spécialisée dans la création de jeux vidéos en réalité augmentée sur smartphone travaille sur plusieurs projets. « Nous développons en partenariat avec Zaptoys, un fabricant de jouets basé à Hong-Kong, une application ludique téléchargeable sur smartphone qui va interagir avec ses figurines équipées d’un marqueur », indique France Quiqueré qui a cofondé l’entreprise avec Stéphane Cocquereaumont, un des rares spécialistes français de la réalité virtuelle appliquée aux jeux vidéos. Concrètement, il suffira pour le joueur de filmer les figurines à l’aide de son smartphone pour les faire interagir avec l’univers ludique créé par Int13. Un autre projet mené par la startup francilienne consiste à créer des jeux de combat multi-joueurs sur smartphone ou tablette. Chaque joueur manœuvre une figurine affublée d’un ‘‘marqueur’’ auquel sont associés des caractéristiques (énergie, endurance, etc). « A terme, nous prévoyons de développer une technologie qui se passera de marqueur grâce à la reconnaissance d’image », indique la dirigeante de l’entreprise qui compte aujourd’hui 7 salariés.

© Eliane Kan

Photo 1 : L’écran ePawn identifie, localise, et gère une soixantaine de pièces simultanément. © ePawn
Photo 2 : France Quiqueré et Stéphane Cocquereaumont ont noué un partenariat avec un fabricant de jouet basé à Hong-Kong. © TCA-Innov24

 


 

Business 2 Business

FINANCEMENT

Démocratiser l’Intelligence économique

La start-up parisienne Valoritem aide les entreprises à structurer leur veille grâce à la collecte d'informations sur tout le Web, l’analyse et la détermination d’indicateurs d’influence.


Marketing, relations de presse, R&D, finance... tous les services d’une entreprise ont besoin d’organiser leur veille (‘‘Intelligence’’ en anglais). Qu’il s’agisse de surveiller son e-réputation, scruter les faits et gestes de la concurrence, détecter de nouvelles technologies ou débusquer les tendances qui vont faire le buzz... C’est sur ce constat que la start-up parisienne Valoritem vient de lancer Bumble Vox avec la volonté de simplifier la veille technologique et concurrentielle.

Recherche multi-lingue. Côté technologie, les serveurs de la start-up embarquent un méta-moteur de recherche qui collecte les données ciblées non seulement dans les différents moteurs de recherche comme Google, Yahoo ou Bing mais aussi dans les moteurs chinois, japonais, russes ou brésiliens... « Nous agrégeons également tous types de sources d’information à la demande : les réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook, les sites média, les blogs personnels, les forums ou encore les portails de eCommerce », explique Bertrand Coty, fondateur de la société Valoritem qui propose de multiples filtres d'analyse : par langue, types de source, tonalité générale (avis positifs ou négatifs), localisation géographique, etc.

Indicateur d’influence. Le système peut alors tirer des indicateurs de tendance, établir des comparaisons entre thématiques, marques ou acteurs... le tout avec de grandes possibilités de croisement. « Nous calculons le potentiel d’influence des différentes pages Web analysées », reprend Bertrand Coty. « Nous en tirons un palmarès des leaders d’opinion, des pages qui vont le plus influencer le public. » A cet égard, Bumble Vox recourt à 7 critères : la présence de l’information scrutée dans un ou plusieurs moteurs de recherche, sa position dans les résultats de recherche, le taux de rafraîchissement de cette information par des commentaires, les images ou vidéos associées... Le tout avec des coefficients de pondération qui finissent par donner un indice global. Enfin, à l’instar d’éditeurs du Big Data comme Tableau Software, Captain Dash ou OpenDataSoft, Bumble Vox dispose d’un moteur de visualisation des données.

Le procédé fonctionne mais il manque encore d'ergonomie. « Après un an de test auprès de sociétés du CAC40 et de cabinets anglo-saxons de relations presse, nous devons encore aider les clients à paramétrer leurs requêtes et à exploiter leurs résultats », précise Bertrand Coty qui commercialise son offre à partir de 500 euros par mois. L’entrepreneur espère dégager 150 000 euros de recettes cette année et trois fois plus l’an prochain.

© Erick Haehnsen

Photo 1 : Analyse de la répartition par sources. © Valoritem
Photo 2 : Fondateur de Valoritem, Bertrand Coty espère réaliser 150 000 euros de chiffre d’affaires dès cette année. © Valoritem

 

TIC

Un moteur de recommandation pour l’édition numérique

En France, l'eBook peine à dépasser 2% du marché total de l'édition. De nouveaux moteurs de recommandation pourraient radicalement changer la donne dans ce secteur. Focus sur celui de la start-up française Sanspapier.com.

Dans le monde de l'édition, le terme ''longue traîne'' qualifie l'ensemble des livres qui manquent de visibilité sur les étagères des libraires... Et qui, du coup, peinent à être vendus. Avec le Web et les eBooks, ce problème pourrait disparaître. A condition de développer des moteurs de recommandation capables de mettre en avant les ouvrages délaissés lorsqu'un utilisateur fait une recherche. En pratique, valoriser la longue traîne est un véritable Graal pour les professionnels de l'édition du monde entier. Par exemple, aux États-Unis où l’eBook pèse environ 20% du marché de l'édition (contre 2% en France), un groupement d'éditeurs prestigieux (USA Today...) dont certains d’origine française (Hachette Book Group, Harlequin...) a récemment lancé Bookish.com, une plate-forme dotée d'un moteur de recherche capable de proposer des recommandations très précises à ses utilisateurs. Même idée au Royaume-Uni avec la plate-forme FrontLyst.com qui vient de sortir en version bêta.

Algorithme sémantique. En France, un petit nombre d'éditeurs de logiciels s'inscrit dans la même démarche. À l'instar de Sanspapier.com, une librairie en ligne créée il y a 3 mois et qui est dotée d'un moteur de recommandation de nouvelle génération.« Le principe, c'est de ne plus se contenter de répertorier les ouvrages seulement par leurs métadonnées (titre, date, auteur...) comme cela se fait actuellement. Mais d'associer à chaque ouvrage une liste de mots-clés en rapport avec son contenu », explique Antoine Garnier, PDG de Sanspapier.com. « Notre algorithme est capable de déterminer automatiquement les mots qui représentent l'ouvrage au mieux. Ensuite l'ouvrage est mathématiquement mis en avant. »

Marque blanche. Depuis peu, l'entreprise propose sa technologie en marque blanche à des distributeurs d'eBook ainsi qu'à des éditeurs qui possèdent leurs propres plate-forme de eCommerce. Pour l'instant, seules les petites structures sont concernées. « Aujourd'hui, nous maîtrisons les processus de recommandation sur de petits corpus d'eBooks - jusqu'à 300 livres. Notre prochain objectif, c'est de traiter des stocks plus importants. » De quoi susciter l'intérêt des acteurs de la chaîne du livre numérique en France. Pour eux, l'enjeu est double. D'une part, il s'agit d'accéder à ce marché qui pesait, en 2011, 54 millions d'euros, selon les chiffres du Syndicat national de l'édition (SNE). D'autre part, il est probable que l'utilisation de moteurs de recommandation performants ait le pouvoir de ramener dans leur giron les nombreux internautes qui préfèrent encore le livre papier.

© Guillaume Pierre

Photo : Antoine Garnier, PDG de Sanspapier.com. © Sanspapier.com


 

Management

PLATE-FORME

Un incubateur collaboratif pour booster l'innovation

Pour passer de l’idée à l’action, la plate-forme Civiliseed, prévue pour fin 2013, veut centraliser toutes les ressources utiles aux innovateurs.

Rares sont les idées géniales qui se transforment en innovations concrètes. Quel dommage ! Partant de ce constat, Pierre Le Corf, un entrepreneur autodidacte de 24 ans, compte lancer en octobre prochain Civiliseed, un ‘‘incubateur collaboratif’’, à savoir une plate-forme Web qui va accompagner des porteurs de projet depuis l'idée jusqu'à la phase de réalisation. « Cette plate-forme s’adresse sans critère de sélection à toute personne qui veut entreprendre. Il y aura un bureau collaboratif où seront centralisés des outils de management de projets, de financement participatif ainsi qu'une place de marché des compétences », explique Pierre Le Corf.

Tutoriels interactifs. En pratique, une fois inscrit, le porteur de projet devra formaliser son idée sous la forme d'un ‘‘Pitch’’ de 140 signes. Ensuite, pour réunir une équipe, un algorithme sémantique fera converger vers ce Pitch les membres de la plate-forme, potentiellement partenaires. « Tous les utilisateurs seront accompagnés par des tutoriels interactifs conçus en partenariat avec des enseignants-chercheurs spécialisés dans le domaine de la Programmation neurolinguistique (PNL) », souligne Pierre Le Corf. « Nous avons travaillé sur la composition d'un enseignement ‘‘magnétique’’ capable de motiver les gens à aller jusqu’au bout de leurs rêves. »

Effet boule de neige. Ce faisant, le jeune entrepreneur veut abattre les murs qui cloisonnent notre société. « Issu d'une famille pauvre qui ne pouvait pas me payer d'études supérieures, je me suis auto-formé dans de nombreux domaines. » Cofondateur du concept de boîte de nuit Qube en 2009, conseiller régional titulaire de Bretagne pendant 6 ans, un des consultants du très médiatique projet international Sea Orbiter, un navire autonome qui explorera les fonds et le grand large 24h/24. le jeune autodidacte a fait du chemin. « Avec Civiliseed, je cherche à produire un effet boule de neige et à démultiplier l'innovation, à valoriser les gens pour ce qu’ils sont et non pour le CV. »

On-Demand. Une équipe de 5 personnes travaille activement sur le projet. « Pour atteindre la rentabilité, nous allons suivre plusieurs pistes », souffle Pierre Le Corf. «  Par exemple, nous avons imaginé un modèle qui se situe entre le Freemium et le Premium. » Principe : outre les outils gratuits, les utilisateurs peuvent louer des outils plus sophistiqués pour la modique somme de 2 euros par module et par mois.

© Guillaume Pierre

Photo : Pierre Lecorf, 24 ans, entrepreneur autodidacte et ambitieux.


 

 

Club des médias

« J’offre le magazine Rebondir en téléchargement gratuit aux 5 millions de chômeurs »

Interview de Laurent Minaud, 48 ans, directeur des publications du groupe Courrier Cadres qui édite les mensuels Courrier Cadres & Dirigeants, Rebondir, L’Officiel de la Franchise, Le Nouvel Entrepreneur et Vente directe Magazine. Ainsi que du portail CourrierCadres.com.

Quel a été votre parcours ? J’ai fait l’Essec puis j’ai fait mon service militaire comme officier dans les commandos parachutistes. J’ai commencé ma carrière dans le marketing et la vente pour différentes belles sociétés. Notamment chez Levi Strauss dont j’ai été directeur général. Ensuite, j’ai dirigé la centrale d’achats du mouvement E.Leclerc où j’ai également été responsable de la communication.

Comment en êtes-vous venu à la presse ? Je voulais, à mon tour, devenir entrepreneur, reprendre un groupe. En juin 2011, j’ai racheté un groupe de presse qui comprenait les titres Courrier Cadres & Dirigeants,Rebondir, L’Officiel de la Franchise et Vente directe Magazine. J’ai refondu ce groupe, qui n’avait que 3 journalistes pour 5 titres, dans un nouveau groupe baptisé ‘‘Groupe Courrier Cadres’’. J’ai remonté le niveau des titres, instauré un suivi de production, rationalisé les sites Web en créant un portail, CourrierCadres.com, développé des méthodes de gestion, diminué les charges d’exploitation et mis en place des moyens pour analyser l’audience.

Bien des titres abandonnent le papier. Et vous rachetez des mensuels papier... N’est-ce pas anachronique ? Pas du tout. Le papier n’est pas mort car il apporte le maximum de crédibilité à l’information. Je pense même que celui qui ne fait que du Web peut mourir. De même, celui qui ne fait que du papier peut également mourir. C’est comme dans la grande distribution : il faut être ‘‘Click & Mortar’’, c’est-à-dire à la fois sur le Web et dans les magasins en dur. Nous avons renouvelé 3 formules : celles deL’Officiel de la Franchise et de Courrier Cadres en novembre 2011, celle de Vente Directe Magazine en mai 2012 et celle du portail Web le mois suivant. Mon fil conducteur entre ces différents titres, c’est l’emploi, la formation et la gestion de carrière.

Vous distribuez le magazine Rebondir gratuitement aux chômeurs. Pouvez-vous expliquer votre démarche ? J’ai le sens de l’engagement. J’ai été moi-même chômeur. Depuis début février, je donne le journal Rebondir en téléchargement gratuit sur le site de Pôle Emploi dans une rubrique ‘‘Rebondir’’ aux 5 millions de chômeurs. J’ai aussi un partenariat avec le site Vivastreet qui est le troisième site de petites annonces dans le monde. En France, il y a en permanence 80 000 annonces d’emploi. L’idée, c’est d’en publier 1 200 annonces sur 25 pages dans le magazine papier en les classant par secteurs et par régions. Chaque annonce est assortie d’un code qu’il suffit de taper sur le site pour en avoir tous les détails. L’idée, c’est qu’un jour, le chômeur qui télécharge le magazine gratuitement sur Internet l’achètera un jour en kiosque.

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

Photo : Laurent Minaud, directeur des publications du groupe Courrier Cadres qui édite les mensuels Courrier Cadres & Dirigeants, Rebondir, L’Officiel de la Franchise, Le Nouvel Entrepreneur et Vente directe Magazine. Ainsi que du portail CourrierCadres.com. © TCA-innov24

 



Le ‘‘Lardon’’ de la semaine

D Day : Femmes et pouvoir

A l’Agenda du Journaliste

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* Les invitations de presse sont classées par secteurs d'activité, puis par dates.
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Le fil Presse de l’innovation

N°83

12 février
2013

Erick Haehnsen, 
rédacteur en chef d’
innov24
© 
Wilfried Maisy
Edito

Autour de soi, chacun connaît une personne handicapée ou en situation provisoire de handicap. Logements, rues, commerces, transports, lieux de travail, écoles... vont devoir s’adapter d’ici 2015. Autrement dit devenir ‘‘accessibles’’. Un chantier énorme qui, espérons-le, sera mis en œuvre pour le plus grand confort de chacun. Reste que cette question, que dis-je, cette transformation radicale de la vie en société soulève un grand nombre d’interrogations. C’est pour y réfléchir, notamment au niveau des médias, que Pierre Pichère, chef de rubrique au mensuel Le Bâtiment Artisanal, lance demain matin (mercredi 13 février) l’Association des journalistes pour l’accessibilité. Rejoignons-le !

Mode d'emploi vidéo :
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Enquête collaborative

Sommaire

Vie quotidienne
* Coup de jeune pour couche lavable
* 
Valoriser le photovoltaïque dans les maisons


Business 2 Business
* Crowdfunding pour associations
* 
Des nano-poudres pour doper la dureté des matériaux


Management
* Le mariage du foot et du carrelage
* 
Open Business : étendre la valeur de son activité

 

Club des médias
Interview de Pierre Pichère, chef de rubrique au mensuel Le Bâtiment Artisanal et au siteLeBatimentArtisanal.com qui lance l’AJPA (Association des journalistes pour l’accessibilité).


Le ‘‘Lardon’’ de la semaine 
par Lardon



A l'Agenda du Journaliste
L'Agenda des événements de Presse d'innov24est actualisé chaque jour sur le site.

 

Vie quotidienne

DESIGN

Coup de jeune pour couche lavable

La start-up Génération Plume a élaboré un nouveau modèle de couche lavable, bientôt vendu en grande distribution.

Mère de deux enfants, designer industriel et écologiste convaincue, Florence Hallouin a combiné ces trois identités pour créer Génération Plume en 2009. « J’ai mis à mes enfants des couches lavables et, avec mon regard de designer industriel et de maman, j’ai imaginé quelles améliorations apporter à ce produit », explique-t-elle.

Microfibres. Revenues à la mode dans années 2000, les couches lavables présentaient des risques de fuite, un temps de séchage assez long et un volume important sur les fesses des bambins. Autant d’obstacles qui réservaient le produit aux parents écologistes les plus militants. Après plusieurs prototypes, Florence Hallouin élabore Hamac, une couche très fine constitue l’enveloppe. Un hamac en microfibres, inspiré des textiles sportifs, laisse respirer la peau tout en assurant l’imperméabilité. A l’intérieur, les parents placent un absorbant, lavable ou jetable. Un voile, à jeter dans les toilettes, récupère les selles. Cette solution supprime les risques de fuite. Les plus faibles épaisseurs accélèrent le séchage et réduisent la quantité de matière première de 15 à 45% selon les modèles.

Business Angel. Florence Hallouin a construit sa démarche en relation avec Réseau Entreprendre Paris qui forme les créateurs d’entreprise. Elle lève 1 million d’euros en trois fois auprès de Business Angels. Le projet est même deux fois lauréat du concours du ministère de la Recherche. Fidèle à ses valeurs environnementales, elle développe le produit avec un textile certifié Ökotex. Les sous-traitants sont installés en France, Génération Plume assurant l’assemblage final des produits.

Grande distribution. Forte des retours positifs, notamment de la dizaine de crèches qui utilisent son produit, la dirigeante part à la conquête de nouveaux marchés. Non seulement à l’export (déjà 10 % du chiffre d’affaires) mais aussi auprès de la grande distribution. Oxybul, certains groupements pharmaceutiques et l’enseigne Vertbaudet commercialisent déjà Hamac. Auchan proposera cette couche lavable dans une dizaine de magasins, pour diversifier l’offre dans un rayon peu ouvert à l’innovation. De quoi doper les ventes de Génération Plume (60 000 unités depuis août 2010). D’autant que l’argument financier est imparable. Même avec Hamac, produit haut de gamme, une famille économise plus de 1 000 euros en deux ans et demi par rapport à des couches jetables de marque. Et bien plus au deuxième enfant, puisque la couche Hamacrésiste à l’épreuve du temps.

© Frédéric Hermant

Photo 1 : Plus fine qu’une couche lavable traditionnelle, Hamac existe en de nombreux coloris. © Génération Plume
Photo 2 : Florence Hallouin, créatrice de l’entreprise innovante Génération Plume. © GénérationPlume

 

ÉNERGIES ALTERNATIVES

Valoriser le photovoltaïque dans les maisons

Le fabricant de batteries Saft s’apprête à lancer des installations de batteries électriques capables d’alimenter une maison entière.

D’une capacité de 4 à 10 kW, les nouvelles installations intelligentes de batteries électriques de Voltwerk - auxquelles contribue Saft - ont la taille d'un petit réfrigérateur ou d’une chaudière au fioul. Il y a de forte chance que notre regard s’y habitue. Car ces nouveaux équipements ne se contentent pas d’emmagasiner l’énergie électrique produite par les panneaux photovoltaïques ou les éoliennes de la maison. Elles pallient les problèmes de réseau électrique. « Aujourd'hui, on injecte l’électricité photovoltaïque ou éolienne dans le réseau public. Or celui-ci n'arrive plus à absorber toute cette énergie », expose Michaël Lippert, responsable marketing de l'activité stockage d'énergie en relation avec les énergies renouvelables et le SmartGrid chez Saft. « Du coup, soit il faut renforcer le réseau public, soit accepter de perdre cette électricité verte ou soit la stocker. »

Allemagne en tête. Outre-Rhin, le calcul est vite fait, même si l’installation de stockage représente un investissement de 10 000 à 20 000 euros. Car le kWh photovoltaïque y est moins cher à l’achat que l’électricité du réseau. Les Allemands ont donc plus intérêt à consommer l’électricité verte qu’ils auto-produisent que celle de l’opérateur. « Couplée à une pompe à chaleur et à des panneaux solaires, la batterie domestique peut alimenter en électricité toute une maison pendant 2 à 3 heures », explique Michaël Lippert. « Cela paraît peu mais, en réalité, on arrive à un taux d’autoconsommation allant jusqu’à 70%. Ce qui limite considérablement le besoin d’électricité connectée. » Une chose est sûre : l’électricité va coûter de plus en plus cher. Face à cela, l’autoproduction offre une prévisibilité appréciable.

© Erick Haehnsen

Photo : Les installations de batterie de puissance vont se banaliser dans les maisons. © Voltwerk

 

 


 

Business 2 Business

FINANCEMENT

Crowdfunding pour associations

Grâce à sa plate-forme Web, la start-up Alvarum aide le tissu associatif à rationaliser la collecte de dons et l’organisation d’événements.

Participer à des associations, durant les études, suscite parfois des vocations entrepreneuriales. En témoigne Guillaume Desnoës, cofondateur avec Olivier Fleckinger de la start-up parisienne Alvarum, qui constate : « Les associations ne tirent pas assez profit des possibilités du Web. » Tout juste sortis de HEC, les deux associés créent leur start-up en 2008 à Paris. Objectif : industrialiser en faveur du secteur associatif la collecte de dons et l’organisation d’événements. Le tout, grâce à certaines fonctionnalités des réseaux sociaux et du Crowdfunding– lequel consiste à lever des fonds en sollicitant la contribution financière des Internautes.

Organiser collectes et événements. Sur la plate-forme d’Alvarum chacun peut créer son ‘‘Wall’’ comme sur Facebook, inviter ses amis, animer son projet en ajoutant des actualités, ou organiser un événement afin de collecter des dons. « Les particuliers informent leur communauté qu’ils souhaitent organiser une collecte en faveur de l’association de leur choix (MSF, la Ligue contre le cancer, l’Unicef ou la Croix rouge...) », reprend Guillaume Desnoës qui a levé 1,7 million d’euros en deux fois. Pour la plupart, les associations organisent des événements sur la plate-forme pour stimuler l’animation de la collecte. Citons Oxfam (ONG pour les droits fondamentaux) et son Trail Walker qui consiste à marcher 100 km par équipe de quatre personnes. En parallèle, Alvarum monte également ses propres événements, des marches et courses à pied de 6 km entre fin juin et début octobre à Paris, Lyon, Marseille et Villeneuve d'Asq. « Pour participer, il faut choisir une association et collecter au minimum 200 euros. En fait, la moyenne se situe entre 500 et 1 000 euros », précise l’entrepreneur.

Industrialiser les services aux associations. Moyennant une commission allant jusqu’à 5%, la start-up a levé au total près de 10 millions d’euros en faveur de 800 associations en Europe auprès de 200 000 donateurs. Lesquels reçoivent automatiquement leur bordereau de déduction fiscale. Un soulagement administratif qu’apprécient les petites structures comme Imagine for Margo (lutte contre le cancer) : elle a levé 200 000 euros en un an sans avoir à gérer à la main les courriers auprès de ses 4 000 donateurs. Guillaume Desnoës est animé d’une profession de foi : « Il est possible de bâtir une belle entreprise à la fois rentable et capable d’industrialiser des services efficaces qui renforcent le lien social entre les citoyens et le tissu associatif. » C’est en bonne voie puisque la start-up s’étend en Europe avec des bureaux à Berlin.

© Erick Haehnsen

Photo : La start-up Alvarum organise ses propres événements pour permettre aux petites associations de collecter des fonds. © Alvarum

 

MATÉRIAUX

Des nano-poudres pour doper la dureté des matériaux

La start-up Nanoé conçoit et fabrique des poudres dont le diamètre des grains est inférieur à 150 millionièmes de millimètre. Une granulométrie qui intéresse les prothèses de la hanche ou les pièces industrielles d’usure.

700 000 euros ! C'est ce que la start-up francilienne Nanoé, basée à Chilly-Mazarin (Essonne), vient de lever. Une jolie somme pour développer une activité industrielle prometteuse : les poudres nanométriques pour céramiques techniques. Fabriquées à partir d’oxydes d'aluminium, d’oxydes de zirconium ou d’un mélange des deux, les céramiques techniques intéressent l’industrie en raison de leur très grande dureté.

Beaucoup plus dures. « En réduisant le diamètre des grains de ces poudres de 20 à 150 nanomètres (millionièmes de millimètre), on confère de nouvelles propriétés physiques aux matériaux : une plus grande résistance thermique ou une plus grande résistance à l'usure ou encore une plus grande durée de vie », explique Guillaume de Calan, 27 ans, président de Nanoé, créée en 2008 à partir d’un laboratoire de l’Ecole Centrale Paris. Ces propriétés physiques devraient trouver un précieux domaine d’application dans les MedTech (Technologies médicales), notamment les prothèses dentaires ainsi que les prothèses de hanche dont la durée de vie pourrait être significativement augmentée ! Pour les mêmes raisons, ces poudres pour céramiques techniques intéressent le marché des pièces industrielles d'usure et de précision. « Dès qu'il y a de fortes sollicitations (températures élevées, usure, environnement chimique agressif) ou des besoins mécaniques de grande précision, les céramiques techniques sont utilisées », souligne Guillaume de Calan. « Avec les nano-poudres, ces pièces réclament moins de maintenance. On réduit donc le nombre d’arrêt machine pour changer les pièces d’usure. »

Du quintal à la tonne. A charge, pour la start-up, de trouver les applications industrielles qui justifient un surcoût significatif. « Une poudre d'alumine grossière ne coûte que quelques euros/kg. Tandis que nos nano-poudres sont vendues entre 70 et 100 euros/kg », précise le jeune président qui commence à commercialiser ses poudres en direct aux fabricants européens de pièces en céramiques techniques. « Il faut compter un à deux ans pour qu’un client adopte nos poudres. » En effet, la start-up fournit gratuitement 1 kg de poudre pour que le fabricant procède à ses premiers tests en laboratoire. Lorsque l’industriel teste les poudres sur ses lignes de production et se rend compte qu’il n’a pas besoin de les modifier, il augmente le volume de ses commandes. Pour l’heure, la capacité de production de Nanoé se limite à 100 kg/mois. Avec sa levée de fonds, la start-up va mettre en place une installation qui pourra produire 10 à 20 tonnes de nano-poudres sur 2013. Une véritable rampe de lancement.

© Erick Haehnsen

Photo : La fabrication de poudres nanométriques est très high-tech. © Nanoé


 


 

Management

PARTENARIAT

Le mariage du foot et du carrelage

Le fabricant espagnol de carrelage Azteca a noué des accords de licence avec le FC Barcelone et le Real Madrid. L’entreprise propose des faïences murales avec les joueurs de ces deux équipes de renommée mondiale.

Chaque année, le Real Madrid dégage 400 millions d’euros de recettes en produits dérivés. Le FC Barcelone n’est pas en reste. Les deux clubs rivalisent d’idées nouvelles. L’entreprise Azteca, fabricant de carrelage installé à Alcore, à côté de Castillon, vient d’ajouter à la liste un produit à son catalogue : la faïence murale avec, en illustration, des joueurs de football des deux équipes mythiques.

Des visées à l’export...
 Créé il y a plus de cinquante ans, cet industriel a longtemps vécu sur le marché espagnol du bâtiment. Mais la crise profonde de l’immobilier ibérique la contraint, comme tous ses concurrents, à innover et à se développer à l’export. « Plutôt que de proposer la même chose que nos confrères et de baisser les prix, nous avons cherché une alternative », explique Thomas Ozeel, manager chez Azteca. Le service marketing phosphore alors sur le football, une institution sacrée dans le pays. L’entreprise entre en contact avec les deux grands clubs, à Madrid et Barcelone, et signe deux accords de licence. Chacun pose ses conditions financières mais aussi géographiques. Car la commercialisation de produits dérivés fonctionne selon des logiques nationales. En février 2012, la gamme Real Madrid est présentée sur le salon Cevisama de Valence. En octobre dernier, arrivent les carreaux FC Barcelone, pour le Cersaie de Milan, l’autre grand rendez-vous mondial de la filière.

Jusqu’en Asie. Cette collection n’est pas qu’une affaire d’image. Elle génère aussi des ventes. Impossible d’obtenir des indications de volume, et encore moins le montant versé pour les licences. « Nous vendons bien en Espagne et dans les pays arabes », poursuit Thomas Ozeel. « Le produit plaît beaucoup en Asie où l’on découvre le football. Chaque été, le FC Barcelone et le Real Madrid jouent des matches amicaux dans ces pays pour faire aimer le foot, conforter leur image et vendre des produits dérivés. »

Nouveau média. Douches de gymnase, clubs de supporters, clubs de foot pour les enfants : la gamme a été pensée pour le collectif. Mais les ventes décollent aussi en logement individuel. Le renouvellement est permanent, car le motif doit s’adapter aux départs et aux arrivées de joueurs dans ces deux clubs. Pour autant, pas question de changer le carrelage à chaque évolution de l’équipe ! « Les supporters sont davantage attachés au Real ou au FC Barcelone qu’à tel ou tel joueur », explique Thomas Ozeel. L’innovation d’Azteca a été observée avec attention par plusieurs concurrents. Le carrelage pourrait bien devenir un nouveau terrain pour les produits dérivés. Le segment du football est désormais occupé, mais d’autres univers pourraient bien s’inviter sur les murs, les industriels ne voulant pas rester hors-jeu.

© Frédéric Hermant

Photo 1 : Un bar de supporters du Real Madrid pourrait accueillir les carrelages muraux à l’effigie du club. © Frédéric Hermant
Photo 2 : Thomas Ozeel devant les carreaux aux couleurs du FC Barcelone. © Frédéric Hermant

 

PARTENARIAT

Open Business : étendre la valeur de son activité

Calqué sur le modèle de l'Open Source Software (logiciel à code source ouvert), l'Open Business invite les entreprises à développer des liens d'inter-dépendances avec l'objectif d'augmenter la valeur de chaque activité.

Le mouvement Open Source prône la coopération plutôt que la compétition dans le logiciel. En effet, chaque développeur construit une brique du code au sein d'un projet global qu'il ne pourrait conduire seul. Fort de ce fonctionnement en réseau, chacun apprend des autres et progresse, tout en réalisant sa part du travail. Il en résulte des logiciels à code source ouvert qui sont massivement utilisés. Ce mode d’organisation a profondément remodelé le marché du logiciel. Aujourd’hui, ce type de travail en réseau inspire aux entreprises de nouveaux modèles économiques. Principe : plus l'activité totale du réseau est importante, plus la valeur de l'activité de chacun augmente. « Appliqué aux entreprises, ce fonctionnement pourrait apporter de la croissance. Non pas à un seul acteur, le plus fort comme on le voit d'habitude, mais à un réseau de PME et de TPE », souligne Michel Vandenberghe, analyste chez IBM et spécialiste des réseaux d'entreprises, qui s'exprime à titre privé. Il résume sa pensée par le concept d'Open Business.

Interdépendance vertueuse. « Rejoindre ces réseaux d'entreprise crée des opportunités de développement sur des marchés qui n'avaient pas été identifiés jusque là », explique Michel Vanderberghe. Par exemple, un fabricant de caisses en bois pour œuvres d’art s’est associé à un spécialiste des puces RFID. Résultat, ils ont inventé la ‘‘caisse intelligente’’ qui a permis de réduire les primes d’assurance. « L'idée, c’est de générer des liens d'interdépendance vertueuse entre les entités de manière à créer un réseau d'entreprises qui se mobilisent sur les mêmes objectifs commerciaux », poursuit le spécialiste des réseaux d'entreprises. « Selon ce modèle, en contribuant au développement opérationnel et commercial d’un écosystème global, chaque entreprise se valorise elle-même. »

Open Business Plan. Pour cela, l'Open Business implique de rédiger un document d'un nouveau genre, appelé Open Business Plan. « Les choses bougent et changent vite. Il faut des contrats ouverts dont les termes ne sont pas complètement définis au moment où les partenaires signent », soulève Michel Vanderberghe. « La méthode, c'est de cartographier l'activité de plusieurs entreprises sur son marché. De repérer les points d'intersection. Puis de développer à plusieurs des offres innovantes capables de correspondre aux différentes formes de coopération possibles. »

© Guillaume Pierre

Photo : Michel Vandenberghe, spécialiste de l'Open Business. © D.R.


 

 

Club des médias

« Structurer un travail coopératif en faveur de l’accessibilité »

Interview de Pierre Pichère, 32 ans. Ce chef de rubrique au mensuel Le Bâtiment Artisanal et au site LeBatimentArtisanal.com, édités par la Capeb (Confédération des artisans et petites entreprises du bâtiment), lance demain l’AJPA (Association des journalistes pour l’accessibilité).

Quel a été votre parcours ? J’ai fait une maîtrise de droit français et allemand à Cologne (Allemagne) et à la Sorbonne à Paris. Ensuite j’ai fait Sciences Po Paris dans la majeure Médias et Journalisme. J'ai participé à la création d'une entreprise de presse sur les questions européennes. Le projet a capoté... J'ai enchaîné à l'Institut de l'entreprise et au site Melchior.fr qui fournit des contenus pédagogiques aux professeurs d’économie dans les lycées. J’ai également travaillé pour Welcomeurope, une société d'édition spécialisée dans les financements européens. En 2006, je suis entré à la Capeb (Confédération des artisans et petites entreprises du bâtiment) en tant que journaliste pour le mensuel Le Bâtiment Artisanal et, en 2010, pour le siteLeBatimentArtisanal.com.

Pourquoi vous intéressez-vous à l’accessibilité ? Au départ, il s'agit de rendre accessibles aux personnes handicapées ou en situation de handicap les transports, les bâtiments et les infrastructures urbaines. Cela va du logement - où il n’est pas toujours facile de prendre sa douche, faire la cuisine ou garer sa voiture quand on est en fauteuil roulant, jusqu’à aller au cinéma ou consulter un site internet quand on est aveugle... Progressivement, le concept de ‘‘l’accessibilité’’ s’est étendu à la ‘‘conception universelle’’ qui propose des produits, des services, des bâtiments, des infrastructures qui soient utilisables par chacun quel que soient son âge, son genre, ses convictions, ses facultés et ses capacités.

Cela fait déjà longtemps que Le Bâtiment Artisanal milite sur ce thème... Oh oui ! Cela fait près de 10 ans que le journal anime une rubrique mensuelle sur ce sujet. Sans compter les deux ou trois numéros spéciaux. Il faut dire que, pour les artisans du bâtiment, l'accessibilité est une activité importante au plan économique, technique et social. Tout d’abord, le réseau des artisans du bâtiment maille tout le territoire. Ensuite, avec le vieillissement de la population, et donc de la clientèle, le pays a besoin de spécialistes capables de réaliser les travaux pour adapter le logement. Il y a non seulement des techniques de construction particulières mais aussi des produits spécifiques à connaître. Surtout, l’accessibilité réclame des compétences précises. Tant au niveau du bâtiment (installer une douche à l’italienne) qu’au niveau humain (travailler dans un logement avec une personne âgée qui perd un peu la tête et se montrera méfiante...).

Comment se caractérise cette dimension humaine ? Il s’agit d’aider une personne âgée à rester chez elle, de simplifier la vie d'une personne handicapée ou d'une famille avec un enfant handicapé... En quelque sorte, les travaux d’accessibilité comportent un ‘‘supplément d'âme’’qu’on ne rencontre pas forcément sur les chantiers quotidiens. Tous les artisans du bâtiment ne se positionnent pas sur le marché de l’accessibilité mais on en rencontre de plus en plus. Au plan humain, ces professionnels se retrouvent face à des personnes en souffrance ou avec des besoins urgents auxquels il n’est pas toujours facile de répondre.

Où en est la réglementation ? La loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Laquelle a initié un mouvement qui concerne le bâtiment, les transports, la voirie, les collectivités territoriales, l'accès aux services administratifs, sociaux et culturels ... Cette loi est le socle de la participation de tous à la vie en société. En revanche, la loi a mis du temps à être appliquée. Aujourd'hui, tout s'accélère : début 2015, dans deux ans, tous les établissements recevant du public devront être conformes. Y compris les boulangeries et autres commerces de proximité. Depuis deux ou trois ans, il y a un mouvement très important pour répondre à cette exigence dans le monde du bâtiment, des commerces, des gestionnaires de parcs immobiliers, des collectivités territoriales, des entreprises.... Bien sûr, l’accessibilité constitue un marché énorme mais aussi un terrible casse-tête et un enjeu de société majeur. Cet enjeu concerne un grand nombre de médias : la presse bâtiment, des collectivités territoriales, de la santé, du grand public, des transports, ou encore de l'éducation car les établissements scolaires devront accueillir les élèves en situation de handicap.

Y a-t-il eu un élément déclencheur pour créer l’association ? En 6 ans, j'ai rencontré des gens absolument extraordinaires ! Du coup, l'idée de l'association a fait son chemin. Par exemple, j’ai eu le cas d’une famille avec une petite fille gravement malade qui nécessitait des soins quotidiens et coûteux. Les artisans du coin, dans le Puy de Dôme, ont travaillé gratuitement pour améliorer l'efficacité énergétique du logement de sorte à libérer des moyens financiers pour les soins et obtenir une température de 22°C à 23°C dont elle a besoin. Je pense aussi à Ryadh Sallem, champion paralympique plusieurs fois médaille d'or en Basket et Rugby.

A quoi va servir l’association ? Comme l'accessibilité est une problématique très récente, il n'est pas toujours très aisé de trouver de l'expertise indépendante. Les sujets impliquent des acteurs de santé, des familles, des personnes en situation de handicap, des artisans, des designers... il est difficile de construire ses sources et de trouver des photos intéressantes, exploitables en presse. A l'inverse, pour les acteurs de l'accessibilité, il n’est pas évident de savoir qui sont les journalistes intéressés par le sujet à tel moment. L’association peut structurer un travail coopératif en mutualisant des contacts, des témoins, des photos, des cas de bonnes pratiques et de l’entraide.

Où en êtes-vous ? Au tout début. J’ai un lieu et une heure pour lancer l’association : le Salon Urbaccess, demain matin, mercredi 13 février à 9h30 au Cnit de la Défense. L’idée, c’est de faire venir les gens intéressés par la démarche pour voir ce qu'on peut faire ensemble. Certes, j'ai quelques idées mais pas toutes. Il y a aura Jean-Marc Maillet-Contoz qui est fondateur du magazine Handirect et commissaire général d'Urbaccess.

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

Photo 1 : Pierre Pichère, chef de rubrique au mensuel Le Bâtiment Artisanal et au site LeBatimentArtisanal.com. © D.R.

 



Le ‘‘Lardon’’ de la semaine

Ambiance

 

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Le fil Presse de l’innovation

N°81

18 janvier
2013

Erick Haehnsen,
rédacteur en chef d’
innov24
©
Wilfried Maisy
Edito

En ces temps troublés, un peu de légèreté et d'engagement désintéressé nous font respirer. En témoigne Frédéric Sauron, 34 ans, journaliste et secrétaire de rédaction au Progrès. Sur son temps libre, il a cofondé Caraporters.fr. C'est le premier site de ''Touri-journalisme''. A savoir un journal en ligne sur le voyage, alimenté par des bénévoles, des journalistes et des étudiants en journalisme. Le fait que ce site d'info soit à but non lucratif offre aux auteurs une grande liberté: on y écrit sur ce qu'on veut, quand on veut et dans le format qu'on veut ! Pas étonnant que les reportages sur Caraporters aient une telle saveur !

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Sommaire

Vie quotidienne
* Personnaliser ou créer ses objets par l’impression 3D
*
Dépistage : Nodea veut couper court aux biopsies
* La ville de Bischwiller innove avec le prêt de vêtements



Business 2 Business
* Limonetik orchestre le marketing des moyens de paiement
*
Optinvent démocratise les lunettes à réalité augmentée


Management
* Les réseaux de Business Angels bétonnent leur dimension européenne
*
Les nouveaux métiers de l'Open Data

 

Club des médias
Interview de Frédéric Sauron, cofondateur de Caraporters.fr, le premier journal Web de Touri-journalisme.



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Vie quotidienne

LOISIRS CRÉATIFS

Personnaliser ou créer ses objets par l’impression 3D

Le français Sculpteo encourage les particuliers à devenir plus créatifs. Une fois leurs objets créés à l'écran, ils n'ont plus qu'à envoyer le fichier 3D chez ce prestataire qui se charge de les ''imprimer'' avant de les livrer à ses clients.

Personnaliser en quelques clics son iPhone ou son iPad avec une tête de mort en relief ou la photo de son animal favori est désormais à la portée de toutes les bourses. Et ce, grâce à l’application réalisée par Sculpteo. Cette startup francilienne spécialisée dans l’impression et la personnalisation d’objets a d’ailleurs reçu la semaine dernière le prix de l’innovation décerné au CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas, la grande messe mondiale des Geeks. Une belle récompense pour son directeur général Clément Moreau, un ingénieur diplômé de l’école Centrale qui a cofondé l’entreprise en 2009 avec un autre ingénieur, Eric Carreel, le serial entrepreneur d’Inventel, Invoxia et Withings - laquelle conçoit et vend des pèse-personnes WiFi. Sculpteo, qui regroupe une vingtaine de personnes, essentiellement des ingénieurs en informatique, s’adresse aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels et aux industriels. Ses clients lui envoient leurs fichiers 3D qui sont convertis en objet réels personnalisables avec des photos imprimées en 300 dpi. Bien-sûr, la taille des objets est limitée. La hauteur admise est de 70 cm de hauteur pour 50 cm de profondeur.

A partir de quelques euros. Différents procédés de fabrication sont proposés depuis le frittage laser pour la production d’objets plastiques, la fonderie à cire perdue pour les objets métalliques en passant bien sûr par l’impression 3D quadrichromique en résine polyamide. Les prix vont de quelques euros pour un objet à des milliers d’euros pour des grosses pièces. L’entreprise produit des dizaines de milliers de pièces chaque année. Ce chiffre devrait doubler en 2014. « Notre force réside dans notre capacité à exploiter les fichiers 3D de nos clients, voire à les corriger si nécessaire, et surtout à produire des objets requérant très peu de finitions manuelles avant de les livrer à leurs propriétaires », commente Clément Moreau qui consacre un million d’euros par an en R&D.

Pour aller plus loin, les deux cofondateurs viennent de lever deux millions d’euros qui permettront à Sculpteo d’atteindre la rentabilité cette année en soutenant sa croissance. Notamment aux États-Unis où une filiale va être créée cette année. Pas étonnant : Sculpteo exporte 45 % de sa production et ce, principalement au pays de l'Oncle Sam où les industriels ont compris plus rapidement que les Européens l’intérêt de l’impression 3D. « Quelques jours suffisent pour avoir un prototype contre quatre à six semaines d’attente habituellement », indique le fondateur de l’entreprise qui compte proposer aux particuliers des applications pour personnaliser très facilement des objets en céramique pour l’art de la table ou des bijoux en argent à personnaliser.

© Éliane Kan

Photo : Sculpteo propose une application qui permet de concevoir sa future coque de mobile. © Sculpteo

 

SANTÉ

Dépistage : Nodea veut couper court aux biopsies

En mesurant la luminescence des tissus, cette start-up francilienne développe un système de lecture qui aide le radiologue à détecter instantanément si une tumeur est cancéreuse ou non. Demain, les prélèvements douloureux seront peut-être relégués aux oubliettes.

Douloureuses et traumatisantes pour les femmes, les biopsies gagneraient à être remplacées par des procédés moins invasifs pour vérifier la dangerosité d'une tumeur du sein. « D'autant que 4 nodules sur 5 se révèlent en général bénins », soulève Florian Chatellier, président et cofondateur de Nodea Medical, basée à Villejuif (94). Cette start-up a développé un dispositif qui permet aux radiologues d'examiner une tumeur et d'établir un diagnostic immédiat, sans qu'il soit nécessaire de procéder à un prélèvements (biopsie). Et ce, avec un taux de réussite qui dépasse les 95%. « Notre système se compose d'un appareil de lecture que l'on relie à une fibre optique. Cette sonde est emprisonnée dans une aiguille très fine - d'une taille comparable à celle utilisée pour les vaccins - que l'on insère dans la tumeur afin de mesurer la luminosité des tissus », indique le jeune diplômé de l’école d’ingénieur de l’institut d’optique Graduate School.

Lancement en 2015. Durant ses études, ce dernier a travaillé avec René Farcy, l'autre cofondateur de l’entreprise, un physicien travaillant au CNRS dans le laboratoire Aimé Cotton. Lequel est basé sur le campus d'Orsay et spécialisé dans l’instrumentation médicale. Ce chercheur a déposé un brevet sur une sonde qui permet de mesurer la fluorescence naturelle des tissus. Certaines molécules cancéreuses étant plus fluorescentes que d’autres, il a développé un appareil qui détecte instantanément si une tumeur est maligne ou non. Bien sûr, le recours à ce type d'examen ne sera pas systématique. « Il sera utilisé lors d'un examen échographique pour aider le radiologue à faire des levées de doute. Ce qui évitera d'effectuer des biopsies qui sont très douloureuses et traumatisantes pour les patientes », fait valoir le jeune dirigeant de l'entreprise qui a été lauréate de nombreux prix dont celui du concours national d'aide à la création d’entreprise innovante du ministère de la Recherche. Ce qui lui a permis de recevoir près de 300 000 euros.

Recherche 1 million d'euros. De quoi concevoir deux prototypes qui servent actuellement à la réalisation d’essais précliniques réalisés avec l’expertise de l’institut Gustave Roussy. Pour aller plus loin, l’entreprise souhaiterait lever 1 million d’euros afin de concevoir d’autres prototypes et de mener ses premiers essais cliniques avant la phase de commercialisation prévue en 2015. Par rapport à ses concurrents, le système de Nodea offre plusieurs avantages. D’abord celui du coût : son appareil sera vendu à un prix accessible pour les hôpitaux. « En outre la lecture du test est immédiate et simple. Enfin, il n'y a pas besoin d’introduire dans le corps humain des substances étrangères qui requièrent des autorisations supplémentaires », résume Florian Chatellier qui prévoit de confier à un prestataire la production des consommables (en l’occurrence les fameuses sondes) et de produire en interne les appareils qui ont été conçus pour être assemblés très facilement.

© Éliane Kan

Photo 1 : L'appareil de lecture est relié à une sonde que l'on insère dans la tumeur. © Nodea.
Photo 2 : Prototype d'aiguille utilisée pour sonder la tumeur. © Nodea
Photo 3: François Chatellier, cofondateur et CEO de Nodea. © Nodea.

 

SERVICES

La ville de Bischwiller innove avec le prêt de vêtements

Dans le sillage des ludothèques et vidéothèques, voici maintenant la Véti'thèque qui permet aux parents démunis financièrement d'emprunter gratuitement des vêtements pour les tous petits de 0 à 3 ans. Cette idée vient d'être déployée par le Centre d’animation sociale et familiale (CASF) de Bischwiller (Bas-Rhin). L'accès à la Véti'thèque est assujettie à une cotisation de dix euros par an et par famille. Les vêtements sont issus pour la plupart de dons tandis que les autres pièces ont été créées avec des matériaux de récupération lors d'ateliers de confection. Une idée qui mériterait de faire des petits.

 


 

Business 2 Business

MONÉTIQUE

Limonetik orchestre le marketing des moyens de paiement

Cette start-up parisienne aide les sites marchands à diversifier les moyens de paiement mis à la disposition des Internautes. Et aux opérateurs de monétique à s'intégrer plus facilement aux back-office des gros sites marchands.

Paiement en 10 fois sans frais, à la livraison par carte cadeau ou avec 3 cartes bancaires différentes... les moyens de paiement deviennent un réel atout marketing. Dans ce monde, en pleine effervescence, du commerce électronique, la start-up Limonetik dégaine une technologie d'une efficacité redoutable : « Bons de réduction, cartes cadeau, points de fidélité.... nous proposons aux sites de transformer ces unités en une valeur standard qui s'apparente à un paiement bancaire », indique Christophe Bourbier, PDG de la start-up parisienne Limonetik, créée en 2008. Spécialiste de la monétique, cet intégrateur réalise, avec ses 22 collaborateurs, un chiffre d'affaires de 6,8 millions d'euros en s'adressant à la fois aux opérateurs de monétique comme PayPal, de coffrets cadeaux comme SmartBox, de cartes cadeau ou de cartes de fidélité... ainsi qu'aux sites marchands (Voyages-sncf) qui veulent étendre leur palette de moyens de paiement.

La combinatoire des paiements. Une activité très sophistiquée. Surtout quand il s'agit de combiner différents modes de paiement. « Souvent, les cartes cadeau font 50 euros. Mais si la personne veut acheter sur Internet un bien à 90 euros, elle a envie de pouvoir procéder à un paiement complémentaire de 40 euros par carte bancaire. De même, chez les voyagistes en ligne, le panier dépasse souvent les 300 ou 400 euros mais la carte bancaire est bloquée à un certain seuil. Le site marchand doit alors être capable d'accepter jusqu'à 3 cartes bancaires », soulève le patron de Limonetik. « Encore faut-il être capable de gérer tous ces encaissements différents pour un même bien et une même personne, en établir le rapprochement en comptabilité et exécuter le tout sur la même page Web ! » Certes, un petit site peut gérer cette complexité à la main. Mais un gros site a besoin d'industrialiser ces processus de façon très fiable. Surtout si, derrière, il y a des retours produit nécessitant de recréditer le client... Limonetik facture sa technologie, son ingénierie d'intégration ainsi qu'un pourcentage à la commission sur les transactions. « Nous sommes une sorte de One-Stop Shop pour la mise en place de moyens marketing pour l'opérateur de paiement », indique Christophe Bourbier. « En revanche, le marchand ne paie rien. Sauf si, à son tour, il désire mettre en place sa propre carte cadeau ou son propre programme de fidélité. »

© Erick Haehnsen

Photo : Christophe Bourbier, PDG de Limonetik. © Limonetik

 

TIC

Optinvent démocratise les lunettes à réalité augmentée

Créée par des anciens ingénieurs de Technicolor, cette startup a développé des lunettes à réalité augmentée qu’elle proposera en marque blanche aux acteurs de l'informatique et de l’électronique grand public.

Selon l’analyste Juniper Research, les années 2015-2017 devraient marquer le grand décollage de la réalité augmentée (RA). Disponible depuis une bonne dizaine d’années, cette technologie consiste, rappelons-le, à superposer en temps réel des éléments virtuels (objets, personnages, monuments) sur une image réelle, visualisée sur écran LCD, smartphone et tablette. Demain, pour plus de confort, la projection se fera sur des lunettes dédiées, appelées des ''Lira''. A l’instar de Google et de Microsoft, tous les grands de l’électronique y travaillent. Mais certains pourraient bien se tourner vers la start-up française Optinvent pour accélérer le lancement de leur offre.

Ambition mondiale. Basée à Rennes, cette dernière a été créée en 2007 par des ingénieurs de Technicolor spécialisés notamment dans les technologies de vidéoprojection. Pour développer leur technologie de lunettes vidéo transparentes, les dirigeants ont levé un million d'euros en deux tours de table auprès de Business Angels. « Notre objectif, c'est de nous imposer au plan mondial en tant que fournisseurs de lunettes informatives de réalité augmentée », déclare Kayvan Mirza le président du directoire. En fonction de la demande de ses clients, la startup peut projeter l’information sur un seul verre ou les deux, voire même sur un casque.

200 euros la paire. Dans tous les cas, l'image virtuelle est constituée sur la rétine grâce à un guide d'ondes en plastique placé devant les yeux. Ce guide achemine la lumière jusqu'à la pupille. Le porteur de lunettes voit ainsi une grande image devant ses yeux tout en gardant la vision sur son environnement. Cette technologie brevetée par Optinvent diminue drastiquement le prix des lunettes. Une première version sans fil sera lancée fin 2013 au tarif public de 200 euros. Baptisé ''Clear Vu'' et pesant 60 grammes, cette Lira intéressera une multitude d'applications sportives, ludiques ou militaires...

© Eliane Kan

Photo 1 : Les lunettes Clear Vu ne pèsent que 60 grammes. © Optinvent
Photo 2 : Kayvan Mirza le président du directoire d'Optinvent © TCA-Innov24

 

 


 

Management

FINANCEMENT

Les réseaux de Business Angels bétonnent leur dimension européenne

La confédération européenne des Business Angels vient de naître. Interview de Philippe Gluntz, président de France Angels et de BAE (Business Angels Europe).

Pourquoi avoir créé BAE ? En fait, avec tous les fondateurs de BAE, à savoir les confédérations de Business Angels AEBAN pour l'Espagne, BAND pour l'Allemagne, BAN pour les Pays-Bas, BeBAN pour la Belgique, France Angels pour la France et IBAN pour l'Italie, nous éprouvions une certaine frustration à l'égard d'eBAN, l'association européenne des Business Angels. Car celle-ci ne se préoccupait pas suffisamment à notre goût des problèmes globaux des fédérations nationales de Business Angels. Elle travaillait plus au niveau des réseaux privés de personnes physiques qui en étaient membres. Nous nous sommes donc réunis pour créer notre propre fédération.

Quelles sont vos principales priorités ? D'abord, être le porte-parole européen de l'ensemble des Business Angels que nous représentons : Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie et Pays-Bas.

Le Royaume-Uni n'en fait pas partie ? Il y a une ferme volonté mais elle n'est pas encore formellement approuvée. Idem pour l’Écosse avec un petit décalage. A côté de cela, la Pologne est en train de créer sa fédération avant de nous rejoindre. Nous couvrons ainsi la quasi totalité des grands pays en Europe.

En fait, vous voulez renforcer votre action au niveau institutionnel ? Oui. Notamment en coordonnant les actions des fédérations nationales auprès de la Commission européenne dans le cadre de ses projets relatifs au programme ''Horizon 2020'' qui est en préparation. Dans ce programme, il y a un volet d'aides pour le soutien au développement des entreprises innovantes de croissance, le Capital-risque les Business Angels. Il y a aussi des programmes émanant d'autres directions générales de la Commission européenne dans lesquels nous voulons être présents ensemble. Par ailleurs, nous voulons aussi échanger les bonnes pratiques entre réseaux et fédérations, comparer et apprendre ce qui se fait dans les différents pays et professionnaliser notre action de Business Angels. Enfin, nous voulons collecter et consolider les chiffres et les données sur l'activité des Business Angels et leur impact sur l'économie pour devenir la référence européenne en la matière.

Quel sera l'impact de BAE sur le développement à l'échelle européenne des start-up ? Cette nouvelle organisation n'a pas vocation à organiser des événements ou à orchestrer des rapprochements pour trouver des investisseurs. Car c'est le travail des réseaux et des fédérations. Ce qui est important, pour l'heure, c'est de rendre les fédérations plus efficaces. En revanche, nous avons l'intention de créer les conditions pour développer le ''Cross-boarder Investment'', l'investissement transfrontalier. Mais nous sommes très mesurés sur le sujet car la motivation de la quasi totalité des Business Angels, c'est d'investir pour le développement de l'économie locale. Cependant, les entreprises que nous accompagnons ont besoin de s'internationaliser. C'est à ce moment que l'on peut travailler pour que des Business Angels puissent être mobilisés par nos réseaux pour accompagner une entreprise qui veut s'implanter dans un autre pays. Mais il s'agit d'une action indirecte.

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

Photo : Philippe Gluntz, président de France Angels et de BAE (Business Angels Europe).

 

TIC

Les nouveaux métiers de l'Open Data

Véritable carburant de la Société de l'information, l'Open Data, ou libération des données publiques promet des merveilles. Encore faut-il s'organiser pour libérer les données. Une nouvelle chaîne de valeur se met en place avec des métiers et des citoyens.

Démarche citoyenne, volonté de transparence, désir de voir émerger la création de start-up dans les technologies ou les services innovants... le mouvement Open Data, initié par les États-Unis il y a 4 ou 5 ans, est devenu planétaire. Gouvernements, administrations et collectivités locales essaient plus ou moins de ''libérer'', c'est-à-dire de rendre publiques, certaines de leurs données informatiques. Dans leur sillage, certaines entreprises, publiques ou privées, prennent le train de l'Open Data en marche, parfois sous la contrainte de la volonté gouvernementale qui, à l'instar de la Commission européenne, cherche à ériger en principe la gratuité des données publiques.

Encore faut-il adopter la bonne méthode. « Cela revient à déterminer ce qu'on veut libérer, qui va s'en occuper et avec quels outils », soulève Gaël Musquet, président d'OpenStreetMap (OSM) France, un projet qui bâtit depuis 2004 une base de données cartographique de la planète... en s'appuyant sur un million de bénévoles dans le monde ! « En France, certains organismes n'ont pas eu le temps, les moyens financiers ou les ressources humaines pour s'adapter », reprend Gaël Musquet. « Or, dans l'Open Data, des métiers ou des compétences spécifiques apparaissent. »

A commencer par les compétences juridiques sur le droit des bases de données, notamment les licences libres comme ODbl (Open Data Base Licence. Viennent ensuite les analystes en bases de données (Data Analysts). Lesquels manipulent des volumes de données qui se comptent en dizaines ou centaines de Go. « Le fichier compressé de notre base de données cartographique, qui représente la terre entière, pèse 22 Go ! Il faut au moins 16 heures à un serveur à 4 cœurs pour le télécharger », précise le président d'OSM France.

Sans s'affranchir des traditionnels administrateurs de bases de données, ces Data Analysts vont faire ''parler'' la donnée grâce à des outils logiciels comme Hadoop, Mongo DB, Open Stack (plate-forme Cloud pour gérer des gros volumes de données), Neo4J (qui expose les bases de données sous forme de graphes). Ils interviennent juste avant les journalistes de données (Data Journalists) qui, pour leur part, se chargent de raconter une histoire. Enfin, les graphistes, voire les directeurs artistiques vont mettre la donnée en images en utilisant InDesign et Photoshop d'Adobe, ou des logiciels libres comme D3JS qui est une bibliothèque de représentation avec des histogrammes, des camemberts et des graphes. « Dans cette chaîne de valeur, le citoyen a également toute sa place car il est à la fois consommateur et producteur de données », poursuit Gaël Musquet. « Dans notre pays, 250 personnes cartographient la France chaque jour ! »

© Erick Haehnsen

Photo : Gaël Musquet, président d'OpenStreetMap (OSM) France. © OSM

 


 

 

Club des médias

« Nous sommes le premier site de Touri-journalisme ! »

Interview de Frédéric Sauron, 34 ans, cofondateur de Caraporters.fr, le premier journal Web à but non lucratif sur le voyage, alimenté bénévolement par des journalistes et étudiants en journalisme.

Quel a été votre parcours ? Durant mes études d'histoire, j'ai démarré ma carrière de journaliste en 1997 en tant que correspondant local de presse (non rémunéré) à La Tribune-Le Progrès dans la Loire et la Haute-Loire pour couvrir des matchs de foot amateur. A force de me rendre disponible le week-end, j'ai eu mes premiers CDD en 1999 comme journaliste professionnel au Puy-en-Velay. En 2004, je suis passé pigiste professionnel au service des suppléments au Progrès à Lyon pendant 5 ans. Ensuite, j'ai été titularisé à l'agence de Bourg-en-Bresse où j'ai été secrétaire de rédaction. En 2010, j'ai eu un poste à l'agence d'Yssingeaux (sous-préfecture de la Haute-Loire) en tant que rédacteur et secrétaire de rédaction.

Comme en êtes-vous arrivé à monter le projet Caraporters ? Depuis longtemps, je m'offre trois beaux voyages par an à l'étranger durant lesquels je fais des photos. Mais, à part ma femme et mes amis, personne ne les voyait. J'ai donc pensé à ouvrir un blog avec des billets, des diaporamas... Mais il y a déjà beaucoup de blogs. De plus, il faut avoir le temps et la matière nécessaires pour l'alimenter. Bref, cela peut être chronophage pour peu d'audience. C'est pourquoi beaucoup de gens ouvrent un blog puis ils l'abandonnent. En fait, cela signifie qu'il y a beaucoup de gens qui sont dans la même situation que moi. D'où l'idée d'ouvrir un blog à but non lucratif alimenté par tout le monde. Ou plutôt par ceux qui ont un sujet à proposer quand ils le veulent, sur ce qu'ils veulent, avec la taille qu'ils décident.... Je me suis dit que les auteurs seraient donc des journalistes professionnels et des étudiants en journalisme provenant des 13 écoles reconnues par la profession. Pour l'occasion, nous avons inventé un mot valise: ''Touri-journalisme''. A défaut d'être le n°1, nous sommes le premier site de Touri-journalisme !

Pourquoi ces 13 écoles de journalisme ? Pour éviter les écoles qui confondent journalisme et communication.

Comment avez-vous démarré Caraporters ? J'ai ouvert le site avec un ami en mars 2012 avec Wordpress. Au début, nous avons fait marcher notre réseau personnel en appelant les copains. Honnêtement, pas mal de collègues du boulot nous ont aidé à démarrer. Une belle solidarité !Nous avons alors attendu d'avoir suffisamment de contenu, environ 50 à 60 sujets. Ensuite, j'ai appelé chacune des 13 écoles de journalisme pour passer une annonce. Nous avons ainsi eu quatre étudiants de l'école de Lille, deux de l'école de Tours et un de Grenoble. A eux tous, ils ont publié une bonne dizaine de reportages. Certains l'ont mentionné dans leur CV ! L'info est donc bien passée et les écoles de journalisme nous ont jugés crédibles. Au total, nous comptons 25 auteurs. La moitié d'entre eux n'a publié qu'un seul sujet. Mais ils pourront chacun revenir plus tard, quand ils le veulent, avec un nouveau sujet.

Pourquoi avoir ouvert un site à but non lucratif ? Chacun de nous a déjà un emploi de journaliste. Ensuite, nous ne pouvions pas dire: « Donnez-nous vos sujets et nous ferons de l'argent sur votre dos » ! C'est clair et net : nous n'avons pas l'objectif de faire de l'argent. Quelque part, nous renouons avec les valeurs initiales d'Internet : le plaisir de partager. Bien sûr, nous pouvons agir ainsi car nous avons déjà un job à côté. J'ai quand même été obligé de créer une EIRL (Entrepreneur individuel à responsabilité limitée), ne serait-ce que pour encaisser la pub. Certes, nous mettons de la pub mais c'est juste dans l'espoir de couvrir certains frais techniques. Pour l'heure, nous en sommes loin car nous n'avons pas reçu un seul chèque !

Concrètement, comment ça marche ? Les journalistes nous contactent pour proposer leurs sujets. Nous discutons avec eux pour, le cas échéant, les aiguiller ou les conseiller. En fait, ils ont les idées claires, pour la plupart. Ensuite, de notre côté, il y a tout un travail de relecture, de correction des fautes mais nous ne touchons pas au sens. Le rythme de production est bien sûr aléatoire. Du coup, nous ne publions pas plus de 2 sujets par semaine de sorte à en avoir toujours quelques uns d'avance car nous ne savons jamais combien nous en recevrons. Si un journal ou un site veut acheter des photos, nous mettrons les deux parties en contact qu'elles fassent affaire mais nous ne prendrons pas de commission.

Quels types de sujets avez-vous donc couvert ? Il y a un reportage repris sur Rue89 consacré aux Maasaïs de Tanzanie qui s'occidentalisent. Nous avons aussi publié le reportage d'une étudiante sur une mine de sel à Java en Indonésie. Entre les destinations inattendues, les sujets étranges ou les diaporamas sur des sujets connus mais avec de très belles photos.... la palette est large !

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

Photo 1 : Frédéric Sauron, 34 ans, né au Puy-en-Velay, habite à Saint-Étienne, journaliste au Progrès et fondateur de Caraporters.fr . © Caraporters.fr
Photo 2 :
Frédéric Sauron et un Samaritain rencontré sur le Mont-Garizim près de la ville palestinienne de Naplouse, en Cisjordanie. Moins de 800 dans le monde, les Samaritains ne se considèrent pas comme des juifs, mais comme les descendants des anciens Israélites du royaume de Samarie. Bien que de nationalité israélienne, ils se sentent davantage proches des Palestiniens et parlent arabe dans la vie quotidienne. Pendant les deux intifadas (1987 et 2000), ils jouaient un rôle d'intermédiaires entre la population palestinienne de Naplouse et Tsahal, l'armée de défense d'Israël.
© Caraporters.fr

 

 



 

 

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Le fil Presse de l’innovation

N°79

14 décembre
2012

 Sommaire

Erick Haehnsen,
rédacteur en chef d’
innov24
© Wilfried Maisy
Edito

Strass, paillettes, gloire, sexe, fortune... la vie des célébrités brille de mille feux. Dans le sillage des magazines People, comme Voici, Gala ou Closer, l'audiovisuel dégaine du ''lourd'' avec la Non Stop People, première chaîne TV d'information continue en Europe à se consacrer uniquement aux People. Pardon, aux ''célébrités''. People, ça fait un peu cheap. Retrouvez l'interview d'un très jeune journaliste, Mickael Martin, rompu aux techniques du JT, devenu chef d'édition de cette chaîne qui n'a pas encore un mois d'existence.

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Enquête collaborative

Vie quotidienne
De la farine d'insectes bientôt dans les élevage ?
La médecine ''quantique'' sort du bois


Business 2 Business
Vol de câbles : le marquage ADN veut freiner l'hémorragie


Management
Vers la ''Grande Université''
* Le BYOD rentre par la fenêtre dans les entreprises françaises 

 

 

Club des médias
Interview de Mickael Martin, 23 ans, chef d'édition àNon Stop People, chaîne TV d'information continue consacrée aux célébrités. Une première en Europe. 

Le ‘‘Lardon’’ de la semaine 
par Lardon



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Vie quotidienne

CUISINE

De la farine d'insectes bientôt dans les élevage ?

Ynsect veut enrichir la nourriture des animaux d'élevage avec de la farine d'insectes. Une mise en bouche avant de s'attaquer à nos assiettes ?

Avec la hausse du prix des céréales, nourrir les porcs, poulets, et poissons d'élevage coûte de plus en plus cher. Et les éleveurs sont sans cesse plus nombreux à lâcher leur ferme... Une hécatombe que pourrait bien enrayer l'arrivée de compléments protéiniques à base d'insectes, moins chers à l'achat et tout aussi nourrissants que le soja et bien d'autres espèces végétales. C'est du moins l'ambition d'Ynsect, une startup parisienne qui a jeté son dévolu sur les ténébrions, une variété d'insectes communément appelés vers de farine. « Il ne s'agit pas de remplacer la totalité des rations habituelles mais d'en substituer une part avec nos farines », indique Jean-Gabriel Levon, président de l'entreprise. Laquelle fait du buzz en cumulant les récompenses, entre autres, celle du grand prix de l’Innovation de la ville de Paris dans la catégorie Eco-innovation ainsi que le concours Agropole. 


Un goût de crevette. De formation X-HEC, le jeune dirigeant s'est inspiré d'un rapport de la FAO (Food and Agriculture Organization). Lequel estime qu'à l'horizon 2050, les besoins en protéines seront multipliés par deux. Pour répondre à ce défi, la valorisation des insectes sous forme de nutriments constitue une piste sérieuse. Cette voie, explorée par Ynsect, réduirait nos besoins en ressources alimentaires ainsi que la consommation d'eau et d'énergie par un facteur variant de 2 à 10 ! Mais convaincre les Européens de manger des insectes ne sera pas chose facile même si, d'après un sondage réalisé en France par Ynsect, 30% des personnes interrogées avaient déjà dégusté des grillons, criquets et autres insectes grillés.

« Le goût est à mi chemin entre les crevettes et les fruits à coque comme les noisettes », confie d'ailleurs le jeune dirigeant de l'entreprise qui, pour explorer l'idée, n'a pas hésité à sponsoriser des étudiants désireux d'innover en inventant des snacks et des sablés salés et sucrés à base de poudre de larves de ténébrion. Pour autant, ce type de mets ne se généralisera pas dans nos assiettes avant 5 ou 10 ans compte tenu, notamment, de la réglementation existante. D'où la stratégie d'Ynsect de se cantonner à l'alimentation animale. La start-up y travaille avec différents laboratoires appartenant, entre autres, à l'Inra, au CNRS et au CEA mais aussi avec des formulateurs d'aliments pour animaux. 


Une dizaine d'usines en vue. Avec ses trois autres associés issus d'Agro, de l'Essec et de l'Ensimag, le fondateur d'Ynsect espère démarrer l'an prochain un démonstrateur technologique. Cette bioraffinerie comportera d'un côté un élevage de ténébrions nourris avec du son de blé ou d'autres résidus organiques. Et de l'autre, un atelier où les ténébrions abattus seront transformés en farine. Pour financer son démonstrateur, la startup a entamé un processus de levée de fonds. Si le projet aboutit, elle pourrait à terme implanter une dizaine d'usines sur l'Hexagone avant de prendre son envol à l'international. D'ici là, Ynsect fait appel aux seniors pour l'aider à phosphorer sur la filière insecte. Avis aux bonnes volontés !

© Eliane Kan 

Photo 1 : Jean-Gabriel Levon (chemise rouge) lors de la remise des prix Agropole. © DRPhoto 2 : Transformés en farine animale, les insectes couvriront les besoins des animaux d'élevage. © DR

 

 

 SANTÉ

 La médecine ''quantique'' sort du bois

 

Parmi les nombreuses formes de médecines alternatives, la médecine ''quantique'' est en train d'émerger. Avec ses technologies, ses logiciels, ses formateurs... 

Marre des traitements chimiques ? A la place, 4 français sur 10 ont recours aux médecines alternatives comme l'acupuncture, l'homéopathie et autres pratiques non-conventionnelles. Parmi les moins connues, la médecine ''quantique'' commence à sortir du bois. Principalement utilisée pour traiter le stress, les douleurs et les addictions, celle-ci vise à interagir avec le vivant au niveau particulaire. C'est à dire en envoyant un flux électromagnétique,à savoir des neutrons et des protons, directement dans les cellules du corps. D'où son appellation ''quantique''. Cette forme de soin se base sur les recherches de Royal Raymond Rife, un chercheur indépendant du 19e siècle, spécialiste de la bio-résonance. Selon ses principes, chaque cellule émet une fréquence qui lui est propre et qui change en cas de maladie. Théoriquement, il suffit alors de rééquilibrer la fréquence de la cellule pour en guérir l'affection. Improbable ? Pas sûr.


Bio-resonnance. En tous cas, il existe toute une offre industrielle de matériels high-tech émergente. Il y a deux semaines, dans un centre de formation situé à l'écart du centre-ville de Biot (06), une cinquantaine de thérapeutes se pressait afin de découvrir la nouvelle version de Life, un scanner à résonance magnétique conçu par le fabricant allemand Biregs, dédié à ce type de soin. Certifié DIN EN ISO 13485 : 2003 par le Tüv Süd (un homologue allemand de l'Afnor), l'appareil s'assimile à une IRM (Imagerie par résonance magnétique) portable. A ceci près : en plus de scanner, il serait aussi capable de soigner. « Grâce à des capteurs électromagnétiques, Life scanne 7 000 points du corps humain, dont les points d'acupuncture », explique Hans Stormer, un thérapeute en médecine quantique affilié à Biregs. « Ensuite, au travers d'un dispositif d'impulsions lumineuses, Life procède automatiquement au rééquilibrage énergétique des cellules. » Concrètement, le ''patient'' enfile un bandeau et des bracelets aux poignets ainsi qu'aux chevilles. Sur la face interne de ces équipements sont alignées des diodes électroluminescentes qui servent à envoyer l'énergie.


Acupuncture quantique. « Le principe est le même que l'acupuncture mais sans les aiguilles », précise Claude-Jean Lapostat, magnétiseur, thérapeute quantique et directeur de la Bastide du bien-être qui hébergeait la conférence. En pratique, le système coûte de 10 000 à 15 000 euros. Un prix qui n'effraie pas les membres du public. En majorité des thérapeutes (naturopathes, ostéopathes et acupuncteurs...) mais également des médecins, notamment des anesthésistes. Dans sa globalité, le public est ressorti convaincu par la présentation de Biregs. Beaucoup se voient comme les pionniers d'une nouvelle science. Ils sont d'ailleurs prêts à s'équiper. Reste qu'ils continuent de se faire discrets... Car, en France, la médecine quantique n'est pas agréée par le Ministère de la santé (voir encadré).

©Guillaume Pierre

 

 

Encadré : La médecine quantique et la loi
 
En France, les médecines non-conventionnelles sont regroupées sous le terme de ''Pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique (PNCAVT)''. Certaines sont légales comme l’acupuncture, l'homéopathie ou l'hypnose. D'autres bénéficient d'un flou juridique et sont étroitement surveillées par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). 
 
 
Photo 1 : Capture d'écran du logiciel Life en action. ©TCA-innov24
Photo 2 : Le ''patient'' doit appliquer sur sa tête un bandeau constitué d'électrodes et de diodes lumineuses. TCA-innov24
Photo 3 : La machine Life du fabricant Biregs. ©TCA-innov24 
 
 

 

 

 

Business 2 Business

 

TIC

 

L'Internet des objets tisse sa toile

LeWeb12, manifestation qui vient de se tenir à Pantin (93), a montré qu’une nouvelle révolution technologique était en route : l'Internet des objets. Les innovateurs s’y précipitent et partagent une démarche commune.

Francophones s’abstenir ! Pendant LeWeb12, on a parlé de l’avenir de la High-Tech exclusivement dans la langue de Steve Jobs et Mark Zuckerberg. A Pantin (93) début décembre, cette grande manifestation organisée par Loïc et Géraldine Le Meur a mis en avant un nouveau monde de l’innovation en ébullition : ''The internet of Things'', ou Internet des objets dans la langue de Xavier Niel, le fondateur de Free. Plus d’un millier de participants sont venus, pour l’occasion, parler des nouveaux gadgets connectés, plus ou moins utiles, qui commencent à débarquer sur le marché grand public ou professionnel. Du bracelet intelligent aux volets automatiques en passant par les pots de fleurs qui tweettent lorsque les plantes ont besoin d’eau. Citons encore le réfrigérateur qui indique les aliments manquants ou la machine à laver qui contacte automatiquement son fabricant lorsqu’une pièce doit être changée.


Le thermostat intelligent qui suit la météo. D’ici 2020, plus de 24 milliards d’appareils seront connectés au Web en 3G, 4G, Wifi ou Bluetooth, selon GSMA, l’association mondiale des opérateurs GSM. Ce chiffre laisse imaginer l’impact de cette nouvelle révolution sur l’organisation de notre quotidien. Comme par exemple ce thermostat mobile très design, qui pilote le chauffage à distance, enregistre et interprète les réglages de son utilisateur, tient compte de la météo qu’il va chercher sur le web. Il est présenté par Nest, dont le patron n’est autre que Tony Fadell, l’inventeur célèbre de l’iPod. Autre voie pour Jeff Hagins de SmartThings : celle des mini capteurs Wifi intelligents pour commander des interrupteurs et des prises de courant depuis une application téléchargeable sur l’AppStore. On allume et on éteint à distance. De quoi savoir si le four fonctionne ou si quelqu’un se sert dans le bar. Plus fort encore, Ariel Garten d’Interaxion vend 199 dollars un serre-tête connecté qui interprète nos émotions et les traduit en communication. Mieux : pas besoin de changer de typographie pour tweeter, envoyer un mail, un SMS ou un post. Votre pensée le fait. Prochainement, on pourra aussi commander à des objets, surveiller des informations, formaliser ses pensées.


La recette magique en trois fondements. Tous ces concepteurs partagent une même vision. A leurs yeux, l’internet des objets repose sur trois fondements. Un, la simplicité d’utilisation, aussi bien pour les développeurs que pour les utilisateurs. Deux, l’ouverture, c'est-à-dire l’utilisation de standards technologiques, partagés par tous. Trois, l’intelligence fonctionnelle, qui consiste à rendre service au quotidien et non chercher l’exploit. Et si c’était ça la recette magique de la réussite technologique ?

© Hubert d’Erceville

 

Photo 1 : Portables, tablettes, Smartphones, pendant les conférences de LeWeb12, les milliers de participants restent connectés tout en participant aux débats. Une illustration du thème « The internet of Things » retenu cette année.
Photo 2 : Loïc Le Meur (à gauche), Xavier Niel (à droite), encadrent Tony Fadell l’inventeur de l’Ipod lors de sa présentation de Nest, un nouveau thermostat intelligent et connecté au Web.

 

 

 

SÉCURITÉ

 Vol de câbles : le marquage ADN veut freiner l'hémorragie

 

Avec la crise, le rapt d'objets métalliques explose partout en Europe. Pour retrouver leurs biens, les grands utilisateurs de câbles testent des solutions de marquage.

Le cours des matières premières a explosé. Conséquence : les grands utilisateurs de câbles en cuivre comme Réseau Ferré de France ou Deutsche Bahn sont confrontés à une délinquance sans précédent. Pour limiter de tels vols, trois entreprises britanniques proposent des solutions de marquage de câbles. En l'occurrence : Smartwater, Redweb Technologies ou encore SelectaDNA. Point commun, leurs solutions se présentent sous une forme liquide embarquant un système de codage lisible par rayon UV que l'on appose sur la surface de l'objet à protéger. Chacun a bien sûr sa recette : Smartwater utilise des terres rares, SelectaDNA un ADN et RedWeb Technologies des peptides. Ce dernier va plus loin : « Nous intégrons des peptides qui vont maculer les doigts du voleur de sorte à établir un lien formel entre le butin et le voleur », décrypte Chris Taylor, le porte-parole de l'entreprise qui protège ainsi des milliers d'objets.


Des particules en céramiques pour la personnalisation. Grâce à ces fournisseurs de marquage, les câbles mais aussi les rails, croix, colliers et autres produits métalliques sont dès lors individuellement identifiables car chaque solution vendue est personnalisée au nom de son propriétaire. « Nous utilisons dans notre solution des particules en céramiques techniques »,indique Pascal Kouppé, directeur général de SelectaDNA France. Détectable par des chiens policiers, ce produit est applicable à l'aide d'un spray et supporte des températures allant jusqu'à 1 200°C. 45 minutes et trois aérosols sont nécessaires pour traiter 1 km de câbles enterrés dans des caniveaux recouverts d'un couvercle en béton. « En cas de vol, il suffira aux forces de l'ordre de lire le code à l'aide de nos lecteurs lasers et de nous demander de faire une recherche dans notre base de données pour identifier le propriétaire des câbles », poursuit Pascal Kouppé. Mieux, grâce à sa solution qui contient des micro points en nickel lisibles à l'aide d'un microscope électronique, les Forces de l'ordre peuvent même localiser l'endroit où les câbles ont été coupés. Des arguments qui ont permis à cet opérateur britannique de marquer plusieurs milliers de câbles notamment ceux de la Deutsche Bahn.

© Eliane Kan

Photo 1 : Les opérateurs ferroviaires expérimentent le marquage des câbles pour limiter les vols. © DR

Photo 2 : Les voleurs sont pris les mains dans le sac ou presque ! © DR
 

 

Management

 

 RECHERCHE

 Vers la ''Grande Université'' 

 

Seul pays au monde à avoir de ''Grandes Écoles'', la France veut à présent bâtir la ''Grande Université''. Objectif : simplifier le mikado de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Les Assises nationales de l’Enseignement supérieur et de la recherche (ESR), inaugurées par Jean-Marc Ayrault sont au quinquennat Hollande ce qu’a été le Grenelle de l’environnement au gouvernement précédent. L'objectif ? Faire de l'ESR le moteur d’une économie compétitive. La méthode ? Réduire la centralisation excessive, simplifier les structures afin de promouvoir la coopération et de rééquilibrer les moyens sur le territoire. 

En clair, il faudra simplifier le « Mikado institutionnel de l'ESR actuel, à savoir un ensemble d’objets rigides empêtrés les uns dans les autres », explique Vincent Berger, président de l’Université Paris Diderot, rapporteur général des Assises. Ce casse-tête remonte « aux origines du Collège de France mis en place par  François 1er », précise Serge Haroche, prix Nobel de physique et directeur du prestigieux collège. Mais c’est avec la création du CNRS (19 octobre 1939) que s’accélère cet assemblage complexe d’organismes de recherche. L'idée prévaut déjà alors qu'un pays est fort quand il a une recherche forte. Puis s’enchaînent celles de l’INRA (1946), des CHU (1958), de l’INSERM (1964), de l’ANR (2005) et de l’Aeres (2007). Plus récemment une pléthore d'outils d’investissements d’avenir a vu le jour : Idex, Labex, Equipex, IRT, IHU, IEDD... pour promouvoir l’ « excellence », selon un processus compétitif très contesté durant les assises.


La ''Grande Université'' pour 2013 ? Face à cela, l’Université reste l'organisme d’Enseignement supérieur et de recherche par excellence. En son sein, la cellule de base, incontestée, en est le laboratoire sous forme d'UMR (Unité mixte de recherche) qui regroupe des chercheurs et enseignants sous diverses tutelles. Une cellule qui se cherche un nouvel organisme de tutelle : la ''Grande Université'' qui devrait naître – même si son nom peut changer – à l'occasion du débat au Parlement sur la future loi d’orientation de l’ESR au printemps 2013, sous le patronage de Geneviève Fioraso. Cette Grande université sera le fruit du regroupement et de l’intégration, au plan régional, d'établissements d'Enseignement supérieur et de recherche. Ce mouvement a déjà démarré. D'une part avec les Fondations de coopération scientifique (FCS) comme le Campus Paris-SaclayEt d'autre part avec les Pôles de recherche et d’enseignement supérieur (Pres) comme l'université de Lyon qui regroupe 20 établissements (universités, grandes écoles, centre de recherche du site Lyon-Saint-Étienne). Idem pour Sorbonne Paris Cité, Aix Marseille, Lille nord de France et Strasbourg. La prochaine réforme pourrait s'en inspirer pour systématiser la construction de Grandes universités dans les régions. Avec un secret espoir : remonter dans le classement académique des universités mondiales par l'université Jiao Tong de Shanghai. Sans sélection darwinienne ?

© Philippe Youkharibache


Photo : La ministre Geneviève Fioraso, en compagnie de Madame Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine, aux assises de l’Enseignement supérieur et de la Recherche au Collège de France. © TCA-innov24

 

 

TIC

 Le BYOD rentre par la fenêtre dans les entreprises françaises

 

Une étude de Cisco montre que les patrons français rechignent à accepter que leurs employés se connectent en permanence sur le réseau interne de l'entreprise, via leurs propres smartphones et tablettes. Mais en réalité, l’Hexagone avance. À marche forcée.

Selon une étude mondiale de Cisco qui porte sur le BYOD (Bring Your Own Device, NDLR), parue hier et réalisée auprès de 450 entreprises françaises dans 18 secteurs d'activité, c'est en France que le nombre de salariés utilisant leurs terminaux mobiles personnels dans la sphère professionnelle est le plus faible (52%, contre 60% en moyenne dans le monde). En cause : des réticences tenaces de la part des patrons. « L'objection principale, c'est la sécurité », note Jean-Louis Tillet. D'ailleurs, seuls 40% des responsables informatiques français pensent que le BYOD est un phénomène positif. C’est le pourcentage le plus faible constaté dans le monde... Pourtant, le BYOD est inéluctable« Malgré les réticences apparentes, les entreprises françaises sont en train de s'y mettre via des expérimentations en interne », assure Jean-Louis Tillet, responsable du marché mobilité chez Cisco. « Même le secteur bancaire expérimente. C'est dire... » En effet, celui-ci est plutôt connu pour ses positions réactionnaires. « L'évolution est inéluctable, mais elle est très lente à venir. » 

Blocages. L'Inde, les États-Unis et le Brésil tiennent le haut du pavé. Un phénomène conjoncturel : en Inde les équipements mobiles apportés par les employés dépassent largement le matériel mis à leur disposition par les entreprises. Du coup, ces dernières y voient une solution pour gagner en performance à moindre coût. « À l'inverse, en France, les entreprises ont souvent consenti de lourds investissements pour installer leur Système d'information », souligne Jean-Louis Tillet. L'heure n'est donc pas à la remise en question. Reste que plus de la moitié des personnes interrogées par l'étude emportent leur smartphone personnel au travail... Quitte à se retrouver avec deux appareils dans la poche et deux factures à l'arrivée. « Paradoxalement, les patrons et les cadres sont les premiers à avoir deux mobiles dans la poche. Il y a donc fort à parier qu'ils finissent par se lasser de cette situation... » Une bonne raison pour changer?

Perspectives. D'autant que, dans une seconde étude de Cisco parue au même moment et réalisée auprès de jeunes dans 18 pays, 77% des Français de 18 à 30 ans consultent leur smartphone dès le réveil. De vrais Geeks... Une chance pour les entreprises qui voudraient entrer de plain pied dans l'ère de l'ultra mobilité et de l'ultra interopérabilité ! Face au phénomène, celles-ci ont des options limitées. Soit elles rejettent le BYOD et imposent leurs technologies à la place. Soit elles jouent le jeu à fond. « Dans ce cas, le périphérique externe est non seulement enregistré dans le système informatique de l'entreprise mais, en plus, il est inclus dans sa stratégie globale », reprend le responsable de chez Cisco. « Certaines vont plus loin et développent des AppStore internes. » Autre possibilité, hybride et largement en usage : la méthode ''Guest''. « L'entreprise rend une partie du SI accessible aux périphériques personnels des employés. Mais seulement sur un compte invité. » Autrement dit, avec des limitations.

©Guillaume Pierre

Photo : Jean-Louis Tillet, responsable du marché mobilité chez Cisco. ©Tillet

 

 

 

Club des médias

« Une célébrité, c'est une personne dont on parle mais pas pour ce qu'elle fait dans le cadre de son métier »


 

 

Interview de Mickael Martin, 23 ans, chef d'édition à Non Stop People, chaîne TV d'information continue consacrée aux célébrités. Une première en Europe.

 

Quel a été votre parcours ? J'ai décroché un bac de communication il y a 5 ans. Ensuite j'ai intégré l'IEJ (Institut européen de journalisme) à Paris. Et j’ai fait des stages chez i<Tele, à la Ligue nationale de rugby... Puis, je suis entré comme stagiaire à Mediatic System, une société de production créée il y a un an et de demie. A son tour, cette société a créé une filiale avec le journaliste Hugues Dangy, qui gère l’ensemble de la chaîne Non Stop People, la première chaîne TV d'information continue consacrée aux célébrités.

Comment a démarré Non Stop People ? Après avoir travaillé sur ces trois chaînes, Hugues Dangy a proposé, en mai dernier, de réaliser un pilote d'émission pour Canal Satellite. En deux semaines, nous avons produit un pilote de 30 minutes dans les circonstances d'un JT traditionnel avec plateau et reportages. L'accord de Canal Satellite est tombé en juin. En dehors de la chaîne américaine E ! qui s'exporte aussi sur Canal Satellite, il faut savoir que c'est la seule chaîne d'information continue consacrée aux célébrités. Nous avons démarré le 19 novembre à 9 heures.

Vous dites ''célébrités'' et non pas ''People''... Oui, nous n'aimons pas tellement le terme ''People'' qui concerne davantage les gens qui passent dans Voici, Gala ou Closer... Nous, nous, faisons du haut de gamme, du sportif au politique en passant par le chanteur ou l'artiste. Une célébrité, c'est une personne dont on parle mais pas pour ce qu'elle fait dans le cadre de son métier. Prenez Rachida Dati, lorsqu'elle parle dans la presse sur autre chose que la politique, elle devient une célébrité ! Nous avons réalisé une émission sur le phénomène Psy, le chanteur coréen qui a lancé la chanson Gangnam Style. Son clip a été vu par près d'un milliard d'Internaute depuis qu'il l'a posté en juillet dernier. Il a fait dansé la terre entière. Notamment des personnalités comme Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, ou encore Madona et Bitney Spears... Nous avons pu l'avoir lorsqu'il est venu à Paris. Il a fait un Lipdub avec 20 000 personnes et l'animateur Sébastien Cauet.

Comment se compose la grille ? Une matinale de 7h à 10h avec le Good Morning People (un JT de 15 minutes qui restitue toute l'actualité People de la veille. Il y a une chronique quotidienne de notre envoyé spécial à Los Angeles pour parler des stars américaines. Il y a aussi la chronique de Mister People qui nous parle de toutes les soirées branchées avec les Stars, le Twitt du jour, les Tops et les Flops avec des journalistes en plateau. Nous avons aussi la catégorie Meilleur espoir où nous parlons de jeunes humoristes ou chanteurs pas encore connus mais dont on pense qu'ils ont un avenir. Nous parlons également des gens de la télé comme Cyril Hanouna, animateur sur D8 qui présente un grand nombre d'émissions en ce moment. N'était il pas trop à l'antenne ? Est-ce que cela ne va pas le desservir ? Après la matinale, nous diffusons des JT tout au long de la journée où nous traitons de l'actu qui ne fait pas forcément la Une de nos tranches. Le soir, il y a le Grand Show où l'on parle aussi de l'actu avec un JT à l'intérieur.

Vous êtes chef d'édition. En quoi cela consiste-t-il ? Je gère tout ce qui passe à l'antenne. Je fais attention à ce qu'il n'y ait pas d'erreur. Par exemple, un sujet peut avoir été validé mais je le refuserai car, au final, je me rends compte qu'il y a un problème au niveau de la qualité du son. Par ailleurs, je prépare les conférences de rédaction avec la rédaction en chef et les journalistes puis je distribue les sujets. Un tel va couvrir les Stones, l'autre, Patrick Bruel... Ensuite, je détermine la hiérarchie de l'information : tel plateau lance tel sujet. Je fais une première vérification sur Dalet Digital Media Systems, le logiciel de montage pour chaîne d'information continue. Puis une seconde vérification en plateau. Je gère donc la réception des images Reuters, le montage, le conducteur de l'émission avec l'ordre de passage des sujet et la diffusion à l'antenne. Dalet est déjà utilisé chez i<Télé, BFM, France Télévision... Tous les ordinateurs de la rédaction sont reliés à un serveur central qui ensuite diffuse sur Canal Satellite.

Et du côté Internet ? Le site Non Stop People vient d'ouvrir. Par ailleurs, un Community Manager opère sur nos pages officielles sur Facebook et Twitter afin d'interagir avec le public. Le matin, par exemple, nous lançons une question du genre « Est-ce que le nouvel album de Patrick Bruel vous plait ? Répondez sur les réseaux sociaux, les meilleures réponses passeront à l'antenne. » C'est une manière de faire participer le public à la chaîne. Les téléspectateurs enregistrent leur commentaire vidéo avec leur Webcam et nous l'envoient. Nous diffuserons les meilleures vidéos à l'antenne.

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

Photo 1 : Mickael Martin, chef d'édition à Non Stop People. © D.R.

Photo 2 : La régie de Non Stop People. © D.R.

 

 

Le Lardon de la semaine

Noël de crise

 

 

 

 

 

À l’Agenda du Journaliste

 

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Le fil Presse de l’innovation

N°78

23 novembre
2012

Erick Haehnsen,
rédacteur en chef d’
innov24
© Wilfried Maisy
Edito

Imaginez une newsroom d'une centaine de rédacteurs, répartis. Repérez le pôle multimédia, introduisez un webmaster éditorial. Secouez. Agitez. Et vous obtiendrez de l'innovation éditoriale. En fait, ce n'est pas si simple. Pour y parvenir, il faut le talent d'un Nicolas Becquet, journaliste à L'Echo, quotidien économique et financier belge de langue française, et webmaster éditorial à la fois pour L'Echo et De Tijd (Le Temps), son homologue néerlandophone. Il essaie d'amener les journalistes Print à penser Web, à l'occasion, par exemple, d'un Webdoc. Une réalisation concrète qui l'a poussé à aller voir chaque personne une à une. Il a su trouver les mots pour les convaincre de travailler plus, autrement et sans rémunération supplémentaire. L'innovation éditoriale est avant tout une affaire humaine.

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Sommaire

Vie quotidienne
* Ce soir, j'irai dîner chez vous
* La Web-Serie en Live cherche ses marques


Business 2 Business
* Des textiles photoluminescents comme des vers luisants



Management
*Business Angels : où en est la France ?
* Prenez le commandement à bord d'un hélico de combat
 

 

Club des médias
Interview de Nicolas Becquet, 31 ans, adepte de l'innovation éditoriale.

Le ‘‘Lardon’’ de la semaine
par Lardon



A l'Agenda du Journaliste*
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Vie quotidienne

CUISINE

Ce soir, j'irai dîner chez vous

Grâce au site Yummyguest, les amateurs passionnés de cuisine vont pouvoir inviter les gourmands du monde entier. Et éventuellement se faire un peu d'argent.

Même si l'on vient souvent dans un pays, il manque toujours quelque chose pour avoir le sentiment de le connaître en profondeur : entrer dans les familles, chez l'habitant. Or, dans la majorité des cas, c'est de sa chambre d'hôtel que l'on voit, seul, les salles de séjour illuminées de l'immeuble d'en face. Du coup, ''l'autre'' reste mystérieux alors que c'est lui qu'on est venu voir. « Le sésame pour découvrir un pays, c'est d'être invité dans les familles », estime Juliette Le Moine, 36 ans, pédégère de Yummyguest, un site qui met en relation les gens aimant cuisiner et inviter des personnes gourmandes venues d'horizons différents.

Invitation au voyage. Designer de formation, Juliette Le Moine a beaucoup voyagé avant de lancer ce site en version bêta la semaine dernière. « Outre le repas, il est également intéressant pour le touriste ou tout simplement l'étranger résidant de voir comment les gens vivent dans leur habitat, les objets qu'ils utilisent, leur structure familiale... », reprend la pédégère. « Du côté de l'hôte, même si l'on n'a pas grand chose en commun, inviter des étrangers constitue également une manière de voyager ou de préparer un voyage. » Par exemple, dans la perspective d'un voyage en Birmanie ou en Australie, recevoir des Birmans ou des Australiens donne l'occasion de se renseigner, d'obtenir des ''bons plans'' ou de dégoter les bonnes adresses.

A repas payant, situation claire. Concrètement, les internautes s'inscrivent en tant qu'hôte, visiteur ou les deux. Pour leur part, les hôtes indiquent le type de repas qu'ils proposent de cuisiner (simple, élaboré ou gastronomique) et fixent leur prix (de 15 à 25 euros par personne). De leur côté, les visiteurs font leur choix sur le site, réservent et règlent leur addition à l'avance – le site se prend une commission de 20%. Certes, faire payer un repas chez soi s'éloigne d'une invitation classique. Cependant, le système a ses avantages. « L'hôte se dédommage un peu au plan financier. Il ne s'astreint donc pas à un bénévolat total. Tandis que le visiteur (ou la visiteuse) ne se sent pas redevable. Il n'a pas besoin de venir avec des cadeaux ni même une bouteille. Il sait qu'il vient juste pour un repas dans un habitat privé », précise Juliette Le Moine. « Le fait de payer le repas permet de filtrer les visiteurs. D'autant que les gens se présentent l'un l'autre avant la rencontre. Et chacun peut refuser. » La formule peut faire recette : les gens se rencontrent, partagent un repas, discutent et accèdent à des plats vraiment locaux. « J'ai ainsi fait une quiche lorraine à une dame japonaise. Elle était ravie. » Avec quelques dizaines de bêta testeurs en conditions réelles, aussi bien France et au Canada qu'au Cambodge ou en Finlande, Yummyguest compte lancer sa version 1 en janvier prochain.

© Erick Haehnsen

 

Photo 1 : Capture d'écran du site prototype Yummyguest. © D.R.
Photo 2 : Juliette Le Moine, pédégère du site Yummyguest. © D.R.

 

Culture

La Web-Serie en Live cherche ses marques

Le mois dernier, une bande de trentenaires-quadras lançait la première Web-Live-Comédie du monde. À savoir, une série diffusée en direct sur internet. Mais pour se créer une audience, face à un public peu habitué à ce type de produit, l'équipe doit apprendre à manier le Buzz.

Furetez, cliquez, sur le Web vous trouverez pléthore d'émissions en Live, beaucoup de comédies en différé... Mais une seule Web-Live-Comédie : ''Strim'', dont les 3 premiers épisodes ont été joués en direct sur Facebook, via un Player Dailymotion. « C'est une première mondiale », lance Xavier Merand, co-réalisateur de Strim et patron de Watcha Prod. L'histoire porte sur la relation houleuse qui unit Norbert, un génie incompris, amateur de science et collectionneur de peignoirs, à sa colocataire Charlotte, une bi-sexuelle écervelée et dénuée de bonnes manières. À la clé, des situations croustillantes... Et une tête d'affiche : Jean-Jacques Bathie. L'artiste-interprète a commencé sa carrière au théâtre, avant d'enchaîner sur le cinéma puis la télévision, dans des séries comme ''Plus belle la vie''. Ensuite, une bombe atomique : Marie Cartier, le ''Peps'' incarné, une passionnée tout azimut. Ex-journaliste, elle s'est reconvertie au métier d'actrice à coups de stages intensifs. Citons enfin l'humour du scénario, passablement gras mais qui n'empêche nullement de se tordre de rire.

Showbiz versus Culture 2.0. Hélas, le public a manqué ces rendez vous. « Les diffusions en Live n'ont pas réussi à ramener plus de 50 personnes simultanément », regrette le co-réalisateur. « Visiblement, nous n'avons pas encore trouvé notre public. » Le problème, c'est que Strim n'applique pas toujours les recettes du Web... Par exemple, sur les réseaux sociaux, l'internaute ne trouvera pas de véritable formule choc capable d'alimenter le ''Buzz''. Pas de copinage non plus avec les autres Web-Series, comme cela se fait souvent. Principe : chacun fait de la pub pour l'autre afin que la popularité des deux entités grimpe en flèche (ce qui ouvre des perspectives auprès des annonceurs).

Le Live a pourtant de l'avenir. À l'heure actuelle, Strim ne s'est pas tout-à-fait mis au diapason de cette ''Culture 2.0''. Mais les concepteurs de la Web-Serie, en quête de financement, ne lâchent pas le morceau et phosphorent à plein régime. Avec de bonnes idées, comme par exemple la mise en œuvre d'un système de vote qui donne déjà aux ''Fans'' la possibilité de choisir à l'avance les évolutions du scénario. De leur coté, les artistes attendent surtout la reprise du Live. « C'est comme jouer une pièce de théâtre, sans jamais savoir combien de personnes il y a dans le public », souligne Marie Cartier, visiblement emballée. Reste à s'y remettre au pas de course! Car l'initiative pourrait faire des petits...

© Guillaume Pierre

Photo 1 : Xavier Merand, musicien et co-réalisateur de Strim.
Photo 2 : Capture d'écran de la page d'accueil du site officiel de Strim.

Photo 3 : Marie Cartier, alias Charlotte, dans la Web-Comedie-Live.


 

Business 2 Business

Vêtement de sécurité

Des textiles photoluminescents comme des vers luisants

Le Français TDV Industries innove avec des textiles qui, comme des vers luisants, se chargent en électricité et la relarguent la nuit. De quoi cheminer dans l'obscurité en toute sécurité.

La nuit, marcher sur une route avec un gilet rétroréfléchissant ne vous assurera aucune protection si une voiture arrive tous phares éteints. A la différence de ces vêtements photoluminescents qui n'ont nul besoin d'être éclairés pour signaler votre présence. Cette innovation est proposée par TDV Industries, une PME française de 188 salariés qui lance, avec notamment le fabricant de vêtement Cepovett (marque Le Cèdre), une gamme de textiles photoluminescents baptisée Luminight. Tels des vers luisants, ces textiles teints à l'aide de pigments spécifiques se chargent en énergie dans la journée et la relarguent la nuit.

« Nous avons déjà signé des contrats avec trois confectionneurs qui présenteront sur le salon Expoprotection des modèles de vêtements de sécurité où des bandes de Luminight se juxtaposeront aux marquages rétroréfléchissants afin d'améliorer encore la sécurité du porteur », annonce Fabrice Nicolas, le directeur commercial de l'entreprise qui a trouvé auprès des acteurs du BTP un accueil très favorable. Destinée seulement aux textiles tissés et non aux mailles, la gamme Luminight est disponible en trois coloris (jaune fluo, gris et blanc) sur des supports coton et polyester. « Au niveau de l'entretien, le Luminight peut subir une vingtaine de lavages mais nous nous employons à aller au-delà »

© Eliane Kan

Photo : La marque Le Cèdre lance une gamme de vêtements dont les tissus photoluminescents sont conçus par TDV Industrie. © Cepovett


 

Management

FINANCEMENT

Business Angels : où en est la France ?

A l'occasion de la Semaine des Business Angels, qui aura lieu du 26 au 30 novembre sur tout le territoire, nous faisons le point sur la situation de l'amorçage dans les startups avec Philippe Gluntz, président de France Angels qui fédère 82 réseaux d'investisseurs dans les startups.

La crise affecte-t-elle les Business Angels (BA) ? Jusqu'à présent, la crise n'a pas remis en cause la progression régulière des investissements et du nombre de BA, soit 4 500 (+ 500 cette année), dans les 82 réseaux régionaux. A cet égard, la France est le pays d'Europe qui compte le plus grand nombre de réseaux, devant le Royaume-Uni (40) et l'Allemagne (42). Une tendance : les réseaux se regroupent pour devenir plus puissants au niveau local. Pour la première fois, il pourrait y avoir une baisse des investissements au second semestre en raison de l'incertitude liée aux mesures fiscales que le gouvernement est en train de concocter. En 2011, 320 sociétés (+10%) ont été financées sur 6 à 7 000 dossiers reçus ! D'où la nécessité d'augmenter le nombre d'investisseurs. Quant à l'investissement total direct, il s'élève à 45 millions d'euros. En comptant l'effet de levier des fonds régionaux, on arrive à 120 millions d'euros.

Comment intervenez-vous ? Les Business Angels investissent à plusieurs dans la même société. En moyenne, ils sont 6 ou 7 et, dans certains cas, jusqu'à 20 ! C'est l'avantage de travailler en réseaux : on augmente le ''sourcing'' mais on coopère aussi à plusieurs personnes de spécialités et d'horizons différents afin d'évaluer et sélectionner les dossiers sur lesquels investir. A la fin, on crée un petit groupe d'investisseurs qui accompagne le démarrage de l'entreprise. Chaque personne investit, en moyenne 15 à 17 000 euros. Il y a des tours de tables à 150 ou 160 0000 euros, voire 350 000 euros et au-delà.

Avez-vous de nouveaux outils ? Nous avons créé des Siba (Sociétés d'investissement de Business Angels) dont les actionnaires sont des membres de notre réseau associatif. Gérées de façon bénévoles par les BA, elles complètent le financement des personnes individuelles du réseau. Dans certains cas, on obtient ainsi 100 à 200 000 euros de financement supplémentaire. Et l'on peut arriver jusqu'à 600 000 euros ! Parfois les réseaux d'une même région co-investissent. Dans 9 régions en France, il y a même des fonds publics de co-investissement qui travaillent avec les Business Angels. Et un fonds important est en train de se constituer avec le FNA (Fonds national d'amorçage). Lequel interviendra pour compléter les tours de table dans les dossiers technologiques qui réclament beaucoup d'argent.

Qu'en est-il des incitations fiscales ? Il y avait deux types de réduction fiscale. Tout d'abord, l'ISF PME (impôt sur la fortune) qui reste maintenu et permet de déduire de l'impôt 50% de l'investissement jusqu'à un plafond de 45 000 euros – plafond que nous jugeons trop bas. Ensuite, il y avait le dispositif Madelin, à savoir un taux de 18% de réduction de l'impôt dont le plafonnement, en cours de discussion, est de 10 000 euros. Aussi bien pour la nounou ou la femme de ménage que pour investir dans les startups. Certes, 50% de nos membres paient l'ISF. Mais les mesures actuellement évoquées par le gouvernement risquent d'affecter la moitié de nos membres ! Or la déduction fiscale est une réelle carotte pour démarrer dans l'activité de Business Angel. Ensuite, il y a la motivation à participer à une nouvelle aventure entrepreneuriale et à transférer notre expérience. Nous sommes tous originaires d'une région donnée et cherchons à y créer de l'emploi.

© Erick Haehnsen

Photo : Philippe Gluntz, président de France Angels. © Erdyn

 

COLLABORATIF

Prenez le commandement à bord d'un hélico de combat

Thales Université (le centre de formation des collaborateurs du groupe Thales) et HEC (Ecole des Hautes Etudes Commerciales) lancent SimLead, une offre de formation basée sur un logiciel de simulation militaire. Objectif : renforcer la capacité de Leadership de chaque salarié.

« Dans quelques minutes vous devrez secourir les rescapés d’une inondation dans le Var », lance Philippe Flandin, ex-capitaine de l’Armée de Terre, reconverti en (faux) Préfet de département. Aux commandes d'un hélicoptère, un cadre dirigeant, transformé en pilote, tire sur le manche à balai pour prendre de la hauteur. La chef de bord, une secrétaire, étudie la carte de navigation. En revanche, le grand patron de l'entreprise se contente d'une place de copilote. Apparemment exceptionnelle, l'action se déroule en fait dans les sous-sol de Thales Université qui vient de lancer ''SimLead'', une nouvelle offre de formation interactive basée sur Edith, un simulateur tactique de combat. Lequel est utilisé en France par l'Alat (Aviation légère de l'Armée de terre) depuis 2001 et par l'Armée Belge depuis 2004 pour entraîner leurs pilotes d'hélicoptère. Seule différence : dans la version SimLead, les armes et les scénarios de guerre ont été retirés. Inspiré de situations réelles, le jeu vidéo plonge les salariés dans des situations de crises virtuelles. Avec une question en filigrane : qui prendra le commandement de l'appareil ?

Prendre la place du calife. « De nombreux dirigeants, brillants dans leur domaine professionnel, perdent leur capacité de Leadership dès qu'ils sont placés dans un contexte inconnu », explique Philippe Flandin, revenu au monde civil après sa carrière militaire. Devenu conseiller technique auprès de Thales Université pour le développement de SimLead, il anime maintenant les sessions de formation. « Lorsque les participants arrivent, je leur demande de se répartir en équipes de trois personnes. » Généralement, les patrons se réservent le statut de chef de bord. De leur coté, les employés restent cantonnés aux fonctions secondaires. « Mais je m'arrange pour redistribuer les pouvoirs », ajoute l'ex-capitaine, facétieux. Par exemple en créant des ''missions impossibles'', visant à faire monter la pression. Lorsque leur supérieur hiérarchique ne gère plus la situation, les employés viennent en renfort. Jusqu'à prendre le commandement des opérations...

Flexibilité managériale. À l'Armée comme dans les entreprises, la fin justifie les moyens. « La meilleure qualité d'un leader, c'est de tirer parti des qualité de tous. Quitte à s'effacer lorsqu'un membre de son équipe est mieux à même de remplir l'objectif fixé », assure Alain Oumeddour, PDG de Thales Université. L'idée fait son chemin au sein des entreprises. La banque BNP Paribas et le constructeur Nissan ont d'ores-et-déjà acheté des sessions de formation (3 300 euros la demi-journée pour 12 à 16 personnes). Le concept intéresse également les grandes écoles. À l'instar d'HEC, partenaire du projet depuis l'origine. « Nous souhaitons intégrer ce dispositif au tronc commun de nos programmes », indique Karine Le Joly, directrice de l'innovation et de la coordination académique au sein de l'école. De quoi inciter les futurs dirigeants à prendre conscience de leurs limites. Et à manier une certaine ''flexibilité managériale''.

© Guillaume Pierre

La mixité au podium

Non content de montrer qu'un simple employé peut être meilleur leader que son supérieur, SimLead va également dans le sens de la parité. Car ses concepteurs ont noté un fait intéressant : les équipes mixtes parviennent mieux à réaliser leurs objectifs que les équipes purement masculines ou féminines. Les raisons sont encore inconnues, mais Thalès Université promet de faire le point sur la question dans une étude prévue en 2014.

 

Photo 1 : Philippe Flandin, formateur SimLead.
Photo 2 : Un journée typique de formation comporte 2 sessions. La première (le matin) est dédiée au jeu vidéo. La seconde (l'après-midi) est occupée par le débriefing des ''troupes''.
Photo 3 : Alain Oumeddour, PDG de Thales Université.

 

Club des médias

« Créer une dynamique qui met l'expertise des journalistes Print au service d'une pensée Web »

Interview de Nicolas Becquet, 31 ans, adepte de l'innovation éditoriale. Journaliste à L'Echo, quotidien économique et financier belge de langue française, il est aussi webmaster éditorial à la fois pour L'Echo et De Tijd (Le Temps), son homologue néerlandophone, dans la même newsroom. Grâce au numérique, il mène des projets multimédia pour le Web. A côté de cela, il a constitué la panoplie du parfait reporter 2.0.

Quel a été votre parcours ? J'ai fait une maîtrise de littérature générale et comparée à la Sorbonne puis un master 2 en journalisme au Celsa. J'avais déjà collaboré à des radios associatives pour me faire la main. En fait, avant, pendant et après l'école, j'ai enchaîné les stages à France Inter, RFI, FR3 et dans la PQR. En 2006, je me suis installé à Bruxelles avec ma femme. Pour changer d'air. Découvrir un autre pays, une autre culture. Je ne voulais pas commencer ma carrière dans le contexte de l'hyper concurrence parisienne. J'ai envoyé des candidatures spontanées. Et la radio Bel RTL m'a donné ma chance. On m'a dit : « Fais tes preuves et on verra. » J'ai passé 3 mois sur BXL, une radio associative qui appartenait à RTL. J'ai alors été embauché comme pigiste reporter radio. Pendant 3 ans, j'ai fait de l'info géné... Un moyen fabuleux pour découvrir la culture belge et le système politique belge qui est très complexe. Au bout de 3 ans, j'ai atteint un plafond de verre à cause de mon statut de pigiste salarié. Je suis parti.. sans rien. Nous avions un enfant et nous en attendions un deuxième. Le marché était bouché.

Qu'avez-vous fait ? Des petits boulots... J'ai alors décidé de suivre une formation de développeur Web avec l'ambition d'intégrer un média via le Web. J'ai trouvé une formation de 9 mois financée par Actiris, l'équivalent belge de Pôle emploi. J'ai appris les bases de la mécanique du Web : le code HTML, CSS, Javascript et Actionscript, Photoshop, Illustrator... pour être polyvalent. J'ai appris à monter des sites simples. Pendant ce temps, j'ai fait des demandes de stage et j'ai décroché un job rédacteur à L'Echo, un quotidien économique et financier belge de langue française, et de Webmaster éditorial à la fois pour L'Echo et De Tijd (Le Temps), son homologue néerlandophone. Leurs rédactions sont réunies sur le même plateau.

En quoi consiste le métier de Webmaster éditorial ? C'est une interface dans la rédaction entre le pôle de l'informatique éditoriale et les journalistes. Il y a aussi un petit pool de rédacteurs Web qui éditent un flux de news. Mon métier intervient à plusieurs niveaux. Je gère le site au quotidien ( la page d'accueil, les dossiers…), j'assure la cohérence éditoriale (les blogs, les dossiers à court et moyen termes...) ; enfin, j'essaie de créer une dynamique qui met l'expertise des journalistes Print au service d'une pensée Web. C'est d'ailleurs l'un des principaux enjeux de mon poste, le cœur de mon travail.

Comment relevez-vous le défi ? J'essaie de faire de l'innovation éditoriale. A savoir reconfigurer les pratiques journalistiques en tenant compte à la fois des exigences de l'audience, des nouveaux médias tout en gardant en ligne de mire l'exigence de la plus-value éditoriale. C'est un processus transversal et multifacette qui touche au fonctionnement global d'une rédaction. Innover dans ce contexte consiste à modifier le processus de production de l'information. J'ai décidé de créer un Web-doc sur la crise intitulé Racontez-moi 5 ans de crise. Il a fallu créer une organisation du travail adaptée au Web-doc avec les journalistes spécialistes de leur domaine, le service infographie qui a développé une interface Web ainsi que le pôle vidéo (2 personnes) qui a assuré le tournage et le montage. Une véritable ''constellation'' de créatifs ! A nouveaux médias, nouvelles organisations.

Quelles ont été les principales difficultés ? Insérer ce processus dans une organisation existante, celle d'une double rédaction Print (45 personnes pour L'Echo et 64 pour De Tijt). Tandis que le pôle multimédia embarque à peine 5 personnes et la rédaction Web 3 personnes. De plus, le projet a été réalisé dans les deux langues avec un tronc commun mais deux réalisations différentes ! Il a fallu coordonner ces deux productions ! Dans ce contexte, le processus Web, c'est du ''poil à gratter''. Je suis allé voir chacun et j'ai fait de la ''mobilisation individualisée'' de sorte à faire passer la pilule de ce projet. Lequel représentait un surcroît de travail sans rémunération supplémentaire, tout en modifiant les manières de travailler... J'en parlerai lors des 3èmes Entretiens du Webjournalisme : journalisme et innovation ces prochains 29 et 30 novembre à Metz.

Quels raccourcis avez-vous trouvés ? J'ai travaillé avec quatre rédacteurs à qui j'ai commandé des sujets en faisant en sorte qu'ils réalisent leurs interviews pour le Print. Et je les ai envoyé avec une équipe TV et un canevas précis pour poser des questions à la fin des interviews. Pas évident pour ces journalistes du Print de gérer cette surcharge en plus de la pression du bouclage.

Vous avez mis au point la ''panoplie du parfait reporter 2.0''. De quoi s'agit-il ? Cela fait partie d'une approche personnelle que j'ai publiée sur mon blog (j'ai eu 4 000 visites !). A la base, je suis reporter. J'étais à la recherche d'un moyen pour concilier reportage et multimédia, une panoplie suffisamment légère pour ne pas être contraignante. En fait, j'ai tout trouvé dans l'iPad ainsi que dans un choix de 23 accessoires. En gros, il y a une coque sur laquelle on peut monter des objectifs, rajouter des éclairages et des micros ainsi qu'un pied ou un trépied. Ensuite, j'ai sélectionné des logiciels sur l'AppStore. Au final, comptez de 869 à 1 330 euros (iPad compris), et vous aurez une solution de qualité professionnelle pour faire du reportage multimédia, du montage et publier les images sur le Web. C'est un système tout-en-un.

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

 

Photo 1 : Nicolas Becquet. © D.R.
Photo 2 : L'iPad transformé en outil à tout faire pour le reporter 2.0. © D.R.
Photo 3 : Détail du kit de l'iReporter. © D.R.
Photo 4 : Les 23 éléments du kit de l'iReporter. © D.R.

 

 

Le ‘‘Lardon’’ de la semaine

Dites AAA

 


 

 

A l’Agenda du Journaliste

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* Les nouvelles manifestations reçues cette semaine sont mises en gras et en rouge. 
* Chaque jour, l'agenda est réactualisé, les journalistes peuvent le consulter librement sur innov24.com

* Les invitations de presse sont classées par secteurs d'activité, puis par dates.
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Le fil Presse de l’innovation

N°77

12 décembre
2012

Erick Haehnsen,
rédacteur en chef d’
innov24
© Wilfried Maisy
Edito

3 000 mercis ! La semaine dernière, innov24 a vu le nombre de ses membres franchir la barre des 3 000. Dont 800 journalistes (TV, radio, presse, agences, sites d'info) et 1 660 attachés de presse ainsi que 550 patrons de start-up et experts. Le 800e journaliste n'est autre que Jean-Marc Sylvestre, une légende de l'information économique à la radio et à la télévision françaises. A 66 ans, ce jeune homme édite un remarquable blog d'information économique qui attire 100 000 visiteurs uniques par mois. Joli score ! Mais encore insuffisant pour transformer l'essai en modèle économique viable et pérenne. Il n'empêche. Avec sa petite troupe de quatre personnes, Jean-Marc Sylvestre phosphore inlassablement, lui aussi, pour trouver le Graal de la rentabilité.

Mode d'emploi vidéo :
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Enquête collaborative

Sommaire

Vie quotidienne
* Avec les Fablab, libérez votre créativité 2.0
*
Ô miroir, mon beau miroir 3D


Business 2 Business
*La chasse aux bactéries s'intensifie
* L'éditeur Sage se prépare à l'Ecotaxe


Management
* Le capital-risque d'entreprise pousse ses pions
* Ecrire à ''quatre mains'' et en temps réel

 

 

Club des médias
Interview de Jean-Marc Sylvestre, aujourd'hui patron de JMS Prod qui édite « Jean-Marc Sylvestre, le blog. » Lequel attire 100 000 visiteurs uniques par mois.

Le ‘‘Lardon’’ de la semaine
par Lardon



A l'Agenda du Journaliste*
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Vie quotidienne

ART

Avec les Fablab, libérez votre créativité 2.0

Afin de favoriser l'art dans le domaine du multimédia, une association nantaise lance artlabo.org, un point d'entrée vers plusieurs lieux de création artistique qui mettent des outils et des machines à la portée du grand public.

Envie de peindre avec de la lumière, de faire chanter vos disques durs ou encore de créer une sculpture géante équipée d'une surface tactile multitouch ? Pour libérer votre imagination, connectez vous au site artlabo.org. Cette plate-forme dédiée aux lieux de création multimédia a été mis en place il y a deux semaines par l'association nantaise PiNG. « Il s'agit d'un centre de ressources visant à regrouper des offres de formation et des ressources provenant notamment des FabLab [ateliers de fabrication ouverts au public, NDLR] », indique Julien Bellanger, en charge des ressources pédagogiques dédiées à la création numérique au sein de PiNG. D'ailleurs, l'association dispose elle-même de son propre FabLab, équipé de différents outils. Par exemple des machines pour découper du bois. Ou encore des ordinateurs dotés de périphériques divers (capteurs, webcam, joystick, wiimote...) qui ne demandent qu'à être programmés. Il est même possible de s'essayer à l'impression 3D afin de créer des objets en plastique qu'on aura préalablement dessinés sur ordinateur.

Trouver la bonne ressource. En pratique, la plupart des lieux de création multimédia proposent des outils semblables. En outre, ils sont nombreux à proposer aux particuliers des formations courtes ou longues, gratuites ou payantes. Pour l'heure, 8 structures se sont inscrites sur le site. A l'instar du Labomedia d'Orléans, de l'Espace Mendès-France de Poitiers ou encore de la Maison populaire de Montreuil. En outre, une dizaine de lieux ont contacté l'association afin de participer au projet. Pour vous aider à repérer le lieu de création le plus proche de chez vous, PiNG les a cartographiés sur une cartographie accessible dès la page d'accueil de la plate-forme. Par ailleurs, à la rubrique ''Ressources'', vous trouverez des liens internet qui mènent vers des tutoriels de fabrication ou encore des wikis axés sur la création multimédia. Enfin, dans la rubrique ''Projet'' vous prendrez connaissance des dernières œuvres produites par la communauté. En dernier recours pour demander de l'aide, artlabo.org renvoie vers codelab.fr, un forum spécialisé dédié aux créatifs de tous poils.

© Guillaume Pierre

Photo : Capture d'écran de la plate-forme artlabo.org. © D.R.

 

DESIGN

Ô miroir, mon beau miroir 3D

Jeudi 15 novembre, à la Cité des sciences et de l'industrie, seront annoncés les lauréats de l'Observeur du design 2013. Parmi lesquels, un fabricant de miroirs tridimensionnels.

Après le casque urbain pliable, le luminaire alimenté par une pile à eau ou encore la canne qui se remet d'aplomb d'un petit coup de pied, place aux nouvelles Etoiles de l'Observer du design 2013. Cette cérémonie organisée depuis 1999 par l'Agence pour la promotion de la création industrielle (APCI) aura lieu jeudi 15 novembre 2012 à Paris, à la Cité des sciences et de l'industrie. Parmi les nouveaux lauréats, le miroir tridimensionnel de la société Delpha, un fabricant français de meubles de salle de bains qui emploie en Haute-Savoie 1 000 personnes. L'entreprise a passé un accord avec le visagiste Claude Guillard, l'inventeur de ce miroir constitué de trois panneaux inclinés. Une astuce brevetée qui donne enfin de la perspective et du volume au visage tout en restituant l'image à l'endroit. Une première en la matière. « En outre, son éclairage central par LED gomme les ombres en créant un effet lifting, » explique Loic Maumène, directeur de la marque Delpha qui propose aux particuliers ce miroir au prix de 1 000 euros. Ce qui peut paraître élevé. Sauf si l'on considère que la beauté n'a pas de prix.

© Eliane Kan

Photo : Ce miroir redonne du volume et de la perspective à l'image. © Delpha


 

Business 2 Business

BIOTECH

La chasse aux bactéries s'intensifie

La startup Prestolab s'apprête à lancer un kit de détection expresse des bactéries pour le secteur alimentaire. Beaucoup plus rapide que les solutions concurrentes, ce système se positionne sur un marché en croissance de 5 à 10% par an.

Chaque année, les infections alimentaires causent en France plusieurs centaines de morts et une dizaine de milliers d'hospitalisations. Dans ce contexte, repérer dans les plats cuisinés, les viandes ou les fromages la présence de Listeria, de Salmonella ou d’Escherichia Coli avant leur mise en vente est une question de salubrité publique. Mais pas seulement. Il s'agit aussi d'un enjeu de compétitivité industrielle. « Aujourd’hui, les entreprises doivent attendre entre 1 et 3 jours pour obtenir les résultats d’une analyse microbiologique avant de vendre ou non leur production », fait valoir Thibaut Mercey, 34 ans, président cofondateur de Prestodiag, une start-up qui vient de remporter deux prix : celui du concours Genopole et celui du Tremplin Entreprises Sénat-ESSEC 2012 dans la catégorie Sciences du Vivant. Des trophées à la mesure de l’intérêt que suscite ce kit de diagnostic rapide de bactéries.

Quelques heures suffisent. « Notre système repose sur un biocapteur ou biopuce contenant une dizaine d’anticorps différents sur lesquels viendront s’accrocher, par affinité, les bactéries », indique Félix Piat, jeune ingénieur Agro ParisTech et cofondateur de Prestodiag. « Même infime, la présence de ces intruses sera automatiquement repérée par notre lecteur optique qui agit comme une sorte de ''microbalance optique'' afin de détecter toute modification du signal de la biopuce. » Grâce à ce système de détection qui combine simultanément la culture des micro-organismes et leur analyse, quelques heures suffisent pour détecter des bactéries. Contre un à trois jours, voire davantage, pour les systèmes existants. Lesquels, à la différence du système de Prestodiag, procèdent de manière séquentielle. « En outre, l’utilisation de ce kit réclame moins d'une heure par opérateur contre trois heures pour nos concurrents. »

Croissance de 5 à 10%. A l’origine, ce biocapteur a été développé par un des cofondateurs de Prestodiag, à savoir, Thierry Livache, directeur du laboratoire Creab (Chimie pour la reconnaissance et l’étude d’assemblages biologiques) du CEA qui détient un des brevets qu’exploite la startup. Quant au lecteur optique, il a été conçu par Thibaut Mercey, ingénieur SupOptique de formation. Créée en mars dernier, Prestodiag vise un marché d'un milliard de dollars pour plus de 140 millions d’analyses par an, en croissance annuelle de 5 à 10%. « Pour la première année, nous comptons vendre plusieurs centaines voire plusieurs milliers de kits et quelques dizaines de lecteurs optiques », poursuit Thibaut Mercey qui prévoit de lancer la commercialisation en juin prochain pour un véritable décollage dans deux ou trois ans. D’ici là, la startup compte attirer dans son capital de nouveaux investisseurs.

© Eliane Kan

Photo 1 : Quelques heures suffisent pour avoir les résultats d’analyse contre de 1 à 3 jours pour les systèmes concurrents.
© Prestodiag
Photo 2 : De droite à gauche Félix Piat et Thibaud Mercy, cofondateurs de Prestodiag. © Prestodiag

 

TRANSPORT

L'éditeur Sage se prépare à l'Ecotaxe

Pour aider les entreprises du transport routier de marchandises à faire face à l'écotaxe, la fameuse redevance kilométrique, l'éditeur bâtit une offre à plusieurs étages.

1,2 milliard d'euros par an, c'est ce que devrait générer la taxe poids lourds ou écotaxe qui sera adoptée en France, à compter de juillet 2013, sur 15 000 kilomètres de routes nationales et départementales. A chaque fois qu'un camion de plus de 3,5 tonnes circulera sur une des voies écotaxées, il devra payer en moyenne une taxe de 12 centimes au kilomètre. Laquelle sera pondérée selon sa catégorie et son niveau de pollution. Pour aider les entreprises à y faire face, Sage, l'éditeur de logiciel de comptabilité et de gestion pour PME, a mis plusieurs fers au feu.

Interfaçage avec une bourse de fret. D’abord, il a prévu d’intégrer à son offre ''Transport'' l’outil cartographique de PTV Loxane. Les utilisateurs pourront ainsi optimiser leurs trajets en y intégrant le montant simulé de l’écotaxe. Par ailleurs, pour limiter les kilomètres à vide qui peuvent atteindre selon les métiers entre 20% et 40% des distances parcourues, l’éditeur a interfacé sa solution avec la bourse de fret B2Pweb. « L’exploitant, qui simulera ses trajets et ses chargements à partir de notre logiciel, pourra en quelques clics aisément détecter quel est le fret disponible et limiter ainsi ses retours à vide », indique Hélène Kerjean, chef de marché Transport & Logistique chez Sage.

Faire payer l'écotaxe aux chargeurs. Le troisième étage de la fusée consistera à identifier le montant de l’écotaxe due pour chaque client du transporteur en fonction des trajets accomplis. Et ce, en comparant les simulations de coût effectuées par son outil cartographique avec le montant global des consommations facturées par les SHT (Sociétés habilitées au télépéage). « Actuellement, nous travaillons ainsi Eurotoll afin d’exploiter au mieux les données géolocalisées des boîtiers électroniques embarqués. L'idée, c'est de calculer au plus juste le montant de l’écotaxe par trajet et par véhicule. Nous faciliterons alors la refacturation de l’écotaxe aux client des transporteurs ». A condition que les chargeurs acceptent de rembourser le paiement de la taxe kilométrique aux transporteurs. Rien n'est moins sûr.

© Eliane Kan

 

Photo : Hélène Kerjean, chef de marché Transport & Logistique chez Sage. © Sage


 

Management


 

FINANCEMENT

Le capital-risque d'entreprise pousse ses pions

En investissant dans des startups, les fonds financiers des grands groupes se familiarisent non seulement avec les technologies innovantes des startups. Mais aussi avec leurs nouveaux modèles économiques.

Moins connu que le capital-risque (VC : Venture Capital), le capital-risque d'entreprise (CVC : Corporate Venture Capital) écrase le champignon. Selon Reuters, Google vient ainsi de s'arroger la première place mondiale en décidant d'augmenter hier l'enveloppe de Google Ventures, de 200 à 300 millions de dollars par an ! Objectif : investir de 250 000 dollars en amorçage dans une cinquantaine de startups et jusqu'à 10 millions de dollars pour une dizaine d'autres startups. A côté de cela, les montants peuvent aller de 20 à 50 millions dollars pour une ou deux sociétés par an. Moins avancée que les États-Unis, la France n'a pas à rougir.

Des fonds importants. Parmi les pionniers du capital-risque d'entreprise, citons Total avec Total Energy Ventures créé en 2004, SFR Développement (2007). Ou la SNCF qui, en 2008, a mis sur pieds Eco-Mobilité Partenaires, un fonds de 15 millions d'euros dédié à l’écomobilité. De son côté, Seb a doté en 2011 Seb Alliance d'un capital initial de 30 millions d'euros. Pour sa part, Suez Environnement a lancé en 2010 Blue Orange (50 millions d'euros sur 10 ans) pour cibler des startups qui innovent dans l’eau et les déchets. Veolia Environnement n'est pas en reste avec Veolia Innovation Accelerator (2010) également dans les Clean Tech. D'autres CVCs se montent en sociétés communes (JV : Joint Venture). A l'instar d'Exchange Capital (La Poste, Alten, Neopost, AGF, Cofinoga, GMF, CDC...) dans les activités connexes aux métiers postaux. Ou d'Aster Capital (Schneider Electric, Alstom, Rhodia) qui, après Aster I (70 millions d'euros), s'apprêterait à créer Aster II à hauteur de 120 à 150 millions pour couvrir la chaîne de valeur complète des startups de l'énergie, des matériaux avancés et de l'environnement. Une manne pour les startups.

Intérêts réciproques. Contrairement aux VCs classiques, les CVCs n'ont pas toujours une motivation purement financière. « L'objectif n'est pas non plus de racheter la startup car toutes ses activités n'intéressent pas forcément l'investisseur », explique Eric Naudin, consultant senior chez Erdyn, un grand cabinet de conseil en innovation. « En revanche, non seulement les CVCs se familiarisent avec des technologies innovantes qui commencent à faire leurs preuves sur des marchés qui les intéressent. Mais ils bénéficient aussi de leur retour d'expérience en matière de nouveaux modèles économiques, en avant-première et sans investir directement. » Finalement, ce type de stratégie d'innovation est assez rentable. Côté startups, les CVCs ne sont pas qu'une manne financière. « A l'instar des Business Angels, ils offrent des conseils et une certaine aide au développement commercial, notamment à l'international », poursuit Eric Naudin. « Voire des synergies et des recommandations qui peuvent faire gagner énormément de temps aux jeunes sociétés innovantes. »

© Erick Haehnsen

Photo : Eric Naudin, consultant senior chez Erdyn. © Erdyn

 

COLLABORATIF

Ecrire à ''quatre mains'' et en temps réel

Encore peu connu, le Pad (un nouveau type d'outil d'écriture collaborative) pourrait se démocratiser chez les professionnels grâce à sa simplicité d'utilisation. Par exemple pour animer des réunions ou améliorer la rédaction des comptes rendus.

En ce moment, à Notre-Dame-des-Landes (Nantes), les opposants au projet d'aéroport utilisent des ''Pads'' afin d'élaborer les différents textes dont ils ont besoin (communication interne, manifestes...). Mais de quoi s'agit-il ? « Le Pad est un logiciel libre accessible en ligne via le navigateur internet qui donne la possibilité à plusieurs personnes de travailler ensemble sur la même feuille de papier électronique. Facilement et en temps réel »,explique Alexis Kauffmann, fondateur de l'association Framasoft, dédiée à la promotion du Logiciel libre.« C'est une sorte de Google Docs simplifié qui ne nécessite pas d'inscription. » A l'origine, c'était un projet de Google. « Le code source a été ''libéré'' il y a 3 ans. » Depuis lors, de nombreuses plates-formes sont apparues afin de démocratiser ce service. Parmi les versions les plus connues citons Etherpad, PiratePad ou encore Framapad, celle que Framasoft a traduite en français. Toutes plates-formes confondues, l'outil compte des dizaines de milliers d'utilisateurs, dont beaucoup d'activistes issus du rang des hackers, à savoir les bidouilleurs de l'informatique.

Ecriture collaborative. Reste que certains professionnels s'y mettent aussi. À l'instar d'Odile Contat, chargée de ressources documentaires au CNRS, qui organise régulièrement des journées d'étude à l'attention des membres du personnel. « La dernière fois, face à 150 personnes, j'ai utilisé un FramaPad pour animer la formation », explique-t-elle. « L'idée, c'était de produire le compte-rendu de la journée en temps réel. » Concrètement, la chargée de ressources a sélectionné parmi le public une quinzaine de volontaires. Chacun a copié en même temps, dans le document partagé, ce qui lui semblait le plus intéressant. Avec ses mots et son point de vue... « Au final, cela m'a pris un peu plus de temps pour tout compiler, mais le résultat est plus riche. »

Historique innovant. Pour tenter l'expérience soi-même, il suffit de se rendre sur l'une des plates-formes qui proposent ce service. Puis de repérer le bouton ''créer un Pad''. Un clic suffit pour commencer à écrire son texte. En outre, il est possible d'inviter d'autres collaborateurs en leur envoyant un lien vers la page. Concrètement, à chaque nouvel arrivant est associée une couleur. Puis chacune de ses phrases est automatiquement surlignée. Du coup, les différentes interventions sont aisément identifiables. Par ailleurs, l'historique du document incorpore une barre de défilement qui permet de remonter dans le temps, caractère par caractère. Tout est enregistré. Pratique pour juger a posteriori de l'intention des participants.

© Guillaume Pierre

Photo : Dans un Pad, pas besoin d'inscription. Toutefois, chaque participant est automatiquement différencié par une couleur qui lui est propre. © Framasoft

 

Club des médias

« La mauvaise nouvelle doit nous rendre plus intelligents »

Interview de Jean-Marc Sylvestre, 66 ans, légende de l'information économique à la radio et à la télévision françaises, aujourd'hui patron de JMS Prod qui édite « Jean-Marc Sylvestre, le blog. » Lequel attire 100 000 visiteurs uniques par mois.

Quel a été votre parcours ? J'ai eu une licence en sciences économiques puis j'ai fait un doctorat à l'Université Paris-Dauphine. J'ai ensuite été assistant du professeur Alain Cotta à l'Université de Caen. En 1973, je suis entré au magazine L’Expansion. J'ai aussi travaillé à Management, à La Vie française, au Nouvel Économiste où j'ai été rédacteur en chef adjoint puis au Quotidien de Paris où j'ai été rédacteur en chef du service économie. J'ai également été chroniqueur économique à La Cinq, France 3 et à TF1 où j'ai travaillé pendant 20 ans. Je suis devenu chef du service économique et social. En 1994, je suis entré à LCI où j'ai animé l’émission hebdomadaire Décideur jusqu'en 2010. Sur cette même chaîne, j'ai également animé Le Club de l’économie de septembre 1997 à juillet 2010 - suspendu en 2012. En juillet 2008, j'ai été nommé directeur adjoint de l'information de TF1 et de LCI, chargé de l'information économique et sociale. Enfin, j'ai été éditorialiste et chroniqueur économique à France Inter pendant 18 ans. En 2010, j'ai quitté le groupe TF1 et rejoint la chaîne d'information en continu i>Télé en tant que consultant extérieur. J'y ai présenté Les Clés de l'Éco, un magazine sur l'économie en partenariat avec le quotidien Les Échos et deux éditos dans la matinale. J'ai également créé ma propre société, JMS Prod, qui édite Jean-Marc Sylvestre le blog, gère les conférences que je peux donner ou l'organisation de colloques notamment par rapport au trois livres que j'ai écrits depuis la crise économique et financière. A savoir Nouvelle petite leçon d'économie pour ceux qui doutent (Flammarion), On nous ment – vérités et légendes sur la crise avec Olivier Plastré (Fayard) et Le roman vrai de la crise financière (Perrin).

Pourquoi l'économie vous intéresse-t-elle autant ? L'économie permet de presque tout expliquer : le comportement des gens, les intérêts, les conflits, les révolutions... Cette matière m'intéresse également car elle fait ressortir le fonctionnement et l'évolution du monde : soit on respecte l'économie et on s'en sort soit on ne la respecte pas et on va dans le mur. Autre raison : il y a encore un énorme travail de pédagogie à mener dans notre pays, comme dans la plupart des pays catholiques, où l'économie était considérée comme impure et vulgaire. Cela nous a mis en situation de faiblesse pour affronter les crises économiques et financières. Enfin, il faut absolument s'adapter à la mondialisation et aux révolutions technologiques, organiser le changement... En France, on a peur de la mondialisation, de la concurrence et du progrès technologique car on s'imagine toujours qu'il y a des apprentis sorciers pour nous forger un monde incontrôlable. Or il faut dédramatiser, faire de la pédagogie... A côté de cela, l'économiste est un porteur de mauvaises nouvelles mais la mauvaise nouvelle doit nous rendre plus intelligents.

On vous dit très libéral... Oui et j'assume. En revanche, je ne suis pas un ''ultra'' libéral. On a toujours besoin d'une réglementation stricte, de lignes jaunes à ne pas dépasser.

Comment vous êtes-vous mis au blog ? J'ai démarré ce blog il y a deux ans par affinité avec Internet. Je m'y étais mis il y a 17 ans lorsque TF1 a organisé des formations à ce sujet. Ensuite, mes enfants m'ont aussi appris à perfectionner mon utilisation de l'ordinateur. Aujourd'hui, pour le blog, je m'appuie sur un jeune de 24 ans, Julien Gagliardi. Quand on monte un projet Internet, la relation de pouvoir peut changer : celui qui sait n'a forcément pas le pouvoir ! Ce que j'apprécie, avec le blog, c'est la relation One2One avec l'audience. A la différence de la télévision qui se fonde sur la relation inégale entre celui qui détient le message et celui qui écoute.

Après avoir travaillé dans de grandes structures, est-ce inconfortable de se retrouver dans une TPE (Toute petite entreprise) ? C'est moins confortable qu'une grande entreprise mais plus excitant. Cela me donne la possibilité de connaître le fonctionnement entier de l'entreprise. JMS Prod n'emploie que quatre personnes. Tout le monde se parle. Et nous avançons tous ensemble. Ce n'est pas aisé de faire la même chose lorsqu'on est plus nombreux car il faut instaurer des processus métier.

Avez-vous songé à prendre votre retraite ? Il faut rester en activité le plus longtemps possible. Cela permet de rester en vie. Je ne suis à la charge de personne. Tant qu'il y a des choses qui me passionnent. Tant que je puis être utile. Moi, la retraite, je ne la prendrai jamais !

Votre blog comptabilise 100 000 visiteurs uniques par mois ! Comment avez-vous fait ? D'abord, ce score est récent. Ensuite, il y a la conjonction de deux choses : un travail de fond avec notre fil d'actu, certainement un héritage de mon expérience en télévision. Ensuite, l'excellente activité de Julien sur la toile : il a créé un compte Twitter, deux ou trois comptes Facebook... Je suis sûr que Julien deviendra une star !

Quels sont vos projets ? Développer davantage l'audience de ce blog à 1,5 ou 2 millions de visiteurs uniques sur l'année de sorte à dégager un modèle économique pérenne et rentable. Car, pour l'heure, JMS Prod ne gagne pas d'argent avec le blog mais avec les conférences (environ une cinquantaine par an). On a passé un accord avec la régie publicitaire de Google mais cela ne rapporte que 100 à 150 euros par semaine ! Les autres recettes sont donc des produits dérivés de ma signature. Je cherche encore des idées pour financer l'information. Peut-être sur le terrain du commerce électronique.

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

 

 

 

Le ‘‘Lardon’’ de la semaine

Post-élections…

 



 

 

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Le fil Presse de l’innovation

N°76

29 octobre
2012

Erick Haehnsen,
rédacteur en chef d’
innov24
©
Wilfried Maisy
Edito

Passer du papier à l'électronique... tous les groupes de presse l'ont fait en se ruant sur Internet. Avec son cortège de sites Web, de blogs, de forums, de wikis et de réseaux sociaux. Mais rares sont ceux qui gagnent de l'argent avec le numérique. Avec l'iPad d'Apple et ses alléchantes applications magazines sur le kiosque de l'AppStore, le numérique peut devenir synonyme de recettes sonnantes et trébuchantes. En tous cas, Elisabeth Roman, rédactrice en chef de Science & Vie Découvertes, y croit. Avec une équipe très réduite, elle lance cette semaine Science & Vie Kids, le premier ''iMag'' pour enfants. Preuve qu'il y a encore de la place pour les pionniers. Pour l'instant.

 

Mode d'emploi vidéo :
Actualiser son profil
Consulter les News
Agenda Presse
Enquête collaborative

 

Sommaire

Vie quotidienne
*
La fusion nucléaire dans un appartement
*
Des tirs de plasma pour flinguer les polluants




Business 2 Business
*
Après le eCommerce, le cCommerce
*
Seekube, le nouveau moteur de recherche d'emploi




Management
*
Maisons passives : un suivi d'un an auprès du client

Club des médias
Interview d'Elisabeth Roman, 45 ans, rédactrice en chef de Science & Vie Découvertes qui lance cette semaine Science & Vie Kids, le premier magazine pour enfants sur iPad.

Le ‘‘Lardon’’ de la semaine
par Lardon



A l'Agenda du Journaliste*
L'Agenda des événements de Press d'innov24 est actualisé chaque jour sur le site. Vous voulez connaître les événements de presse à venir ? Abonnez-vous.

 

 

Vie quotidienne

 

ÉNERGIE

 

La fusion nucléaire dans un appartement

 

Julien S., 24 ans, vient de terminer la fabrication artisanale d'un réacteur nucléaire à fusion ''froide'' (à température ambiante) pour produire de l'énergie. Reste à convaincre la communauté scientifique.

 

C'est en glanant des informations sur le Web que Julien S., 24 ans, s'est formé à la fusion froide. À savoir une branche de la recherche nucléaire négligée par la communauté scientifique qui n'y voit que charlatanerie. Principe : obliger deux noyaux atomiques à fusionner à température ambiante plutôt qu'à 150 000 000°C (à l'instar des expériences pratiquées à Cadarache dans le cadre du projet ITER). Le tout dans le but de produire une gigantesque énergie avec une faible quantité d'électricité en entrée... « Demain, on rase gratis », ironise un chercheur du CNRS spécialiste de l'atome, qui préfère rester anonyme. Pourtant, dans une partie de son appartement transformé en laboratoire, Julien assure avoir fabriqué une centrale nucléaire miniature, calquée sur ce principe. « La fusion froide fonctionne ! En voici la preuve », s'exclame l'autodidacte. D'un air convaincu, il enclenche un interrupteur. Dans un vrombissement, la réaction démarre (voir notre vidéo).

 

Intense lumière blanche. Sur la table, un assemblage de fils et de tuyaux renferme un tube à essai. À l'intérieur, de l'eau enrichie en oxyde de deutérium, un dérivé de l'hydrogène, se met à bouillir. « Le récipient est chauffé par le courant électrique domestique », explique Julien S. d'une voix forte afin de couvrir le bruit assourdissant de l'appareil. « J'injecte l'électricité dans le liquide via une électrode en tungstène composée à 2% de Thorium 230 [Une matière radioactive, NDLR]. J'ai acheté ce matériel... sur eBay ! » Rapidement, une boule de feu apparaît dans le contenant. Puis elle se double d'une intense lumière blanche. « La structure atomique du Thorium ''piège'' les atomes de deutérium qui s'agitent sous l'effet de l'électricité. Ne pouvant s'échapper, ils fusionnent. » Soudain, la lumière blanche redouble d'intensité tandis que le liquide en ébullition lâche une gerbe d'éclaboussure. « Voilà la fusion froide ! », s'égosille le scientifique.

 

Production inexpliquée de chaleur. Au risque de s'ébouillanter, Julien plonge un thermomètre dans le tube à essai. Résultat : 108°C. Rien de très impressionnant. Pourtant, à l'intérieur du récipient, le Thorium se met à crépiter et commence à fondre. Signe que sa température interne vient de dépasser 1 750°C ! « Avec le peu d'électricité que j'injecte [125 Watts, NDLR], il est théoriquement impossible de produire autant de chaleur », indique le jeune chercheur. « La réaction n'est donc pas uniquement électrique. » Selon lui, elle n'est pas non plus purement chimique. Reste l'explication nucléaire. « C'est la fusion des atomes de deutérium qui génère cette énergie supplémentaire. » Pour le prouver, le chercheur autodidacte manque de moyens. Mais plus pour longtemps : le laboratoire d'une grande école d'ingénieur se serait engagé à lui ouvrir ses portes une fois par semaine. Là, Julien pourra tenter de valider ses conclusions. Une affaire à suivre qui pourrait faire soit ''Pschitt'' soit ''Boum'' !

© Guillaume Pierre 

 


Un système 10 fois plus puissant en vue « La fusion froide n'est jamais qu'une astuce pour piéger deux atomes et les obliger à fusionner », estime Julien S. Le jeune chercheur ''bricole'' actuellement un transformateur. Le dispositif vise à récupérer la vapeur d'eau issue de la forte chaleur produite par sa réaction. Objectif : faire tourner une turbine afin de produire de l'électricité. « On revient à la vapeur », s'amuse-t-il. Prochaine étape, multiplier par 10 la puissance actuelle de son installation. « Je compte alimenter ainsi tout l'électroménager de mon habitation. »


Note : Cette news peut faire l'objet d'un dossier complet (texte, audio, vidéo et photos). Pour le commander, contacter l'agence TCA-inno24.

 

Photo 1 : Le laboratoire artisanal du chercheur en fusion froide. ©TCA-innov24

Photo 2 : Le début de la réaction. ©TCA-innov24

Photo 3 : Également informaticien, le scientifique s'est programmé un compteur Geiger maison. ©TCA-innov24

 

 

SANTÉ - HABITAT

 

Des tirs de plasma pour flinguer les polluants

 

Le système développé par AirSerenity utilise du plasma froid pour dézinguer les polluants dans l’habitat. Et ce, sans générer de nouveaux polluants contrairement à la photocatalyse. Les premiers appareils de filtration sont annoncés pour 2013.

 

L’air intérieur est 10 à 20 fois plus pollué que l'air extérieur. Si l'on ne fait rien, le nombre de personnes allergiques devrait exploser ces trente prochaines années. D’où l’intérêt que suscitent les systèmes de traitement d’air. A commencer par le procédé conçu par AirSerenity, une spin-off du laboratoire de physique des plasmas (CNRS) hébergée par l’école Polytechnique de Palaiseau. Tout juste lauréate du concours Creacc Paris Île-de-France 2012, cette start-up créée cette année se prépare à lancer en 2013 un système inédit pour débarrasser notre habitat des micro-organismes, particules fines, COV (Composés organiques volatiles) et autres polluants.

Piège minéral. A la tête de l’entreprise, Joseph Youssef, un ancien doctorant du laboratoire de physique des plasmas de Palaiseau a phosphoré pendant deux ans sur ce dispositif. Son appareil haut de 60 centimètres aspire l’air en continu afin d’attirer les polluants dans une cartouche contenant des matériaux poreux. Ce piège minéral est alors traversé par un tir nourri de plasma froid qui va oxyder et détruire les polluants, tout en régénérant les éléments de la cartouche de filtration. Le dispositif, breveté en France et à l’étranger, viendra concurrencer les systèmes de traitement d’air par photocatalyse. Une technologie d’ailleurs mise à mal par une étude menée par l’Observatoire de la qualité de l’air. « Selon ses experts, ce procédé générerait dans les logis des sous produits plus dangereux que les polluants eux-mêmes », rapporte Alexandre David, un des trois cofondateurs d’AirSerenity.

 

Pas de pollution générée. Ces derniers ont demandé au laboratoire des Mines de Douai de tester leur procédé. « Les résultats ont montré que nous ne produisions aucune pollution en sortie », poursuit le cofondateur de la startup qui a fait appel à une agence en éco-conception. Résultat, l’appareil sera conçu avec des matériaux respectueux de l’environnement, facile à assembler par des personnes handicapées et peu gourmand en énergie. Soit 20 W minimum sachant que l’appareil sait adapter sa vitesse de traitement en fonction de la quantité de polluant détectée dans l’air.

 

Levée de fonds en vue. Facile à déplacer d’une pièce à l’autre, cet appareil aura une capacité de traitement de 300 m3/h et sera vendu 1 000 euros. Quant à la cartouche, elle sera vendue 60 euros pour une durée de 6 mois. « Dans un second temps, il est prévu de proposer un module qui s’intégrera à des systèmes de ventilation centralisés », prévoit le cofondateur d’AirSerenity qui se prépare à une première levée de fonds pour lancer l’industrialisation et la commercialisation de ses appareils.

© Eliane Kan 

Photo : Le plasma froid détruit les polluants et régénère la cartouche.© Air Serenity

Photo : L'équipe d'AirSerenity, de gauche à droite Alexandre David, Joseph Youssef, Arslane Kechar. © Air Serenity


 

Business 2 Business

 

COMMERCE

 

Après le eCommerce, le cCommerce

 

Le commerce électronique et la vente traditionnelle disparaissent au profit d’un nouveau mode d’achat qui marie mobilité, information, comparaison et visite en magasin.

 

Pour s’informer, comparer, choisir, il n’y a rien de tel que le web. Mais pour toucher, prendre possession ou échanger un produit... la boutique reste incontournable. Demain tous nos achats devront, à un moment où à un autre, passer par une étape Web et boutique. Cette nouvelle révolution sonne la fin du eCommerce pur et dur tel qu’on le pratique depuis 10 ans. C’est aussi la fin d’un certain commerce traditionnel. Sous la pression des ''mobiconsommateurs'' qui usent et abusent de leur smartphone, un nouveau modèle de vente émerge : le cCommerce ou ''commerce connecté''.

 

Surfer depuis le magasin. « Les professionnels de la distribution classique testent déjà différentes approches », explique Marc Lolivier, délégué général de la Fevad (Fédération du eCommerce et de la vente à distance). Monoprix ou les boutiques Petit Bateau diversifient les canaux et les catalogues, usent des réseaux sociaux, y proposent des conseils, des événements, des réductions. Lapeyre ou Décathlon déclinent les sources de commande via le Web, sur mobile ou tablette, installent des PC ou des Mac en magasin. Les plus connectés, la Fnac ou Darty, font du ''Web to Store'' et délivrent les commandes Web en magasin ou en point relais. Côté e-Commerçants, on inverse la tendance : Grosbill et LDLC possèdent déjà quelques boutiques en dur. Pixmania va ouvrir une centaine de magasins en Europe pour commercialiser une sélection de produits immédiatement disponibles. La commande se fait via le site, sur smartphone, téléphone ou sur place. Rien qu'on n’achète plus rien sans consulter le Web. Selon Médiamétrie, en 2012, 35% des mobinautes ont déjà surfé dans le magasin : un gros tiers pour comparer le prix d’autres enseignes, un tiers pour géolocaliser les concurrents, un petit tiers pour montrer le produit au vendeur. Mieux : 56% des internautes ont déjà déposé leur avis sur un produit dans un réseau social, 66 % les consultent avant d’acheter et 88% disent avoir été influencé par les réseaux sociaux.

 

Retourner en boutique. Le dernier enjeu est de faire venir l’internaute dans le lieu de vente. Les idées ne manquent pas. Groupon, eBuyclub et bien d’autres sites d’achat groupés vendent des prestations de boutique (massage, bronzage...). Rosedeal, proposé par Vente-privée, vend en ligne des bons d’achat à 20 ou 30 euros, valables en magasin pour 50 euros auprès des grandes enseignes comme Go Sport, Quick ou Carrefour. Lesquelles rentabilisent l’opération en incitant le consommateur à dépenser davantage lors de sa venue. Tous les grands distributeurs plongent. Voila pourquoi Auchan contrôle Grosbill, Casino dirige Cdiscount et Altarea-Cogedim a racheté Rueducommerce. Désormais on vient aussi en boutique pour l’atmosphère, toucher le produit, l’avoir tout de suite. Pas pour hésiter, comparer, lire une notice ou … chercher un vendeur. En témoigne la réussite des Applestore, de certains espaces téléphonie ou des boutiques Nespresso.

© Hubert d’Erceville

Photo : Marc Lolivier, délégué général de la Fevad (Fédération du eCommerce et de la vente à distance). © D.R.

 

 

EMPLOI

 

Seekube, le nouveau moteur de recherche d'emploi

 

A l’instar d’un Meetic pour l’emploi des jeunes diplômés, ce site offre une interface ludique sous la forme d'un cube en 3D qui vise à favoriser la rencontre entre les étudiants, les jeunes diplômés et les recruteurs.

 

Vous cherchez à embaucher un stagiaire ou un jeune diplômé ? Plutôt que d’empiler des CV sans grande valeur ajoutée, rendez vous sur le site Seekube.com. Ce faiseur de rencontres jette une passerelle entre les étudiants ou jeunes diplômés et les entreprises. « Depuis l’ouverture de notre plate-forme il y a quelques semaines, nous comptons 2 500 étudiants inscrits provenant de 500 écoles de rang A et B », recense Paul Cassarino, le directeur général et commercial de The Cube, la société qui opère le site. Le jeune opérateur espère atteindre la barre des 8 000 inscrits en fin d’année et 40 000 à l’été 2013. Son arme de séduction ? une interface ludique et des outils adaptés pour rechercher, attirer et séduire les meilleurs profils.

 

Cube personnalisable. Pour développer son audience, le site s’appuie sur des ''ambassadeurs'' qui sont à pied d’œuvre dans une centaine d’écoles. Et, surtout, il mise sur le caractère ludique de son interface : les étudiants et les entreprises créent leur propre site vitrine qui sera visualisé sous la forme d’un cube 3D. Chacune des facettes étant personnalisable avec des textes et des images, les entreprises pouvant même communiquer avec des vidéos. On s’en doute, le contenu publié est analysé par Seekube de manière à ce que les profils des candidats coïncident avec la demande des recruteurs. Comme sur Viadeo ou Linked in, le site recommande des profils qui correspondent le mieux aux attentes des candidats ou aux besoins des entreprises. Dès lors, plutôt que de bailler devant d’indigestes CV, les responsables RH font tournoyer des cubes afin de découvrir les candidats sous toutes les coutures (parcours universitaire, centres d’intérêts, expériences, etc)

 

Abonnement à 2 000 euros. . L’approche fait d’ailleurs mouche. « Nous venons d’organiser une soirée étudiante avec Dior Couture et Dior Parfum », jubile le jeune homme qui a signé avec plusieurs grands noms du CAC 40 et de grosses PME. « Notre modèle économique est simple : l’inscription est gratuite pour les étudiants tandis que les entreprises paient un abonnement annuel de 2.000 euros minimum, hors remises discount qui peuvent aller jusqu’à - 40%, » indique Paul Cassarino. Créée en 2011 et hébergée dans l’incubateur de Sciences Po, The Cube regroupe une dizaine de collaborateurs dont quatre informaticiens. Pour financer ses développements, la startup a levé 400 000 euros auprès de Business Angels. Signe que le site devrait rapidement trouver son plein emploi.

© Eliane Kan


 

Management

 

FINANCEMENT

Maisons passives : un suivi d'un an auprès du client

 

Les constructeurs de la FFCMI (Fédération française de constructeurs de maisons individuelles) s'engagent à suivre les occupants des maisons passives haute performance. Objectif : les aider à apprivoiser leur habitat.

 

En novembre, de nouvelles normes pour l'efficacité énergétique des bâtiments devraient sortir. Citons HPE et THPE (Hautes et Très hautes performances énergétiques), dérivées de la réglementation thermique RT 2012. Progressivement, tous les utilisateurs de maisons individuelles devront apprendre à vivre dans ces nouveaux habitats. Car utiliser une maison qui ne consomme que 50 kWh/m²/an n'est pas si simple. A fortiori si la maison ne consomme que 15 kWh/m²/an (ce qui va au-delà de la RT 2012) comme le prévoit le projet expérimental la FFCMI (Fédération française de constructeurs de maisons individuelles) qui porte sur 4 maisons à énergie passive. 

 

Culture de la performance énergétique. Face à ce défit, la FFCMI met en place une formation destinée aux nouveaux occupants. « L'idée c'est de transmettre une culture de la performance énergétique », précise Philippe Guenot, chef de projet à la FFCMI qui a réalisé le cahier des charges des maisons expérimentales.  Nous cherchons par exemple à convaincre les occupants à fermer leurs volets la nuit pour conserver la chaleur à l'intérieur. Ou encore à éviter de ramener chez eux des meubles bas de gamme qui vont dégazer des COV [Composés organiques volatiles, NDLR] pendant 5 ans... » En pratique, ce sont les constructeurs eux-mêmes qui assureront ce ''coaching''. Cependant, il n'y a pas de tronc commun : chaque constructeur organise sa formation comme il le souhaite. Toutefois la fédération leur impose de rendre visite à l'habitant tous les 2 mois.

 

Hot line pour équipements expérimentaux. Par ailleurs, en dehors de la garantie décennale, chaque maison bénéficie d'une garantie supplémentaire de 2 ans. Pendant ce laps de temps, les usagers peuvent téléphoner à leur constructeur à tout moment afin de résoudre d'éventuels problèmes. Dans près de Troyes (Aube), par exemple, une des maisons comporte un dispositif expérimental de ventilation double-flux couplé à une pompe à chaleur. Avantage : la maintenance est gratuite. Inconvénient : des pannes à répétition. « Dans ce cas précis, l'usager est directement en contact avec le fabricant des deux technologies », indique Serge Sot, patron de la société Une maison pour la vie qui a construit la maison auboise.

© Guillaume Pierre

Photo : Philippe Guenot, chef de projet à la Fédération française de constructeurs de maisons individuelles. © FFCMI

 

Club des médias

« Difficile de prévoir le volume de recette que nous atteindrons »

Interview d'Elisabeth Roman, 45 ans, rédactrice en chef de Science & Vie Découvertes qui lance cette semaine Science & Vie Kids, le premier magazine pour enfants sur iPad.


 

Quel a été votre parcours ? J'ai fait une maîtrise de science physique à l'université de Nice. J'ai eu vent d'une formation de journaliste scientifique à Paris, à l'ICST (Information communication scientifique et technique). Ensuite, j'ai travaillé à Canal J où j'ai été rédactrice en chef du programme scientifique de l'émission Atomes crochus. Puis j'ai monté ma société à l'époque de la ''bulle internet'', Canal Zap, le premier guide des émissions TV en streaming sur le net. A l'époque, la France était un des rares pays où autant de chaînes TV sur le Web s'étaient créées. En revanche, l'ADSL n'était pas assez répandu et bien des chaînes TV ont mis la clé sous la porte. Donc ma société s'est arrêtée aussi. En 2002, je suis devenue rédactrice à Kid Paddle. Depuis 6 ans, je travaille à Science & Vie Découvertes dont je suis rédactrice en chef.

 

Pourquoi vous spécialiser sur le créneau de la science pour les enfants ? Chez moi, je ne regarde pas spécialement les émissions scientifiques mais j'ai une certaine facilité à comprendre. Ensuite, pourquoi les enfants ? Pas parce que j'adore particulièrement les enfants – chacun de nous en adore certains et pas d'autres. Mais c'est très amusant de travailler pour ce public - peut-être est-ce égoïste de ma part ! En effet, nous faisons du décryptage, de la connaissance. Science & Vie Découvertes est plus un magazine de connaissance qu'un magazine de science. Nous y traitons de l'actualité. Par exemple du saut à plus de 38 000 mètres d'altitude de l'Autrichien Felix Baumgartner. Je n'ai pas d'enfant. Je n'ai donc pas une réflexion de parent. Nous nous adressons aux enfants comme si nous étions des enfants. Nous n'avons aucun tabou d'adulte. En cela, nous nous démarquons de nos concurrents car nous avons cette liberté-là.

 

Comment en êtes-vous venue à lancer un iMag (magazine sur iPad) ? Je suis un peu Geek sur les bords ! Il y a deux ans, lorsque j'ai eu cet appareil entre les mains, je suis tombée parterre ! J'ai été fascinée. C'est un instrument cher, acheté par les parents mais les enfants se l'approprient. Désormais, il n'est plus de rare de voire un iPad pour les parents et un autre pour les enfants. En 2011, l'iPad a été le premier achat pour les moins de 12 ans. C'est devenu un objet obligatoire. Nous avons fait deux essais d'iMag, en décembre 2011 et en avril 2012 afin de tester les technologies de mise en page. A savoir celle d'Immanens et d'Aquafadas. Il y a encore 18 mois, lorsqu'un magazine voulait aller sur l'iPad, il lui fallait passer par des développeurs. Puis sont arrivés les plugins pour InDesign.Après deux ou trois jours d'utilisation, chacun sait rajouter, des vidéos, des diaporamas, des scrolls à droite ou à gauche. Au final, nous avons adopté l'outil d'Aquafadas pour iPad. Pour l'instant 65% des gens utilisant des tablettes tactiles on un iPad. Mais si cette terndance change, nous changerons aussi.

 

Est-ce vital de passer en iMag ? Oui. Avec Internet, la presse papier n'a pas fait recette. Par le biais du kiosque de l'AppStore d'Apple, l'information n'est plus gratuite. Grâce à l'iPad, la presse écrite revient dans le payant. D'ailleurs, c'est pour cette raison que tous les groupes de presse se ruent vers l'iPad.

 

Aviez-vous réalisé une étude de marché ? Non. Nous avons réduit nos coûts autant que possible. Comme nous sommes pionniers sur notre secteur, il est difficile de prévoir, malgré nos deux numéros d'essai, le volume de recette que nous atteindrons. A partir 31 octobre, Science & Vie Kids sera un iMag mensuel à 3,99 euros le numéro pour 12 n° par an. Il y aura 25 à 30 articles par numéro. Le contenu ne sera pas exactement la même chose que celui du magazine papier. De plus, comme les enfants grandissent, je peux également réutiliser des articles qui ont été déjà été publiés. A condition, bien sûr, de revisiter la mise en forme.

 

Quelles règles avez-vous mises en place pour votre iMag ? Tout d'abord, faire attention au fait que le lecteur est perdu. Avec le papier, on sait où sont le début et la fin d'un article ou du numéro. Pas avec l'iMag. Du coup, nous avons élaboré un mode d'emploi. Ensuite, nous avons essayé de ne faire qu'une seule règle : flèches, encadrés, ronds... l'enfant ne touche l'écran pour naviguer que lorsque c'est orange. C'est un repère important qui évite d'avoir une maquette trop stylisée que le lecteur ne comprend pas. Enfin, lorsqu'on arrive à la fin de l'article, il faut ne pas oublier de mettre ''fin''. A côté de cela, avec l'iPad, la navigation n'est plus linéaire mais en croix. On peut descendre dans la page mais aussi aller à gauche ou droite. Pour que le lecteur s'y retrouve, il y a un chemin de fer visuel qu'il peut appeler à n'importe quel moment. La notion d'iMag est encore très nouvelle. Que l'on soit Américain ou Français, nous sommes est tous des inventeurs.

 

Pour les vidéos, vous avez des Journalistes reporters d'image ? Nous insérons environ dix vidéos par numéro. Soit une vidéo pour deux ou trois articles. Comme je viens de la télé, la vidéo, c'est important pour moi. Cependant, nos moyens sont limités. Du coup soit nous faisons les vidéos nous-mêmes. A cet égard, une de nos journaliste a été formée. Elle utilise une caméra basique et monte ses films sur son ordinateur. D'ailleurs, elle fait de belles choses. Ensuite, notre iconographe se charge à dorénavant de chercher des vidéos. A côté des vidéos, nous mettons aussi des sons. Nous faisons également des animations avec, par exemple, un personnage qui explose. Autre exemple, pour le plus grand chien du monde, nous faisopns grandir un chien. A côté, nous ajoutons une flèche qui atteint 1,12 m.

 

Comment trouvez-vous vos idées ? Nous sommes une petite équipe, la maquettiste, le chef de rubrique, l'iconographe, la secrétaire de rédaction et moi. Chacun de nous connaît bien le logiciel. Pour les brain stormings, c'est pratique. A partir de là, nous avons calé les animations de nos rubriques afin de ne pas avoir à réinventer la roue a chaque numéro. Par exemple, pour la rubrique Actu, nous avons 4 news, dont une vidéo et un truc qui grandit...

 

La fin du papier est-elle proche ? Je ne sais pas mais la presse écrite et la presse magazine va vers l'iMag. Il restera encore sûrement des choses très luxueuses sur papier. Mais la tendance sera comme pour la musique. Après le CD, le MP3. On revient rarement en arrière.

 

Comment comptez-vous atteindre la rentabilité ? Nous n'en avons aucune notion. Une chose est sûre. Les tarifs iMag sont bien moins chers que les tarifs papier. Ensuite, comme la diffusion est mondialisée sur le kiosque de l'AppStore, nous risquons d'être moins faciles à trouver... Il n'empêche. Comme le papier est en perte de vitesse, se retrouver sur un endroit où notre contenu peut se vendre est une chance. C'est important car l'essentiel de nos recette provient, déjà sur le magazine, de la vente de contenus. Avec l'iMag, nous gardons la même logique.

 

Côté recettes pub, sur quelle base vous appuyez-vous ? Aujourd'hui, l'OJD intervient bien sûr sur le papier mais aussi sur le format PDF lorsque le magazine numérique est identique au magazine papier. En revanche, avec une vraie application iMag, l'OJD ne fonctionne plus. Du coup, certains rajoutent le PDF à leur application iMag. Il va falloir que cela vienne car nous avons besoin de nous mesurer à nos concurrents.

 

Est-ce que cela a été drôle de faire l'iMag ? Oui ! J'avais participé à l'internet des années 90-2000. Mais avec la tablette, je prends beaucoup plus de plaisir ! Avec le papier, beaucoup de gens ont la maîtrise de la maquette. Avec l'iMag, on défiche. On se sent vraiment faire partie des pionniers.

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

Photo 1 : Elisabeth Roman (à droite) et son équipe. © D.R.

 


 

 Le ‘‘Lardon’’ de la semaine

Qui Mali pense…

 


 


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Le fil Presse de l’innovation

N°75

20 octobre
2012

Erick Haehnsen,
rédacteur en chef d’
innov24
©
Wilfried Maisy
Edito

En France, chercher à financer sa startup est une activité étrange. Sur ce terrain, il y a tellement d'institutions qu'on parle d'un ''mille-feuille''. Dernière couche en date, la dizaine de Satt (Sociétés d'accélération du transfert de technologie), dotée d'un milliard d'euros ! Combien dans la poche des startups ? Mystère. Même chose pour les startups de la presse. Bruno de Latour, vrai briscard du journalisme, a vu tous ses dossiers retoqués par Oseo. Pourtant, organiser la visite des chantiers de construction en utilisant des Webcams, c'est loin d'être banal. Il serait temps que les financiers fassent confiance à nos innovateurs.

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Agenda Presse
Enquête collaborative

Sommaire

Vie quotidienne
* Un ciment biodégradable pour bétonner les os


Business 2 Business
* Combler les failles des sites Web
*
Vos déchets métalliques valent leur pesant d'or


Management
* Innovation : le syndrome français du ''mille-feuille''
*
Aider les TPE-PME des secteurs à évaluer leur marché et adapter leur offre

Club des médias
Interview de Bruno de Latour, 60 ans, directeur de la publication de Domotique News, la plus ancienne revue mensuelle sur les technologies numériques au service de l'habitat et du tertiaire.

Le ‘‘Lardon’’ de la semaine
par Lardon



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Vie quotidienne

SANTÉ

Un ciment biodégradable pour bétonner les os

Reconstituer un os micro-fracturé en injectant un ciment réparateur est devenu monnaie courante. Mais, comme le ciment reste dans l'os, la cicatrisation complète a du mal à se faire. D'où l'intérêt de ce matériau biodégradable qui a réclamé à six laboratoires trois ans de recherche.

Un Français sur trois devrait avoir 60 ans ou plus en 2050 - contre un sur cinq en 2005, selon l'Insee. Parmi les conséquences de ce vieillissement, le nombre de micro-fractures ou de défauts osseux devrait considérablement augmenter. D'où l'intérêt de la ''cimentoplastie'' qui consiste à injecter à l'aide d'une seringue dans l'os fissuré un ciment capable de simuler l'apatite, à savoir la matière minérale qui constitue le squelette, afin de soutenir l'os pendant sa guérison. Problème : les ciments qui existent sur le marché peinent, pour la plupart, à être entièrement dégradés par l'organisme.

Sortie en 2014. « Le corps étranger reste dans l'os et l'empêche de se reconstituer. Du coup, la fracture ne cicatrise pas entièrement », explique Sylvaine Jacquart, ingénieure-doctorante à l'institut Carnot- Cirimat (Centre inter-universitaire de recherche en ingénierie matériaux) de Toulouse, un des six laboratoires de recherche qui collaborent à ce projet – c'est dire l'importance de l'enjeu. Objectif : développer une substance qui se dégrade mieux. « Nous enrichissons notre ciment en carbonate de calcium », résume la scientifique. «Tous les tests montrent que ce composant se détériore très rapidement dans l'organisme. » En fonction du volume injecté, le temps de résorption de ce matériau devrait être réduit en moyenne à 6 mois. Après 3 ans de recherche, ce ciment devrait être commercialisé début 2014 par une PME française spécialisée dans la réparation osseuse. Les applications sont attendues en chirurgie maxillo-faciale (dentition), orthopédique et spinale (liée à la colonne vertébrale). Pour l'heure, les tests se poursuivent.

© Guillaume Pierre

Photo 1 : Nouveau ciment biomimétique injectable dans une cavité osseuse à combler, qui permet d’alléger l’intervention chirurgicale et d’améliorer le confort du patient. © D.R.
https://fbcdn-sphotos-c-a.akamaihd.net/hphotos-ak-snc6/230917_4179232753794_2041698579_n.jpg
Photo 2 : Le 8 octobre, Sylvaine Jacquart, doctorante à l’INP Toulouse, a reçu une Bourse pour les femmes et la science (L’Oréal-Unesco), dans le cadre de ses travaux de recherche.
© D.R.


 

Business 2 Business

SÉCURITÉ INFORMATIQUE

Combler les failles de sécurité des sites Web

Dans une écrasante majorité, les sites Web des entreprises sont truffés de failles de sécurité. De vraies passoires pour les pirates ! Les choses pourraient changer grâce à AGS qui lance un service d'audit automatique 250 euros.

« Nous avons audité la boutique électronique d'une très grande enseigne. Résultat : plus de 700 failles de sécurité ! », rapporte Thierry Cossavella, le directeur d’AGS (Athena Global Services), un cabinet spécialisé dans la sécurité des systèmes d'information. Bien sûr, cette enseigne a réalisé un audit de sécurité avant de procéder aux corrections qui s'imposaient. Reste une question : si les sites Web ''gros poissons'' sont truffés de failles, qu'en est-il de ceux des TPE-PME ?

Manque de sécurité en conception. « Les attaques de sites Web comptent parmi les premières menaces car ils sont très peu protégés. Du pain béni pour les pirates ! », s'enflamme Thierry Cossavella. Les TPE-PME pensent qu'elles sont trop petites pour intéresser les malfaiteurs. Erreur : la majorité des attaques vise à ''squatter'' leurs sites Web. Par exemple pour y héberger clandestinement un serveur de Phishing (hameçonnage) ou des photos pédo-pornographiques... « Presque tous les serveurs sont des proies potentielles. La raison ? « Les développeurs de sites Web font du design. Ils n'ont pas été formés pour développer un site tout en sécurisant le code », explique le patron d'AGS. Or les failles proviennent en priorité du logiciel de publication sur Internet (CMS : Content Management System) qui constitue la colonne vertébrale du site ; ainsi que des développements spécifiques autour du CMS.

Service automatisé. Jusqu'ici, les exploitants de sites Web se sont adressés à des cabinets spécialisés qui, grâce à des outils sophistiqués, réalisent des audits de sécurité informatique. Une opération qui peut coûter plusieurs milliers d'euros. AGS, qui a fait la même chose, vient de lancer WebSure Essential, un service Web qui industrialise l'audit de sécurité des sites Web pour à peine 250 euros. On achète une licence (valable pour un seul test), on active la licence et on lance le test. Une heure à un jour plus tard, on reçoit par mail un rapport de synthèse (pour le dirigeant d'entreprise) et un rapport détaillé (pour le développeur) qui liste toutes les failles. Précision : les deux rapports sont en anglais. A côté de ce produit d'appel, AGS commercialise une version à 500 euro qui offre des rapports en français. Ainsi qu'une version (800 euros) qui indique précisément à quelles lignes de code se trouvent les failles et avec quelles méthodes les combler. Une chose est sûre : les agences Web pourront développer leurs sites en veillant à la sécurité sans se ruiner.

© Erick Haehnsen

Photo  : Thierry Cossavella, directeur d'AGS. © D.R.

 

COMMERCE

Vos déchets métalliques valent leur pesant d'or

 L'application Métaux-Compare pour iPhone et Android met en relation les acheteurs de métaux et les fournisseurs qui veulent se débarrasser de leurs déchets métalliques tout en arrondissant leurs fins de mois. 

Avec sa future App, le site Métaux-Compare ouvre aux artisans électriciens, plombiers, et autres professionnels de nouveaux débouchés pour revendre leurs ferrailles, chutes de plomb, d'aluminium ou de cuivre. Des métaux qui peuvent valoir leur ''pesant d'or''. Par exemple, le cours de revente du cuivre Millberry peut atteindre 5 euros/kg, voire plus auprès des récupérateurs de métaux également appelés ferrailleurs. Une aubaine pour les artisans du bâtiment qui peuvent se retrouver avec quelques dizaines de kilos de métaux ferreux ou non ferreux. D'où l'intérêt de l'application smartphone Métaux-Compare qui va être prochainement lancée en France par le site éponyme avant de s'étendre au Royaume-Uni, en Allemagne et en Belgique. 

500 acheteurs référencés. « A condition d'avoir téléchargé l'application sur leur mobile (iPhone ou Android), il suffira de se géolocaliser pour identifier les récupérateurs de métaux situés dans un rayon de 40 kilomètres et consulter les tarifs de rachat », résume Gilles Robert, cofondateur du site Métaux-Compare.fr lancé en novembre 2011. Premier du genre, ce service de mise en relation localise 500 acheteurs. « Une quarantaine affiche leurs prix de rachat afin de gagner en visibilité sur notre site », indique Gilles Robert qui facture son service 1 800 euros par an aux recycleurs. Une profession où les acteurs se livrent à une concurrence acharnée car leur activité de rachat tend à baisser du fait de la législation. Laquelle les oblige depuis août 2011 à payer leurs fournisseurs non plus en espèces mais par chèque ou virement bancaire. Une législation spécifique à la France.

© Eliane Kan

© Photo 1 : Gilles Robert, cofondateur du site Métaux-Compare.fr

 


 

Management

FINANCEMENT

Innovation : le syndrome français du ''mille-feuille''

Malgré un grand nombre d'organismes publics pour accompagner l'innovation, les startups éprouvent de vives difficultés à se financer. L'espoir pourrait venir de l'Open Innovation. A condition que les ''gros'' s'intéressent aux ''petits''... Chronique de Philippe Youkharibache.

Un véritable mille-feuille ! C'est, en ces termes, que se décrivent les institutions qui accompagnent l'innovation en France : pôles de compétitivité, incubateurs privés et publics, Investissements d'avenir, organismes de valorisation de la recherche. Tout récemment, la famille s'est agrandie avec les 10 Satt régionales (Sociétés d'accélération de transfert de technologie) et leur budget d'un milliard d'euros ! En dépit de ces nombreux organismes (et de leurs enveloppes), les startups sont pourtant à la peine ! Où sont ces milliards ? Comment innover, se lancer sur le marché et développer nos entreprises de santé ?

Financements sous-dimensionnés. Telles furent les questions qui se posaient lors de la conférence ''Innovation en santé'', organisée à Paris le 9 octobre dernier par Les Echos. En effet, la situation des startups de santé n'est guère florissante. « Les effectifs des 322 entreprises de biotechnologies ne dépassent pas, dans 80% des cas, les 30 employés », comptabilise André Choulika, président de France-Biotech qui regroupe une bonne part des acteurs du secteur. Quant à leur chiffre d'affaires, il plafonne, en moyenne, à 2 millions d'euros pour 1 million de dépenses en R&D. Or, pour se développer, une entreprise de biotechnologie ou de ''Medtech '' doit lever une centaine de millions d'euros sur 5 à 10 ans. « Pour construire une industrie des Biotech, il faudrait investir des milliards d'euros ! », poursuit André Choulika. Certes, certaines startups tirent leur épingle du jeu, à l'instar de  Mauna Kea Technologies qui a levé 100 millions dont 56 millions en Bourse.

Open Innovation. L'espoir le plus tangible proviendrait de l’Open Innovation. A savoir le partage des risques et des résultats de R&D entre partenaires - qu’ils soient publics ou privés. A cette fin, l’État a d’ailleurs favorisé la création de nouvelles structures de recherche, les Instituts Hospitalo-Universitaires (IHU). Une couche supplémentaire dans le mille-feuille ? Citons l’ICM (Institut du cerveau et de la moelle épinière) qui a été doté de 100 millions d'euros - dont 57 millions pour la construction de ses bâtiments à l'Hôpital de la Salpêtrière. Au sein de cet IHU, Marie Sarazin, neurologue, et Céline Bouquet, de l’Institut de recherche Roche de recherche et médecine translationnelle, mènent une collaboration de recherche sur la maladie d’Alzheimer. Quid d'une ouverture en faveur des startups ? Pas de réponse... Autre voie pour l'Open Innovation, ouverte par Sanofi, l'investissement dans une startup. En l'occurrence, il s'agit d’un spinoff de Harvard, Warp Drive Bio, qui opère dans un domaine risqué : une plate-forme de génomique pour développer des molécules ''naturelles''. L’investissement laisse pantois: 125 millions de dollars avec une option pour acquérir tout le capital de la société pour plus d'un milliard de dollars. C'est le rêve de n'importe quelle startup et capital-risqueur. Dommage que Sanofi boude les startups tricolores.

Docteur es Sciences physiques, spécialisé en bioinformatique, Philippe Youkharibache est également entrepreneur. Il a monté plusieurs startups en Californie (Accelrys, Inpharmatics...). 

 

MARKETING

Aider les TPE-PME des secteurs à évaluer leur marché et adapter leur offre

 

Capable de booster n'importe quelle activité, le marketing reste méconnu des TPE-PME. Surtout dans les secteurs sinistrés. Certaines entreprises en auraient pourtant bien besoin... Pour les y aider, le ministère du Redressement productif multiplie les initiatives.

 

Dans la tourmente de la crise économique, de nombreuses TPE-PME battent de l'aile. Peut-être parce qu'elle méconnaissent les miracles du marketing : l'analyse du marché, la recherche de prospects, l'optimisation de l'offre et la communication. Pour renverser la tendance, le ministère de l'Industrie cherche, depuis 2009, à convertir les TPE-PME des secteurs les plus sinistrés. Et la DGCIS (Direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services) leur a concocté un plan d'action qui est en train de se déployer.

Formation sur-mesure. La DGCIS a d'abord mené une expérimentation, récemment terminée, auprès de 16 entreprises dans 3 secteurs : le transport, la bijouterie et l'industrie des façonniers de l'habillement du luxe. La première année, les TPE-PME ont bénéficié de réunions collectives d'information sur le marketing, animées par des consultants spécialisés. La seconde année, les-mêmes consultants se sont déplacés au sein des entreprises afin de travailler des points spécifiques de manière individuelle. Objectif : mettre en place des outils opérationnels, par exemple, un site Web. Fait révélateur : beaucoup n'en avait pas ! « Dans le cadre de la décentralisation, les régions organiseront les prochaines expérimentations », souligne Hélène Guillemet, qui pilote le projet à la DGCIS.

Pas de eLearning. En parallèle, le ministère a commandé la réalisation d'un blog d'information à l'Adetem (Association des professionnels du marketing), MarketingpourPME.org. Les utilisateurs y trouveront des fiches organisées par thématiques (étudier son marché, fidéliser les clients, élaborer une campagne de mail). Fréquentation du site : 6 000 visiteurs uniques par mois. Très honorable. Reste que certains trouveront l'ensemble ennuyeux. Il n'y a pas de parcours individualisé ni de point d'étape. Bref, dommage de passer à côté de l'interactivité numérique à l'heure du eLearning ou du Serious Game.

Annuaire de prestataires. La DGCIS planche maintenant sur une troisième initiative. À savoir, un annuaire de professionnels du marketing triés sur le volet qui sortira début 2013. « Pour être référencés, les consultants devront signer une charte de bonnes pratiques », reprend Hélène Guillemet. « Il faudra également débourser une certaine somme, pas encore définie. » En outre, un système de notation par les utilisateurs mettra en vedette les meilleurs professionnels. Quant aux autres, en cas de faute, ils seront contactés par l'Adetem et pourront perdre leur place dans l'annuaire. Enfin, la DGCIS vient de lancer une étude statistique pour savoir combien coûtent les actions-type en marketing et quelles performances les TPE-PME peuvent en attendre. Une chose est sûre : cet arsenal va être mis à l'épreuve du feu.

© Guillaume Pierre 

Photo : Hélène Guillemet, chef du bureau à la sous-direction de la Mode, du luxe, des biens de consommation et du design (ministère de l'Industrie). © TCA-innov24

 

Club des médias

« Je continue de vouloir innover dans nos métiers »

Interview de Bruno de Latour, 60 ans, directeur de la publication de Domotique News, la plus ancienne revue mensuelle sur les technologies numériques au service de l'habitat et du tertiaire.

Quel a été votre parcours ? J'ai fait un DEA de marketing à Dauphine avant de me lancer dans la presse. J'ai commencé au Quotidien de Paris dans les années 70 où j'écrivais des critiques littéraires. Ensuite, j'ai participé avec Bernard Pivot et Pierre Boncenne à la création de la revue Lire. J'ai travaillé dans d'autres revues comme Les Nouvelles Littéraires, La Quinzaine Littéraire. J'ai fini par m'ennuyer. Je suis alors entré au magazine Le Point, qui était en train de démarrer, où j'ai travaillé pendant 4 ou 5 ans à la rubrique Futur animée par Daniel Garric et à la rubrique Société. Vers 1982 ou 1983, je suis entré à la rubrique Économie au quotidien Le Matin de Paris, créé par l'équipe de Claude Perdriel (patron de l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur). J'ai participé au lancement de Matin Magazine. Cela a été un grand basculement pour moi. On m'a attribué la rubrique Video Life, à savoir 24 pages par semaine ! J'ai vécu le développement de la vidéo, des jeux vidéo et de l'informatique grand public dans la société française.

Vous êtes passé de la machine à écrire à l'ordinateur... Oui. Je suis passé de ma machine Olympia qui faisait ''cling'' à la fin de chaque ligne au Lisa, le premier ordinateur d'Apple, puis à l'Apple III. Grâce à cette machine, mon activité de journaliste a explosé. A côté de mon salaire au Matin, j'avais 20 bulletins de paie par mois ! J'étais sans cesse en reportage, notamment au CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas. J'ai rencontré Steve Wozniak et Steve Jobs, cofondateurs d'Apple. Ainsi que Nolan Bushnell, un des inventeurs du jeu vidéo. Un jour le patron de Science et Vie m'a appelé pour me faire participer au lancement du magazine Science & Vie Micro. Ce fut un grand succès mais aussi une grande déception pour moi car, lors du lancement (240 000 exemplaires qui se sont arrachés), j'étais coincé par une grève à Washington où IBM m'avait invité au lancement du premier ordinateur grand public embarqué dans une navette spatiale !

Comment en êtes-vous venu à la Domotique ? Après avoir suivi la grande vague de la vidéo et celle de l'informatique grand public, j'ai eu l'intuition, en 1983, qu'on allait assister à la convergence des technologies, à la rencontre entre le son, l'image, les données informatiques, le confort, la sécurité, les loisirs, dans la maison, la domus (''maison'' en latin). J'ai alors introduit en France le terme Domotique et fondé, en 1984, l'APMF (Association pour les maisons du futur) avec trois autres personnes. Sept ans plus tard, nous étions 4 000 membres ! Quatre ministres ont participé à nos assemblées générales. J'ai commencé à organiser des conférences sur la domotique dans le monde entier. En 1988, j'ai bâti le premier espace d'exposition sur la maison du Futur au CNIT de Paris-La Défense. Pas moins de sept ministres sont venus à l'inauguration, dont le premier ministre de l'époque, Edith Cresson ! La même année, j'avais lancé Domotique News qui en est à son numéro 271 ! Pendant 10 à 15 ans, cette activité a bien fonctionné. Tant et si bien que j'ai lancé un magazine grand public, distribué en kiosques, avec des affiches sur les Champs-Élysées... Je me suis ruiné en trois ans !

Où en êtes-vous aujourd'hui ? Je continue d'éditer Domotique News ainsi que des suppléments thématiques. J'ai ouvert trois sites Web (Maison-communicante.com, Maison-numerique.com, http://www.batiment-intelligent.com/) et j'en prépare trois autres. A côté de cela, je prépare la 8e édition du Guide des espaces de vie intelligents qui rassemble les produits numériques pour l'habitat et le tertiaire. Enfin, je prépare également un livre sur l'histoire des technologies, Du minitel au haut-débit. Car j'étais à Vélizy en 1973 lors du lancement du minitel ! Par ailleurs, je cherche à innover dans nos métiers. Or, en dialoguant avec les acteurs du financement de l'innovation, notamment lorsque je dépose un dossier à Oseo, je constate que l'innovation en presse et communication n'est pas reconnue. Pourtant, il y a des besoins dans notre secteur. Je voudrais, par exemple, faire de la formation à distance, organiser des visites de chantier avec des Webcams, construire des espaces numériques pour booster le secteur du bâtiment...

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

Photo 1 : Bruno de Latour, directeur de la publication de Domotique News. © D.R. Photo 2 : Avec Clive Sinclair, inventeur des ordinateurs Sinclair qui ont complètement disparu. © D.R.
Photo 3 : Avec Michel Serres, de l’Académie française. Son dernier livre, Petite Poucette, est une brillante analyse du monde des geeks et de leur smartphone. © D.R.

 


 

 

Le ‘‘Lardon’’ de la semaine

Matériel fumant


 


 

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* Les nouvelles manifestations reçues cette semaine sont mises en gras et en rouge. 
* Chaque jour, l'agenda est réactualisé, les journalistes peuvent le consulter librement sur innov24.com

* Les invitations de presse sont classées par secteurs d'activité, puis par dates.
- Colonne bleue : Presse grand public
- Colonne rose : Presse économique
- Colonne verte : Presse professionnelle

 

 

 

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Le fil Presse de l’innovation

N°74

13 octobre
2012

Erick Haehnsen,
rédacteur en chef d’
innov24
©
Wilfried Maisy
Edito

Dans un pays où la femme est considérée comme ''incapable majeur'', Clarence Rodriguez est la seule journaliste française à y exercer son métier. Correspondante en Arabie Saoudite pour de nombreuses télévisions et radios ainsi que pour des magazines de presse écrite, elle porte l'abaya par 51°C, arbore un chapeau pour éviter le voile, prend ses rendez-vous entre les nombreuses prières de la journée... Diplomate, elle dit ce qu'elle pense tout en se sachant écoutée. Surtout, elle lève le voile sur une société qu'on connaît mal, pleine de contradictions, entre ouverture et conservatisme. Une société riche de femmes extraordinaires. A cet égard, elle travaille sur un documentaire et un livre... Trouvera-t-elle un diffuseur et un éditeur ? Inch'Allah (si Dieu le veut) comme on dit là-bas.

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Sommaire

Vie quotidienne
* Créer sa Web radio ? Trop facile
*
Les robots ''maison'' font leur show

Business 2 Business
* Distributeur de tâches sur le Web
*
Taxe ''poids lourd'' : tous les prix vont augmenter

Management
* La Côte d'Ivoire adopte le Cloud distribué
*
Des repas savoureux pour préserver l'autonomie


Club des médias
Interview de Clarence Rodriguez, correspondante en Arabie Saoudite pour France info, France Inter, RFI, France Culture, France Télévision, TV5 Monde, BFMTV, Match, Le Parisien, le JDD...



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Vie quotidienne

WEB RADIO

Créer sa Web radio ? Trop facile

Après avoir testé son application sur iPhone, Yasound compte ouvrir sa plate-forme d’hébergement aux milliards d’internautes qui pourront créer leur propre média musical en quelques clics.

Las d’écouter des radios commerciales ? Créez donc votre propre programmation sur Internet avec la musique et les émissions de votre choix. Et surtout partagez-les avec le monde entier. « Avec notre plate-forme d’hébergement, cette opération est aussi simple que de créer son blog ou sa page Facebook », revendique

Jean-Marc Plueger, cofondateur de Yasound avec Sébastien Métrot, son directeur technique. « Il suffit aux internautes de choisir sur leurs mobiles ou leurs ordinateurs leurs morceaux préférés et d’enrichir, s’ils le souhaitent, leur sélection musicale avec d’autres titres déjà stockés sur nos serveurs », explique le dirigeant qui a déjà testé à grande échelle son application téléchargeable gratuitement depuis mars 2012 sur iPhone. 

Le 23 octobre prochain, la start-up annoncera la sortie de la nouvelle version de sa plate-forme. Une véritable révolution dans l’air qui permettra à chacun de posséder sa propre radio... Yasound s’est donné les moyens de supporter la charge grâce à une innovation technologique développée par Sébastien Métrot. En effet, ses serveurs peuvent diffuser 50 fois plus de radios qu'avec des solutions traditionnelles. 

Émettre légalement. Surtout, en créant sa propre radio sur Yasound, l’internaute ne risque pas de se voir condamner par les ayants droits. A l’instar de ces milliers de radios pirates qui opèrent sur le Net en dehors du champ légal. Et pour cause : « Les démarches sont compliquées et onéreuses », soulève Jean-Marc Plueger. Il faut signer des accords avec la Sacem qui gère les droits des auteurs et des compositeurs, et avec les syndicats qui gèrent les droits des producteurs, en l’occurrence la SCPP (Société civile des producteurs phonographiques) et la SPPF (Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en France). 

Légal et gratuit. Autant de démarches administratives qui seront épargnées aux utilisateurs de Yasound. « Surtout, nos utilisateurs n’auront pas à payer de redevance qui s’élève à plus d'un millier d'euros par an car nous avons négocié avec les syndicats concernés », ajoute le PDG qui s’est déjà frotté au problème des minima garantis lorsqu’il opérait Jiwa, le site de musique en streaming aujourd’hui fermé. Cette expérience lui a donné suffisamment de crédibilité pour lever des fonds auprès de Jaïna Capital, Kima Ventures et Freddy Mini. Jean-Marc Plueger travaille d’ailleurs à l’augmentation de son capital qui s’élève actuellement à 500 000 euros. Une levée indispensable car avant de passer à la monétisation de son service, il s’agit avant tout de construire l’audience.

© Eliane Kan

Photo : Jean-Marc Plueger, cofondateur de Yasound

 

ROBOTIQUE

Les robots ''maison'' font leur show

A l'occasion de la Fête de la science, l'association Pobot invite le grand public à découvrir ses robots faits « maison » à Sophia-Antipolis . Demain, les passionnés seront invités à concocter leurs propres humanoïdes.

Dans le sillage de R2D2, l'un des héros de la Guerre des Etoiles, d'Aibo, le chien de Sony et de Nao, l'humanoïde d'Alderaban, une pléiade de robots rêvent de peupler notre imaginaire. A l'occasion de la Fête de la science (du 10 au 14 octobre 2012), l'association Pobot nous invite à découvrir ses robots faits ''maison''. A l'instar du Deltabot, un robot parallèle piloté par une télécommande Wii Nunchuck et construit par de simples amateurs ayant des compétences en informatique. « Ce robot de type Pick and Place utilise une simple carte programmable et des servomoteurs de modélisme, sa tête mobile sur 360° sera équipée d'une pince ou d'un feutre », indique à Sophia-Antipolis Julien Holtzer, le président de l'association qui compte une quarantaine de robots à son actif.

Un Fablab en projet. Citons en outre le robot d'assistance baptisé ''Nono le Parlobot'' qui est capable de tenir une conversation autour des sciences en analysant les phrases qui lui sont transmises par Internet. En fin d'année, l'humanoïde fera un pas supplémentaire puisqu'il sera doté d'un système de reconnaissance vocale développé dans le cadre des ateliers hebdomadaires de l'association. Laquelle réunit depuis 2003 des amateurs passionnés de robotique, issus pour la plupart d'entreprises ou de laboratoires de recherches de Sophia-Antipolis. Forte de son expérience, l'association compte ouvrir un Fablab qui permettra au grand public de concevoir et fabriquer eux aussi leur propre robot avec le soutien d'un animateur. Un rêve qui pourrait devenir réalité l'an prochain à condition de trouver les financements nécessaires.

© Eliane Kan

Photo 1 : Nono le Parlobot, un robot d'assistance, sera bientôt pourvu d'un système de reconnaissance vocale. © Pobot
Photo 2 : L'association Pobot réunit des passionnés de robotiques qui s'amusent à concocter des robots « maison ».
© Pobot


 

Business 2 Business

RÉSEAUX SOCIAUX

   Distributeur de tâches sur le Web

La startup DidThis vient de sortir la version bêta de son service Simon.says.do. Un outil opérationnel qui vise à distribuer des tâches à un réseau d'utilisateurs via le Web. Son concepteur veut donner des ordres à distance et organiser rapidement des actions dans le réel.

Une ''télécommande'' pour contrôler l'humanité ! C'est l'idée folle de Denis Harscoat, titulaire d'un DEA en philosophie, qui a fait ses armes dans les rangs des Pompiers de Paris avant de fonder la plate-forme DidThis.com. A savoir, un nouveau type de réseau social qui – avec des membres dans 140 pays et 8% de croissance par semaine - fait fureur sur internet. Sur le même principe que Twitter, les utilisateurs se ''follow'' et se ''unfollow''. La différence, c'est qu'au lieu d'échanger des ''tweets'', ils partagent des ''actions''. En pratique, les ''retweet'' deviennent des ''redo''. « Le nouveau Graal sur Internet, c'est de motiver les foules. Partager de l'info ne suffit plus. Il faut que ça bouge ! », s'exclame le patron du ''réseau social des actions''. Il revient à la charge avec une application Web, Simon.says.do, qu'il va présenter, le 20 octobre prochain à Y Combinator, un des plus prestigieux incubateurs américains, dans l'espoir d'y entrer. L'événement sera doublé par un LiveStream, sur le site Startupschool.org. « C'est l'incubateur le plus sélectif du monde, avec seulement 1,8% de chance d'être pris», assure l'entrepreneur. « En plus, la crème des entrepreneurs américains viendra voir les projets proposés. » Il se murmure que Mark Zuckerberg se trouvera dans la salle...

« Jacadi a dit ». Principe de l'application Web : l'utilisateur choisit un pseudo, disons ''Jacques''. Dès lors, un nom de domaine spécifique est créé, par exemple. Jacques.says.do. Traduction : « Jacques a dit »... comme le jeu des enfants. Puis, dans une interface épurée au maximum, qui affiche principalement un champ de texte, Jacques saisit une action qu'il voudrait voir réaliser par d'autres. Par exemple « Lever une main ». En pratique, l'action est immédiatement partagée en ligne. Tous les gens qui se connecteront à Jacques.says.do en prendront immédiatement connaissance. Concrètement, ils liront « Jacques a dit : levez une main ». Deux choix possibles : soit l'utilisateur décide d'exécuter la tâche soit il la refuse. De part et d'autres du bloc de texte qui contient l'action, deux boutons ont été prévus : check ou pas check.

Le réseau social des ordres. En pratique, Jacques peut être une personne lambda, un organisateur d'événements, un militant altermondialiste, le gourou d'une secte 2.0... ou le dir com d'une grande entreprise. « Peu importe qui est Jacques, il pourra donner des ''ordres'' au monde entier », reprend Denis Harscoat qui, pour l'heure, planche sur un mécanisme de vérification des tâches visant à certifier par un tiers que l'action a été bien exécutée. De quoi intéresser les entreprises à la recherche d'un outil de gestion des tâches à distance. Pour 1 000 $ par an, elles peuvent faire tourner ce service sur leurs propres serveurs. Pour le moment, le code informatique de Simon.says.do est propriétaire. Mais Denis Harscoat assure qu'il le libérera un jour. De sorte que ''Big Brother'' ne prenne pas le contrôle de Simon.says.do.

© Guillaume Pierre

Photo 1 : Denis Harscoat, l'intrépide concepteur de Simon.says.do. © DidThis
Photo 2 : Capture d'écran de l'interface ultra-simple de Simon.says.do. © DidThis

 

TRANSPORTS

Taxe ''poids lourd'' : tous les prix vont augmenter

Avec l'entrée en vigueur en France de la taxe poids lourd en juillet 2013, les camions devront payer 8 à 14 centimes/km. On s'attend à une hausse générale des prix. Mais de nouveaux services tâchent de faire avaler la pilule aux transporteurs.

A partir du 20 juillet 2013, les poids lourds de plus de 3,5 tonnes devront s'acquitter d'une taxe de 8 à 14 centimes par kilomètre roulé sur un réseau de 15 000 km de routes (hors autoroutes actuellement concédées) réparti sur l'ensemble du territoire. Baptisée ''écotaxe'', ''taxe poids lourd'', ''écoredevance'' ou encore ''taxe kilométrique'', cet impôt correspond à l'application d'une directive européenne qui vise à favoriser le report du fret routier vers le ferroviaire ou le fluvial, financer les infrastructures routières et réduire la pollution de l'air. Le 20 octobre 2011, Ecomouv (Autostrade per l'Italia, SFR, SNCF, Steria, Thales) a été désigné sur appel d'offres de l’État afin d'assurer le rôle de collecteur délégué de cette taxe qui devrait rapporter au trésor public 1,2 milliard d'euros par an en France. 

Hausse générale des prix. Une chose est sûre : « Les prix de toutes les marchandises sont susceptibles d'augmenter », commente Philippe Duthoit, DG d'Eurotoll, un des principaux émetteurs de badges en France aux côtés d'AS24, Axxes, DKV Euro Service ou Vialtis. « Bien sûr, cette hausse se ressentira surtout sur les marchandises légères, pas chères, qui occupent un grand volume et viennent de loin. » L'exemple le plus probant, c'est la salade espagnole qu'on achète au supermarché du coin de la rue. « Elle sera plus chère d'à peine quelques centimes. Mais il faut savoir que la hausse du prix du carburant a un impact beaucoup plus fort sur les prix », reprend Philippe Duthoit. « Sur un ordinateur, un tablette tactile ou un flacon de parfum, cela ne se ressentira pas du tout. »

Services induits. Comme pour le carburant, les transporteurs craignent que leurs clients refusent d'accepter la hausse des coûts liée à l'écoredevance. Pour faire passer la pilule, les émetteurs de badges rivalisent alors d'imagination. Ainsi Eurotoll va-t-il dévoiler ces prochains 18 et 19 octobre à Strazbourg une panoplie de services pour les transporteurs : un service Web de calcul des distances faisant ressortir le meilleur trajet par rapport aux kilomètres à parcourir, à la consommation de gazole et à la fiabilité du créneau horaire de livraison. Dans le même esprit, l'émetteur propose d'intégrer le calcul désormais complexe de l'écoredevance et des péages autoroutiers dans les logiciels de gestion d'entreprise de chez Sage.

© Erick Haehnsen

Photo 1 : Le badge électronique d'Eurotoll permet de s’acquitter de l'impôt kilométrique de l'écoredevance et télépayer les autoroutes concédées aussi bien en France qu'en Espagne. © Eurotoll
Photo 2 : Philippe Duthoit, DG d'Eurotoll. © Eurotoll

 


 

Management

SÉCURITÉ

La Côte d'Ivoire adopte le Cloud distribué

En novembre prochain, le ministère de l'Intérieur de la Côte d'Ivoire va utiliser un Cloud distribué pour sauvegarder ses données les plus sensibles. Une démarche qui pourrait faire tache d'huile au sein d'autres gouvernements.

Sauvegarder ses données dans un Data Center, même doublé, est plus dangereux qu'il n'y paraît : panne électrique, saturation de la bande passante, attaque terroriste, voire cyberattaque... un seul incident suffit à détruire ou polluer toutes les données stratégiques d'une organisation. D'où l'intérêt de fragmenter les données, de les encrypter et de les disséminer dans une multitudes de serveurs répartis dans le monde pour les sauvegarder. Ce concept de Cloud réparti commence à faire ses premiers pas en Afrique. Le ministère de l'Intérieur ivoirien est en train de déployer la technologie de Cloud distribué de l'éditeur français ViFib. « Nous ne voulons plus centraliser nos données sensibles au même endroit », explique Stéphane Konan, directeur de l'informatique et des traces technologiques (Ditt) du ministère d’État, ministère de l'Intérieur (Memi) de Côte d'Ivoire. Il évoque, par exemple, les données biométriques des passagers de l'aéroport d'Abidjan. Ou encore la messagerie interne de la sûreté nationale ivoirienne.

La Côte d'Ivoire en tête de file. Concrètement, les données resteront sur les serveurs du Memi mais elles seront dupliquées en trois exemplaires, découpées et cryptées avant d'être disséminées dans de multiples serveurs. Plus précisément dans des Data Centers partenaires mais également dans de petits serveurs installés dans le monde entier chez des particuliers. Lesquels touchent déjà 30 euros/mois de la part de ViFib par serveur ainsi hébergé (4 serveurs max). Du coup, l'intégrité des données est assurée : dupliquées, elles ne peuvent pas disparaître. Cryptées et découpées, elles ne peuvent pas être lues. En outre, impossible de connaître leur localisation précise. Elles sont dans le nuage.

Futur du Cloud. « A l'instar de la Côte d'ivoire, la France pourrait également opter pour la décentralisation de ses copies de sauvegarde », note un observateur du ministère de l'Intérieur sous couvert d'anonymat. « Le réseau des institutions et celui des ambassades pourrait être alors mis à contribution afin de conserver de précieux Back-up. » Idem pour le réseau des administrations partenaires dans des pays ''amis''. Ce qui aurait, comme double effet bénéfique, de renforcer la coopération internationale autour des données sensibles.

© Guillaume Pierre

Photo 1: Stéphane Konan, directeur de l'informatique et des traces technologiques (Ditt) au ministère de l'Intérieur ivoirien. © TCA-innov24
Photo 2: Le Memi a connecté son système d'information aux serveurs Vifib. © TCA-innov24

 

SOCIAL

Des repas savoureux pour préserver l'autonomie

Le centre d'action sociale de Lomme (Nord) vient de remporter le prix de l'innovation pour ses repas savoureux et adaptés à la capacité des personnes du troisième âge à mastiquer leur repas.

Pour bon nombre de personnes âgées, le repas constitue un des seuls moments de plaisir de la journée. Mais à défaut de pouvoir mâcher leur nourriture, ces dernières sont souvent contraintes de renoncer à bon nombre de mets qui faisaient autrefois leurs délices. Comme de simples poireaux vinaigrette ou une salade de tomate. « Or plaisir de manger et autonomie sont souvent liés », soulève Annick Lapierre, directrice du Pôle solidarité de Lomme (30 000 habitants), dans le nord. D'où son idée de servir aux pensionnaires des Ehpad (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes ) des repas personnalisés et à texture modifiée hachée, mixée ou coupée selon les prescriptions du médecin. Surtout, l'originalité de la démarche consiste à préserver le goût des aliments. Comme cette salade verte mixée puis retravaillée à la gélatine ou ce granité de tomate qui permettent aux pensionnaires de renouer avec des saveurs oubliées.

Prix de l'innovation sociale. « Nous servons aujourd'hui ces repas à texture modifiée à une centaine de pensionnaires et depuis mars à une quinzaine de personnes vivant à leur domicile », indique Annick Lapierre qui vient de recevoir avec son équipe de restauration du Centre communal d'action sociale (CCAS) le prix de l'innovation sociale remis cette semaine par l'Union nationale des CCAS. Ce prix salue aussi la création l'an dernier d'une cuisine centrale dédiée au troisième âge et équipée d'une salle blanche réfrigérée. Donnant sur l'espace de livraison, celle -ci permet de porter les repas dans les deux heures qui suivent le mixage de repas pour éviter la contamination bactérienne.

Redonner goût à la vie. Bien-sûr, la réalisation de tels aménagements nécessite un soutien des élus sachant que la cuisine centrale a réclamé un investissement de plusieurs millions d'euros. Outre l'achat des équipements traditionnels de cuisine, il a fallu acheter des Blixters, à savoir des robots qui permettent de varier le mixage des aliments. « A ces dépenses s'ajoutent la formation du personnel de cuisine et de livraison des repas ainsi que l'embauche d'une personne supplémentaire pour mixer et conditionner les produits », indique Annick Lapierre qui a mis en place des indicateurs pour mesurer la portée de son action. « Nous nous sommes rendus compte que les pensionnaires ont retrouvé le plaisir de la table. 40% d'entre eux ont d'ailleurs pris du poids », se félicite la directrice qui est en bonne voie de faire des émules auprès d'une grande ville.

© Eliane Kan

Photo 1 : Savourer du saucisson pour les personnes âgées, un grand moment de plaisir ! © Ccas de Lomme
Photo 2 : Les carottes sont rappées ou mixées selon les besoins de chacun. © Ccas de Lomme

 

Club des médias

« La prochaine fois, votre femme recevra des coups de bâtons ! »

Interview de Clarence Rodriguez, correspondante en Arabie Saoudite pour France info, France Inter, RFI, France Culture, France Télévision, TV5 Monde, BFMTV, Match, Le Parisien, le JDD...

Quel a été votre parcours ? J'ai étudié le journalisme à l'IJBA (Institut de journalisme de Bordeaux Aquitaine). Comme je suis de Toulouse, j'ai pu commencer à faire des piges à La Dépêche du midi et à Toulouse FM, la radio locale. A la sortie de l'école, j'ai fait un stage à France 3 Toulouse où j'ai présenté des journaux télévisés. A côté de cela, j'ai couvert le sport. J'ai commenté les matchs de foot et de rugby sur France Inter avec Marianne Mako. Nous étions les deux seules femmes. On nous regardait comme des bêtes curieuses ! Puis en 1987 ou en 1988, un producteur m'a proposé de présenter Sport Loisir dans des situations extrêmes, par exemple à ski ! Cela tombait bien, j'adorais le sport et l'extrême. Puis, je suis allée au service sport de TF1 où je faisais des reportages sur le sport. J'ai également fait partie de l'équipe de Téléfoot en 1990 et 1991. Ensuite, cela a été la rupture : je suis revenue en 1993 à France 3 mais à la rédaction nationale. J'ai aussi participé à la création et au lancement de l'émission Tout le Sport de la 3. J'ai alors dû me diversifier, devenir plus généraliste notamment en couvrant l'économie. De 1997 à 1999, j'ai été rédactrice en chef adjointe de France 3 Nancy. Je venais de me marier et je souhaitais revenir à Paris. Je suis revenue à la rédaction nationale de France 3 en tant que responsable d'édition pour le 19/20. Le suivi de l'actu, être au cœur de l'actu, l'éclectisme... quel stress ! Mais que c'était bon ! En 2005, mon mari est venu à Ryad en Arabie Saoudite pour des raisons professionnelles. Je l'ai suivi avec mes deux garçons. J'ai donc laissé tomber un CDI et pris un congé sans solde. C'était le moment de changer !

Et à Ryad, qu'avez-vous fait ? A l'époque j'étais la seule journaliste occidentale ! J'ai téléphoné à tout le monde. Du coup, je me suis mise à piger pour France info, France Inter, RFI, France Culture, France Télévision, TV5 Monde, BFMTV... En presse écrite, je travaille pour Match, Le Parisien, le JDD... Cela peut paraître beaucoup. Pourtant, je suis loin d'être une ''mercenaire''. Je tiens à mon sens de l'éthique ! Je couvre les sujets de société, les droits des femmes, la politique, le pétrole... Bref, l'actualité en Arabie Saoudite mais aussi dans les pays du Golfe.

Dans quelles conditions exercez-vous votre métier de journaliste ? Dans des conditions très dures, très fermées. Les gens distillent leurs infos au compte-goutte et ils daignent t'appeler à peine une ou deux heures avant la conf' de presse. Cependant, en 7 ans, je me suis constituée un solide réseau de Saoudiens et de Saoudiennes qui m'ont adoptée et me font confiance.

Et en tant que femme, comment cela se passe-t-il concrètement ? Je dois me plier aux règles du pays. Tout d'abord, en public, je dois porter l'abaya, une sorte de grande blouse noire. J'ai toujours un chapeau, ce qui m'évite de porter le voile. Lorsqu'il fait 45°C ou plus de 50°C, c'est épouvantable. Ensuite, les femmes n'ont pas le droit de conduire une voiture. Je suis alors inféodée à un chauffeur. Et le mien vient de me ''planter'' du jour au lendemain après trois ans. A côté de cela, il faut prendre les rendez-vous entre les prières. Soit, concrètement, après 12h, 15h et 17h. Et encore, je suis très avantagée par rapport aux Saoudiennes car je n'ai pas besoin d'être accompagnée par un tuteur légal [père, mari, frère, oncle...] pour faire mes courses ! Mais ici, partout, il y a cette lourdeur. Même dans l'air. Certes, il fait beau mais l'ambiance est pesante. Ce n'est pas parce que je vis ici depuis 7 ans que j'accepte tout.

Y a-t-il un espoir que les choses se détendent ? Le roi Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud essaie de faire avancer les choses mais il se heurte au clergé. En particulier, il cherche à donner une place plus importante aux femmes. En 2009, il a nommé une femme ministre de l’Éducation nationale. En 2011, il a accordé aux femmes le droit de vote et le droit de se présenter aux élections municipales de 2015. Enfin, il leur permet aussi de vendre de la lingerie féminine et des cosmétiques. Jusqu'à présent, il n'y avait que des vendeurs. D'ailleurs, il y a des patrons de magasins qui sont sanctionnés parce qu'ils refusent d'employer des femmes. En fait, c'est toute une partie de la société qui est conservatrice et refuse d'évoluer. Y compris des femmes.

Pourtant, on trouve des femmes qui militent... Oui. L'année dernière, lorsque le roi a autorisé les femmes à voter et à se présenter, j'ai été amenée à interviewer pour France 24 une militante féministe et cela s'est fait dans sa voiture. Elle conduisait ! Nous avions oublié à quel point c'est interdit. 15 minutes plus tard, la Police nous a arrêtées. 4 h d'interrogatoire. J'ai déclenché un véritable ''plan Orsec'' ! La consule est venue me libérer. Je ne voulais pas partir seule. La militante me suppliait de ne pas l'abandonner. Je n'ai pas pu faire autrement. Je n'étais pas fière. Elle n'est restée qu'une heure de plus mais elle a été obligée de signer un papier promettant de ne plus conduire. Elle a aussi un poste d'assistante sociale pour femmes. Mon mari a également été convoqué par la Police qui l'a averti : « Si votre femme recommence, elle recevra des coups de bâtons » ! J'ai fait profil bas. Au final, je ne fais que mon métier. Je n'ai jamais été sanctionnée, jamais censurée mais je sais que je suis écoutée...

Avez-vous encore envie de rester ? Si ça chauffe trop, je ne resterai pas. Mais je désire réaliser un documentaire sur les femmes dont on connaît finalement très peu de choses sur leur vie. Des scientifiques, universitaires, réalisatrices, photographe, divorcées... des femmes qui sont toutes brillantes et pugnaces. Elles forcent le respect ! Je voudrais lever un coin du voile sur cette société au féminin qui est très cloîtrée, réprimée. Les femmes sont considérées comme des mineures. Cela fait quatre ans que je suis dessus. La question est de savoir si je vais pouvoir trouver une chaîne pour le diffuser. Autrement, il faudra que je m'adresse à des chaînes internationales. En tous cas, mes interlocuteurs et mes interlocutrices sont prêts. Je suis dans les starting-blocks !

D'autres projets ? Oui. Je prépare un livre sur un personnage qui joue un rôle clé au sien de la société saoudienne. Au travers de son regard, on découvrira ces femmes qui tentent vainement de faire évoluer ce pays qui se conjugue, on l'aura compris, au " masculin"... et seulement au masculin. J'en suis à la phase d'interviews. Je suis la personne partout, dans ses déplacements. J'emmagasine la "matière... Le simple fait que cette personne ait accepté mon projet est en soi un gage de confiance immense. Il me restera à convaincre un éditeur... 

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

Photo 1 : Clarence Rogriguez © D.R.
Photo 2 : Durant ses interviews, Clarence Rodriguez arbore un chapeau afin de s'affranchir du port du voile. Elle fait appel à une société de production vidéo pour le tournage © D.R.
Photo 3 : Pour France Info, dans la zone Chiite. © D.R.


 

 

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Le fil Presse de l’innovation

N°73

5 octobre
2012

Erick Haehnsen,
rédacteur en chef d’
innov24
©
Wilfried Maisy
Edito

A l'heure où les industriels font du green washing, certains posent les vraies questions. A l'instar de Yan de Kerorguen, docteur en ethnologie et rédacteur en chef de Place Publique, site d'information sur les initiatives citoyennes et la prospective sociétale. Ouvert en 1996, c'est d'ailleurs un des tout premiers sites d'info français ! Initiatives solidaires, démocratie citoyenne, démarches participatives, innovation, échanges... une économie très sérieuse se met en place partout dans le monde. Notre avenir dépend peut-être de ces nouvelles démarches. En attendant, Place Publique nous aère les méninges. Sans laver plus vert.

Mode d'emploi vidéo :
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- Produire une enquête de façon collaborative et sécurisée

Sommaire

Vie quotidienne
* Artiste en zone de guerre
*
L'Europe de l'hydrogène en ordre de marche

Business 2 Business
* Sa Color invente la peinture en poudre pour le bâtiment
*
Rationaliser la gestion des fermes éoliennes et photovoltaïques

Management
* Le Site du Zéro automatise l'auto-formation en informatique
* La RFID vole au secours des chantiers



Club des médias
Interview de
Yan de Kerorguen, 59 ans, rédacteur en chef de Place Publique, site d'information sur les initiatives citoyenne et la prospective sociétale ouvert en 1996.

Le ‘‘Lardon’’ de la semaine
par Lardon



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Vie quotidienne

ART

Artiste en zone de guerre

 Professeur à Sciences Po, titulaire d'un master de géopolitique, Émeric Lhuisset est surtout artiste et photographe. Lorsqu'il va à la pêche aux idées, ses pas le conduisent en zone de guerre. En Irak, en Afghanistan et en Syrie.

 

Emeric Lhuisset, 29 ans, artiste-photographe et professeur de géopolitique à Sciences Po. © TCA-innov24« Le reportage de guerre, c'est touchant... mais c'est une approche trop direct », lâche Emeric Lhuisset, 29 ans, professeur d'art contemporain et de géopolitique à Sciences Po mais également artiste-photographe et passionné par l'actualité. « J'ai toujours été fasciné par l'événement historique. Et je souhaite témoigner à travers mon approche artistique. » Voyageant à ses frais, l'artiste-professeur a multiplié les voyages en Irak (tous les ans depuis 2010) et Afghanistan (2004 et 2010). « J'ai gagné de nombreux prix avec mes travaux artistiques. Je les ai réinvestis dans mes voyages. » Pour l'heure, il rentre à peine d'Idlib et d'Alep, en Syrie, où il vient de passer un mois en compagnie d'un groupe d'insurgés lié à l'Armée Syrienne Libre (ASL). « Je viens de réaliser une vidéo dans laquelle j'ai filmé 24h de la vie d'un combattant en plans séquence. » A travers son approche plastique, l'artiste veut retranscrire son analyse géopolitique et ré-humaniser les combattants.

Repenser le quotidien. En pratique, l'artiste se déplace avec un sujet d'étude en tête, par exemple, le quotidien des combattants. Mais sans avoir déterminé la forme finale de l’œuvre qu'il veut produire, laquelle découle nécessairement de l'analyse. « Sur place, je vis avec les combattants. Beaucoup deviennent des amis. » Au fil des discussions sur le sens de la guerre, se montent des projets artistiques communs. « C'est une démarche de partage. Ils comprennent très bien la pertinence de mon approche. » Sur place, les rebelles ont parfois internet et même la télévision. Du coup, une fois revenu en France, les discussions continuent, via Facebook, jusqu'à la réalisation finale qui reste centrée sur leurs besoins. « Les combattants sont en permanence dans l'attente. Pour réinventer leur quotidien, je leur ai fabriqué une chaise mobile grâce à du tissu tendu entre deux Kalachnikov. » Est-ce de l'Art ? « Peu importe. C'est utile. Les insurgés que je suivais m'ont remercié d'avoir pensé à eux. » Prochaine étape : industrialiser le procédé et distribuer le produit !

Représentation des conflits. L'artiste travaille également sur une série de clichés intitulée Théâtre de guerre. Les photographies s'inspirent de peintures de 1870, date d'une célèbre débâcle française face à la Prusse. A l'époque, la mise en scène était très forte. « En mettant en scène le conflit, j'invite les gens à se questionner sur le problème de la représentation de la guerre au XXIe siècle. » Selon l'artiste, des mises en scène existent encore dans beaucoup de photos actuelles, qu'elles soient prises par les journalistes ou par les combattants eux-mêmes. «Ces derniers changent d'attitude dès qu'un appareil photo est braqué sur eux. Ils jouent un rôle et prennent automatiquement l'attitude la plus héroïque possible. » Les clichés sont ensuite transmis à une cellule de communication, située à l'écart du front. Là, des combattants sans armes, dotés d'ordinateurs portables, sélectionnent et retravaillent les images avant de les mettre en ligne.

© Guillaume Pierre

 

Photo 1 : Emeric Lhuisset, 29 ans, artiste-photographe et professeur de géopolitique à Sciences Po. © TCA-innov24
Photo 2 : Mode d'emploi. © TCA-innov24
Photo 3 : Art fonctionnel. © TCA-innov24 

 

AUTOMOBILE

L'Europe de l'hydrogène en ordre de marche

L'Allemagne va étoffer son réseau de stations à l'hydrogène avec 50 unités d'ici 2015. A cette date, les constructeurs automobiles devraient lancer leurs premiers modèles en série. La France reste à la traîne.

Avec une autonomie allant de 400 à 800 km selon les modèles et leur utilisation, et un réservoir rempli en moins de 3 minutes, les voitures à hydrogène font rêver les afficionados des véhicules électriques. En Allemagne, dès 2015-2016, ces consommateurs devraient avoir l'embarras du choix puisqu'une dizaine de constructeurs (Daimler, Hyundai, Honda, Mercedes, Opel, Nissan, Toyota...) ont prévu de lancer leurs premiers modèles fonctionnant avec une Pile à combustible (PAC) à hydrogène. Il s'agit plus précisément de véhicules électriques entièrement propulsés par des piles à hydrogène. Une offre qui s'appuiera sur une infrastructure nationale de stations services. C'est du moins le sens de l'accord signé en juin dernier par le gouvernement allemand et des industriels. Après les quatre stations de Berlin et de Hambourg, 50 nouvelles unités vont ainsi voir le jour à Düsseldorf, Karlsruhe, Munich et Francfort. Les grands producteurs d'hydrogène (Air Liquide, Air Product, Linde et Total Allemagne) s'y sont engagés.

Bien-sûr, les Allemands n'ont pas le monopole de l'hydrogène. D'autres pays européens comme l'Italie, la Suède, et le Royaume Uni ont prévu de lui emboîter le pas. En revanche, la France paraît encore à la traîne en matière d'infrastructures de recharge en hydrogène comme le constataient les intervenants d'un colloque sur l'hydrogène organisé par l'association Avere France le mois dernier. « Associant tous les industriels et la DGEC (Direction générale de l'énergie et du climat), une étude doit démarrer ces prochains mois sous l'égide de l'AFHYPAC (Association française pour l'hydrogène et les piles à combustible) pour évaluer les investissements nécessaires », nous indique Bertrand Chauvet, directeur marketing de SymbioFcell qui compte le CEA parmi ses actionnaires.

Renault Kangoo ZE. Créé en 2010, cet équipementier français fournit des systèmes PAC de forte puissance (jusqu’à 300 kW) pour des camions et bus. L'entreprise a aussi une offre pour les véhicules utilitaires puisqu'elle fournit des PAC destinées à tripler l'autonomie des véhicules électriques existants à simples batteries. A l'instar de cette Renault Kangoo ZE présentée au Mondial de l'automobile. Fruit d'un partenariat avec Renault et le groupe belge Solvay, la Hy-Kangoo embarque un système qui va doubler l'autonomie passant de 160 km théoriques à plus de 320 km avec seulement 1,5 kg d'hydrogène. Une jolie vitrine pour l'entreprise de 25 personnes qui a inauguré à Grenoble, il y a une semaine, la première ligne européenne de production de systèmes de PAC à hydrogène pour véhicules électriques installée sur un site de Siemens . Objectif : fabriquer, à terme, plusieurs milliers de PAC par an.

© Eliane Kan

Photo 1 : Bertrand Chauvet, directeur marketing de SymbioFcell, équipementier français. © Solvay
Photo 2 : La Hy-Kangoo roule avec une pile à combustible. © Solvay


 

Business 2 Business

HABITAT

Sa Color invente la peinture en poudre pour le bâtiment

Une fois ouvert, un pot de peinture doit être consommé rapidement sous peine d'être inutilisable. A la différence de ces pigments de synthèse qui s'autodispersent dans l'eau froide pour fournir une peinture prête à l'emploi et dénuée de COV (Composés organiques volatiles) ou de biocides.

Avec sa peinture en poudre, Michel Boudin, PDG de Sa Color, balaie d'un coup de pinceau les volumineux bidons de peinture en acier ou en plastique. La solution proposée par cet ingénieur repose sur une nouvelle génération de pigments autosolubles et autodispersibles grâce à sa technologie Easysperse. « Il s'agit d'un traitement qui consiste à lutter contre l'hydrophobie naturelle des pigments », résume l'industriel. Pour obtenir de la peinture liquide prête à l'emploi, il suffit alors de mélanger ces fameux pigments conditionnés dans des sacs en papier ou en plastique avec de l'eau du robinet. De quoi diviser par deux le poids de la peinture transportée sachant que sur les 950 000 tonnes de peinture acheminées chaque année sur nos routes, le poids de l’eau représente 475 000 tonnes. « En outre, nos pigments synthétiques se prêtent à toutes les couleurs », s'exclame le président de l'entreprise (25 salariés) qui a travaillé pendant un an sur le sujet avec sa petite équipe de quatre scientifiques (dont un docteur en chimie) puis avec le laboratoire d'essais DVI.

Ni COV ni biocide. Comparable, au plan technique, à des solutions acryliques, la peinture en poudre ne contient cependant ni COV (Composants organiques volatiles) ni biocides qui sont habituellement utilisés pour éviter l'apparition de micro-organismes. Un argument qui devrait séduire les consommateurs soucieux de la qualité de l'air de leur logis. De leur côté, les applicateurs (peintres et bricoleurs occasionnels) pourront mieux maîtriser leur consommation de pigments. Ce qui est impossible avec les pots de peinture qui, une fois ouverts, doivent être rapidement consommés sous peine de sécher et de devenir inutilisables. On sait d'ailleurs que les déchets issus de la fabrication et de l’utilisation de peintures représentent un volume de plus de 100 000 tonnes par an en France.

Marché international. En voie d'être commercialisés, les piments à base d’additifs alimentaires bio-sourcés sont fabriqués à Canteleu, près de Rouen. L'usine de Sa Color produit déjà des pigments et des colorants autodispersibles pour des applications alimentaires et cosmétiques. Le site, en cours d'agrandissement, verra sa production passer de 500 à 1 700 tonnes pour un investissement de 3 millions d'euros. En faisant ce pari, Sa Color espère tripler son chiffre d'affaires (4,2 millions d'euros en 2011) dans les trois ans en vendant notamment des licences à des fabricants de peinture. L’Allemagne, l'Afrique du sud et l'Amérique du sud seraient déjà intéressées.

© Eliane Kan

Photo 1 : Dispersion des pigments dans l'eau. © Sa Color
Photo 2 : Peinture liquide fabriquée à partir des pigments ''Easysperse'' et d'eau du robinet. © Sa Color

 

SUPERVISION

Rationaliser la gestion des fermes éoliennes et photovoltaïques

Deux start-up fusionnent leurs plates-formes Web pour que la construction, l'exploitation et la maintenance des fermes éoliennes et photovoltaïques tiennent compte des prévisions météorologiques.

En France quelques centaines de fermes éoliennes et près de 200 000 installations photovoltaïques (PV) produisent un total de 9,5 GW d'électricité verte. Les constructeurs d'aérogénérateurs et de panneaux solaires fournissent des automates programmables dont les données alimentent des logiciels de supervision et d'hypervision (pour un ensemble de systèmes). Problème : les parcs sont tellement hétérogènes que leurs outils informatiques ont du mal à communiquer entre eux. Difficile alors d'industrialiser la production d'EnR (Énergies renouvelables). En fusionnant leurs technologies, les start-up françaises, Metnext et Qos Energy changent la donne. Ces éditeurs lancent la première plate-forme Web capable de piloter les installations, d'en analyser la production heure par heure et surtout de prévoir les coûts et revenus potentiels.

Supervision météo-sensible. « Quantum, la plate-forme Web de Qos Energy, offre des fonctionnalités de GMAO (Gestion de la maintenance assistée par ordinateur) qui se basent sur la maîtrise des protocoles de communication entre les systèmes informatiques des différents automates », explique Damien Vaille-Brunet, responsable commercial énergie chez MetNext. De quoi faire remonter les informations nécessaires à la maintenance préventive des équipements. De son côté, Meteowind, la plate-forme SaaS (Software as a Service) de Metnext gère des modèles météorologiques jusqu'à j+7, capables de prévoir localement, heure par heure, la vitesse et la direction du vent pour l'éolien et le degré d'irradiation des panneaux PV.

Maîtrise prévisionnelle des marges. En combinant ces deux systèmes combinés dans une seule plate-forme, également baptisée Quantum, les producteurs d'EnR vont commencer par affiner, en fonction de la météo, le planning des chantiers de construction des éoliennes ou des panneaux PV. Ainsi que les opérations de maintenance que les installations réclament. Pas question, en effet, de lancer des chantiers s'il y a trop de vent ou de pluie. « Les exploitants peuvent aussi calculer leur production d'énergie, et donc leurs revenus, par heure, par jour, par mois et par contrat », reprend Damien Vaille-Brunet. Surtout, la nouvelle plate-forme centralise les informations de recettes et de coûts. Une rationalisation qui sera d'autant plus appréciée que les tarifs de rachat de l'électricité verte, qui vont baisser chaque année, imposeront de maîtriser les marges. Une nécessité pour tenir la promesse de tripler la production d'EnR d'ici 2020.

© Erick Haehnsen

Photo 1 : Damien Vaille-Brunet, responsable commercial énergie chez MetNext. © Metnext 
Photo 2 : Parc d'éoliennes. © Metnext 


 

Management

FORMATION

Le Site du Zéro automatise l'auto-formation en informatique

Grâce à une nouvelle version, prévue pour fin 2012, le Site du Zéro veut automatiser ses processus et propulser ses membres sur le marché de l'emploi.

Les plates-formes de formation à l'informatique se sont longtemps contentées d'accumuler les tutoriels dans des rubriques... Mauvaise idée : au milieu de cette documentation massive, le débutant se noie, désespère et abandonne. A l'inverse, le Site du Zéro (SdZ), édité par Simple IT, se démarque par sa méthode. « Nous partons du principe que l'internaute ne sait rien. Les explications commencent donc à partir de zéro. Puis la progression est guidée et organisée de manière structurée », explique Pierre Dubuc, co-fondateur de Simple IT et de la plate-forme avec Mathieu Nebra, inventeur de la pédagogie qui a fait la renommée du SdZ. Depuis 2002, la plate-forme s'est taillée la part du Lion dans le cœur des internautes. Récemment, le cabinet d'études Harris Interactive a confirmé ce succès, en lui décernant le label NetObserver. Lequel évalue la satisfaction générale des internautes à l'aide de sondages. « La moyenne des sites français est à 18 sur un indice de satisfaction compris entre -100 à 100. Nous avons atteint 85. Sur 4 millions de visiteurs par mois, 98, 8% assurent qu'ils vont revenir. »

Auto-formation. Pour les dirigeants du site, pas question de s'arrêter en si bon chemin. Restée inchangée depuis 2005, la plate-forme s'apprête à faire peau neuve. Uniquement visible en bêta test privé, le nouveau site, terminé à 60%, devrait sortir dans le courant de l'année prochaine. Premier changement, l'ergonomie sera améliorée. Depuis la page d'accueil, l'internaute choisira une formation en un seul clic plutôt qu'en naviguant dans les menus comme c'est le cas actuellement. Second changement : un graphique présentera les différents ''parcours pédagogiques'' possibles afin d'acquérir les compétences souhaitées. « Nous ne raisonnerons plus en temps de formation comme nous le faisons actuellement en annonçant par exemple une durée de 20 jours pour apprendre le HTML, mais en taux de progression. » Troisième changement : les tutoriels en PDF, élaborés par les membres de la communauté du SdZ (qui, d'ailleurs, s'appuient sur la méthodologie maison), seront plus rapides à transformer en livres papier, grâce à la mise en place d'un système de Web-to-Print, moyennant paiement via la boutique électronique du site.

Évaluation automatisée. Dernier changement : chaque cours se doublera bientôt d'un système d'évaluation innovant. « Sur la plate-forme actuelle, il y a des Quizz et des travaux pratiques à la fin des chapitres. Dans la prochaine version, nous les transformerons en exercices interactifs et auto-adaptatifs. » Développés en partenariat avec un laboratoire de recherche, ces exercices sont conçus pour s'adapter au niveau de l'apprenant. « Nous dotons les Quizz d'un algorithme capable d'évaluer le niveau de l'utilisateur. A la fin, le site affiche les cours et les points à revoir avant de passer à l'étape suivante. » En outre, les travaux pratiques adoptent le temps réel.« L'écran se divise en deux. Il y a un éditeur de code à droite et un résultat qui s'affiche immédiatement à gauche. » Au fur et à mesure de sa progression, l'internaute reçoit des badges, par exemple ''débutant'', ''intermédiaire'' ou encore ''expert''. Des distinctions qui peuvent faire la différence dans la rubrique ''emploi'' du site, appelée à devenir un véritable ''réservoir'' d'autodidactes 2.0.

© Guillaume Pierre

 

Le Site du Zéro suscite des vocations
Leeaarn, vous connaissez ? Depuis septembre, cette plate-forme fait le buzz car elle offre la possibilité à n'importe qui, de donner des cours de n'importe quoi. En pratique, l'équipe de Leeaarn trouve la salle de cours et vous empochez 70% des frais d'inscriptions payés par vos élèves. Ce que l'on sait moins, en revanche, c'est que Jérémy Lecerf, le brillant étudiant en 5e année à l'Epitech qui a développé (avec 3 amis) Leeaarn est un habitué de longue date du SdZ. « Au lycée, je ne savais pas quoi faire de ma vie. Je suis tombé sur le SdZ. » Coup de foudre. Le jeune homme s'est alors lancé dans les études informatiques. Il lui reste à valider sa dernière année. « Pas d'angoisse, je suis dans le peloton de tête ! » Merci le SdZ.

Photo 1 : Pierre Dubuc, co-fondateur su Site du Zéro. © Simple IT 
Photo 2 : L'équipe de Simple IT au travail. En tout, l'éditeur fait travailler 27 personnes. © Simple IT

Photo 3 : Les parcours pédagogiques ressemblent à s'y méprendre à de véritables parcours scolaires, avec tronc commun et branches de spécialisation. © Simple IT

 

SÉCURITÉ

La RFID vole au secours des chantiers

D'ici une à deux semaines, des chantiers pilotes vont expérimenter de nouvelles technologies RFID pour lutter contre les vols de matériaux et d'équipements. Un fléau qui coûte chaque année 1 à 2 milliards d'euros au secteur de la construction.

400 000 euros la niveleuse, 100 000 euros le tractopelle, 10 000 euros la mini pelleteuse... Chaque année, les vols sur chantiers ponctionnent les entreprises du BTP de 1 à 2 milliards d'euros, rapporte une étude de 2008 menée par la FFB (Fédération française du bâtiment) qui, après avoir tiré la sonnette d'alarme, a lancé, en partenariat avec le ministère de l'Intérieur, l'opération ''Ras-le-vol''. Objectif : lutter plus efficacement contre ce pillage. Dans le cadre d'une convention avec FilRFID, la fédération des acteurs de la RFID (puce électronique sans contact), cette opération débouche quatre ans plus tard sur deux solutions innovantes, celles de KBS et Servtel, qui, dans une valise, renferment une centrale de sécurité sans fil et une quinzaine de ''tags'' actifs. Ces deux solutions s'apprêtent à être testées sur un chantier pilote à Bondy (Seine-Saint-Denis).

Installation sans fil. Les tags embarquent une batterie d'une autonomie de 1 à 3 ans et des capteurs qui mesurent la pression, la température, les chocs, les déplacements, les mouvements... De son côté, la centrale mobile dispose d'un GPS et d'un scanner qui scrute en permanence la présence des tags et leurs éventuels mouvements dans la zone à sécuriser. « L'artisan fixe les tags sur les objets à surveiller. Dès qu'un malfaiteur déplace un objet ou dès qu'il arrache un tag, celui-ci alerte la centrale qui communique régulièrement par GPRS avec une société de télésurveillance », explique François Asselin, vice-président de la FFB. De même, le télésurveilleur interroge automatiquement la centrale de sorte à déclencher une alerte si un malfaiteur tente de brouiller la communication, de casser ou seulement déplacer le boîtier.

Configuration dans le Cloud. Qui plus est, KBS et Servtel ont développé chacun une plate-forme Web (SaaS : Software as a Service) accessible dans le Cloud par smartphone. L'idée, c'est bien sûr que l'artisan puisse configurer facilement la centrale et les tags et qu'il soit prévenu des alertes de vol sur son smartphone. « Notre RfBox utilise le canal satellite afin de palier l'éventuelle défaillance de la communication GSM ou GPRS vers le télésurveilleur », précise Gilles Sussest, DG de Servtel. Même idée chez KBS qui expérimente les réseaux de radio basse vitesse que certaines villes déploient afin de casser le passage obligé des opérateurs téléphoniques. « L'avantage, c'est qu'ils ne sont vraiment pas chers ! », souligne Christian Kovacik, PDG de KBS. Fait remarquable, les deux constructeurs ont développé, sous la houlette de FilRFID, un protocole standard et ouvert pour s'interfacer avec les logiciels des télésurveilleurs.

© Erick Haehnsen

Photo 1 : La valise contenant la centrale mobile de surveillance pour chantier de KBS accompagnée des tags à fixer sur les matériaux, outils et engins de chantier. © KBS

Photo 2 : La valise contenant la centrale mobile de surveillance pour chantier de Servtel. © Servtel
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Club des médias

« Favoriser l'émergence de l'économie sociale »

Interview de Yan de Kerorguen, 59 ans, rédacteur en chef de Place Publique, site d'information sur les initiatives citoyenne et la prospective sociétale ouvert en 1996.

Quel a été votre parcours ? Je suis docteur en ethnologie, ethnotechnologie et socio-économie à Paris VII (Denis Diderot). J'ai été chercheur contractuel à l'Université de Paris-Dauphine et à l'Iris (Institut de recherche et d'informations socio-économiques) fondé par Jacques Attali et l'économiste Marc Guillaume. J'y ai adapté des méthodes d'investigation ethnologique sur le terrain de l'entreprise. Je travaillais sur l'introduction des technologies dans les organisations. A l'époque, on parlait du fax, des répondeurs... Je m'ennuyais un peu dans ce monde de la recherche. Je suis alors entré à la revue Autrement car je collaborais déjà à la revue Esprit. J'y suis resté 5 ans jusqu'en 1990. Je dirigeais des livres écrits à plusieurs mains sur les sciences, technologies et la société. J'organisais des colloques sur la science et le développement local. En parallèle j'écrivais des livres, des romans, dont La Colline Russe (Grasset ) sur l'immigration russe en France, En nous, les futurs morts grandissent (Les Éditions du doigt) sur la guerre en ex-Yougoslavie. Il faut dire que mon épouse est bosniaque.

Comment êtes-vous venu au journalisme ? J'étais Free lance au début de la guerre en Bosnie. J'avais créé l'association ICE (Initiative Citoyens en Europe) à la suite de la chute du mur de Berlin en 1989. L'ICE organisait des colloques en invitant des journalistes, des enseignants, des chercheurs, des avocats... engagés dans les pratiques citoyennes dans les pays de l'est. Un certain nombre de ces colloques portait sur l'ex-Yougoslavie pendant la guerre. J'ai alors lié mon activité de journaliste économique à celle de militant engagé pour l'Europe et la défense des citoyens, quelle que soit leur nationalité. J'ai profité de mon statut pour aller voir sur place ce qui se passait pendant la guerre. Je commençais déjà à travailler pour le quotidien économique et financier La Tribune où j'ai couvert 5 ou 6 sujets sur l'économie de guerre. J'ai commencé comme pigiste en 1991 ou 1992 et je suis devenu rédacteur en chef adjoint en 2000. Je suis parti au moment où Alain Weil est devenu le nouveau propriétaire du journal. J'ai fait partie de la première charrette de volontaires car j'étais en désaccord total avec ce qui se passait. Je pensait que le ''deal'' avait été conclu avec Bernard Arnaud pour tuer ce quotidien. Ce qui s'est passé. Je l'ai d'ailleurs dénoncé assez vite avec la journaliste Estelle Leroy dans une tribune publiée par Libération. Cela nous a valu pas mal d'ennuis.

Est-ce alors que vous avez créé Place Publique ? Non, j'avais créé le site en 1996 avec le journaliste Philippe Merlan, Patrick Azemar (docteur en ethnologie, chercheur, écrivain, essayiste) et Sophie Reinauld, patronne d'une société qui s'appelait l'Agence (devenue l'Agence Ligaris) qui nous a prêté les premiers sous pour monter le site. A l'époque, il y avait tout juste 500 sites Web en France, dont aucun site de presse. Tous les membres de l'équipe travaillaient à côté. Nous avons confié la production du site à des emplois jeunes qui voulaient devenir journalistes et que nous formions. En tout, nous avons formé 10 à 15 jeunes qui ont tous trouvé un emploi. Mais en 2008, il ne restait plus que deux emplois jeunes qui terminaient leur contrat et avaient des pistes pour décrocher du travail. Comme nous avions une bonne réputation, une bonne couverture de presse et une belle marque, j'ai proposé de relancer et professionnaliser le site. Cela tombait pile poil.

Comment avez-vous fait ? J'ai demandé à d'anciens journalistes de La Tribune, Estelle Leroy et Muriel Jaouen de s'associer avec nous. Au début, de façon bénévole mais avec le but de gagner notre vie. Nous bénéficions des indemnités de licenciement. 4 ans plus tard, après, le site fait figure d'agence de presse avec des rapports, des études, des newsletters. Nous sommes une dizaine de journalistes dont un noyau dur de 5 personnes. Chacun a son propre porte-feuille de piges. Et lorsque l'un d'entre nous ramène un contrat, il demande aux autres qui veut le réaliser ou y participer. Place Publique sert alors de gestionnaire de contrats facturés aux clients comme The Good Life, Stratégies, L'Entreprise mais aussi des magazines d'entreprise.

Quels sont vos projets ? Améliorer l'existant car nous n'en vivons pas. Personnellement, je me rémunère mais pas suffisamment. Nous avons eu l'idée de développer l'édition avec des livres pré-vendus. Nous nous sommes alors entendus avec l'éditeur Ligne de repères avec lequel nous avons publié déjà 4 livres qui ont été pré-vendus principalement à des organismes publics ou sociétés de conseil dans l'économie sociale, le transport et la mobilité, les énergies du futur, le lien inter-générationnel, les débats de société, la ville demain. Bref, dans le secteur de la prospective citoyenne.

Vous venez d'ailleurs de sortir un livre. De quoi parle-t-il ? Oui. Il s'agit de Sociétale démocratie : un nouvel horizon paru justement chez Ligne de repères et co-écrit avec Thierry Jentet, économiste et surtout patron de la mutuelle européenne Euresa et militant chevronné de l'économie sociale. Il a fondé Les rencontres du Mont-Blanc, le forum international des dirigeants de l'économie sociale. L'idée, c'est qu'avec la crise, il y a de la place pour une économie vertueuse, représentée par les coopératives ou les mutuelles. Dans notre livre, nous traitons du foisonnement des initiatives qui ont lieu dans les laboratoires et les associations, de ces idées qui voient le jour mais ne sont pas forcément valorisées. Nous repérons celles qui ont un réel potentiel et dressons un ensemble de propositions pour favoriser la démocratie d'initiative.

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

Photo 1 : Yan de Kerorguen, rédacteur en chef de Place Publique. © D.R.
Photo 2 :Couverture de Sociétale démocratie : un nouvel horizon. © Ligne de repères

 

 

Le ‘‘Lardon’’ de la semaine

Chaussée glissante en Espagne


 

A l’Agenda du Journaliste

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* Les invitations de presse sont classées par secteurs d'activité, puis par dates.
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Le fil Presse de l’innovation

N°72

28 septembre
2012

Erick Haehnsen,
rédacteur en chef d’
innov24
©
Wilfried Maisy
Edito

L'anglais. Avec plus ou moins d'adresse, nous interviewons patrons, économistes, ingénieurs, scientifiques dans une langue qui torturerait ce pauvre Shakespeare. Au moment de rédiger - pas vu pas pris ! -, nous aménageons cette zone de flou artistique entre le ressenti de notre compréhension et la réalité... Qui pourrait alors nous contredire ? Honnêtement, chacun a caché ce flou sous le tapis. Pas Ludovic Privat, qui a créé GPS Business News, un site Web en anglais sur la navigation et la géolocalisation. D'emblée, il s'est mis au journalisme... en anglais. Avec humilité, il avoue que ses lecteurs s'en rendent compte.. et ils s'en fichent ! Car l'info est là. Résultat, son audience est mondiale.

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Sommaire

Vie quotidienne
* Concilier tourisme, accessibilité, multimédia et mobile
*
Les tissus électrochromes tissent leur trame dans la vie quotidienne

Business 2 Business
* La traduction instantanée débarque dans les restaurants
*
Le plafond devient rafraîchissant

Management
* The Change Book : auto-gestion rime avec décisions de masse
* Vitaliser les éditeurs régionaux


Club des médias
Interview de Ludovic Privat, 39 ans, directeur de la publication de GPS Business News, un site Web quotidien assorti d'une newsletter hebdomadaire en langue anglaise sur Internet, consacrée à la navigation et à la géolocalisation.

Le ‘‘Lardon’’ de la semaine
par Lardon



A l'Agenda du Journaliste*
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Vie quotidienne

mTOURISME

Concilier tourisme, accessibilité, multimédia et mobile

Le front de mer d’Equeurdreville-Haineville (Manche) bénéficie d’un parcours multimédia et interactif, à base de QR codes et de puces NFC. Il est adapté aux enfants et accessible aux fauteuils roulants, aux aveugles ainsi qu'aux malvoyants.

En fauteuil roulant, à vélo ou à pied, les touristes venus à Equeurdreville-Haineville (Manche) afin d’admirer le littoral s’équipent de smartphones et de tablettes tactiles avant d’emprunter la promenade du bord de mer qui longe une partie de la rade de Cherbourg. Subtil mélange de tradition et de numérique, le parcours a été enrichi d’images, de textes, d’explications sonores, de vidéos interactives et même d’un jeu de simulation. En outre, l’accent a été mis sur l’accessibilité. Par exemple, la promenade est dotée de rampes d’accès et de bandes podo-tactiles ainsi que de plans en braille afin de guider les aveugles. « En pratique, la ville a travaillé en collaboration avec un bureau d’études spécialisé dans la conception de cheminements accessibles. Celui-ci s’est appuyé sur une association d’aveugles et de malvoyants venus tester le parcours au fur et à mesure de sa mise en place », souligne Bernard Cauvin, maire de la commune.

NFC et QR Codes. Côté mer, le parapet de 2,5 km de long est doté de 14 plaques taillées dans de la lave émaillée sur lesquelles ont été gravés des textes et des illustrations qui retracent l’histoire de la rade de Cherbourg. En pratique, chaque plaque est équipée d’une borne ronde sur le coté qui embarque deux technologies. D’une part, un QR Code, à savoir un motif imprimé à flasher avec le capteur vidéo d'un smartphone iOS ou Android afin d’activer un lien internet. Lequel s’ouvre automatiquement dans le navigateur de l’appareil. D'autre part, une puce NFC (Near Field Communication), intégrée dans le béton, s’active à distance lorsqu’un smartphone passe à proximité (max 5cm). « C’est le second parcours touristique français, après celui de Caen, à s’être doté de telles puces », souligne Magali Scelles, responsable projet au pôle de compétitivité TES (Transactions électroniques sécurisées).

Parcours multimédia. « Lorsque les QR Codes et les puces NFC s’activent, une application Web se lance sur le mobile. Qui plus est, l'affichage est optimisé pour les malvoyants », explique Lionel Guillaume, directeur R&D de Biplan Cherbourg qui a réalisé l’application. « Pour chaque plaque, un contenu ludique est associé. » Par exemple, de courtes vidéos détaillent les épisodes historiques de manière ultra-pédagogique grâce à la coopération de professeurs d’écoles primaires. L'initiative s'adresse à 1 400 écoliers qui habitent la ville, labellisée ‘‘Ville amie des enfants’’ par l’Unicef en 2004. Par ailleurs, des modélisations 3D immergent l'utilisateur, par exemple sur le pont du Titanic reconstitué à l'identique. Pour changer d'angle de vue, il faut orienter la tablette. Dernière innovation : un jeu de simulation pour tablette glisse l'utilisateur au commande d'un aéronef virtuel, lui donnant la sensation de survoler la baie.

© Guillaume Pierre

Photo1 : La promenade urbaine a été inaugurée le 27 mai 2012. Elle fait face à la rade de Cherbourg et serpente sur 2,5km. © TCA-innov24
Photo 2 : Le NFC fonctionne avec les Smartphones de marque Samsung mais il nécessite de poser le téléphone sur la borne. © TCA-innov24
Photo 3 : A gauche, Lionel Guillaume, directeur R&D de Biplan Cherbourg. A droite, Antoine Allain créateur de l'entreprise.© TCA-innov24

 

TEXTILE

Les tissus intelligent tissent leur trame dans la vie quotidienne

Très attendu chaque année, le prix Théophile Legrand récompense des innovations qui peuvent changer le fil de notre vie de tous les jours.

Dimanche 7 octobre sera proclamé le nom des lauréats de la 4ème édition du prix Théophile Legrand qui récompense les innovations textiles. Cette cérémonie organisée par la fondation éponyme et l'Institut de France est suivie avec intérêt par la communauté internationale des chercheurs. Mais aussi par les industriels du textile à la recherche d'une innovation qui fera bondir leurs ventes. A l'instar de ce tee-shirt rafraîchissant intégrant des matériaux à changement de phase commercialisé par Damart. Ou encore ce vêtement qui intègre des capteurs d'obstacles pour les non-voyants et qui sera fabriqué par une entreprise turque. Citons enfin ce textile antibactérien (il empêche la croissance des bactéries) et auto-nettoyant inventé par le pakistanais Munir Ashraf et encore en phase de finalisation.

Afficher des messages publicitaires.  Le crû 2012 se montre tout aussi innovant avec l'arrivée de textiles qui changent  de couleurs ou de propriété physico-chimique sous l'influence de l'électricité. Deux candidats se détachent du lot : d'abord Ludivine Meunier, du laboratoire de recherche Gemtex à Roubaix. Cette doctorante à l’Ensatt (Ecole nationale supérieure des arts et textiles techniques) présente une version plus aboutie (au plan industriel) de son afficheur textile électrochrome qui avait concouru sans succès l'an dernier. Intérêt de ce produit, il réagit selon l'ambiance et le degré de luminosité. On peut ainsi imaginer des pulls diffuseurs de messages publicitaires.

Lumineux et dépolluant. Autre innovation prometteuse, ce textile lumineux photocatalytique qui détecte et détruit les composants organiques volatiles (COV) présents dans l'air. A la base, il s'agit d'un textile imprégné de dioxyde de titane (le catalyseur) dont les fils sont tressés avec des fibres optiques. Lesquelles diffusent sur toute leur longueur des rayons lumineux grâce à un traitement de surface spécifique. Résultat, lorsque des polluants se déposent à la surface du textile, ces derniers se dégradent naturellement sous l'action des rayons lumineux qui activent le catalyseur. Cette invention, réalisée avec le financement de l'industriel Brochier Technologies, est aussi applicable au traitement des eaux usées. Elle a été développée par Pierre-Alexandre Bourgeois (France), doctorant en chimie des matériaux à l’Université Claude Bernard de Lyon 1. Embauché aujourd'hui comme ingénieur R&D intégré au laboratoire ''Corporate Research'' du Centre Technique Client Européen de 3M France'', il figure en très bonne place parmi les possibles lauréats de l'édition 2012.

© Eliane Kan

Photo : Tee-shirt rafraîchissant intégrant des matériaux à changement de phase. © Damart
Photo 2 : Echantillon de textile lumineux photocatalytique. © DR


 

Business 2 Business

TIC/RFID/NFC/

La traduction instantanée débarque dans les restaurants

Pour faire comprendre leur menu aux clients étrangers, les restaurateurs vont disposer d'un système de traduction instantané sur smartphone et tablettes.

« A l'occasion du Championnat d'Europe de football en Ukraine, pas mal de gens ne comprenaient rien à ce qu'ils commandaient dans les restaurants : tout était écrit soit en ukrainien soit en russe. Très peu de personnes parlaient l'anglais », explique Jean-Philippe Verger, directeur commercial de Delenate Agency, qui, depuis le mois de mai, planchait sur un système de traduction instantané à base de QR Code et de puces NFC (Near Field Communication ; réseau de communication de proximité), baptisé e-Restaurant NFC.

Mini site Web. « Grâce à l'appareil photo du smartphone, on peut flasher une étiquette autocollante QR Code pour lire un lien Internet unique et se retrouver très rapidement sur un site Web. Ce système est déjà très répandu », détaille Jean-Philippe Verger, par ailleurs vide président du FilRFID, un organisme qui rassemble les industriels des technologies sans contact. « En passant par le réseau 3D, Edge ou WiFi, on voit alors s'afficher sur le smartphone ou la tablette un mini-site Web qui présente la carte du Menu en 12 langues : français, allemand, espagnol, néerlandais, russe, ukrainien, arabe, chinois et bientôt japonais... Il suffit de choisir celle qu'on veut. » Certains smartphones, comme par exemple le Samsung Galaxy S3, disposent d'une puce NFC, initialement prévue pour le paiement bancaire sans contact. En ce cas, le menu comporte une étiquette RFID qui sera lue par la puce du portable. Laquelle conduit à la même page Web du menu traduit. Seule différence, la connexion est plus rapide.

Nombreuses applications en vue. On s'en doute, la traduction affichée sur le mini site Web ne vient pas toute seule ! Moyennant 500 euros pour la création du site, la traduction du menu en 12 langues (et sa vérification par un traducteur) ainsi que pour les étiquettes QR Codes et les tags RFID, la jeune société propose également aux restaurants, pour 250 euros, de tester le système in situ et de former le personnel. A cela s'ajoute un abonnement mensuel de 30 euros pour le site Web, lequel donne droit à actualiser à distance la carte du restaurant. La formule d'e-Restaurant NFC commence à faire recette : en quelques semaines, le système est en cours de déploiement dans une cinquantaine de restaurants. Principalement en France mais aussi à Kiev et en Suisse. « Nous adaptons notre offre aux restaurants saisonniers et à la restauration ambulante. Par exemple, pour expliquer s'il y a ou non du porc dans les plats », ajoute Jean-Philippe Verger qui pense décliner la traduction NFC pour les zoos et les agences immobilières ainsi que sur les stands des foires et salons.

© Erick Haehnsen

Photo 1 : Jean-Philippe Verger, directeur de Delenate Agency et vice-président du FilRFID. © D.R.
Photo 2 : Le Smartphone lit avec sa puce NFC un lien Internet unique qui se trouve dans l'étiquette RFID sur le menu. © D.R.
Photo 3 : Après avoir sélectionné la langue de son choix, le menu est traduit. Ici, dans une langue qui nous est fort sibylline ! © D.R.

 

CONSTRUCTION

Le plafond devient rafraîchissant

Les matériaux à changement de phase grimpent au plafond. Armstrong lance des dalles qui vont limiter la température des bureaux à 22°c l'été. De quoi éviter de trop pousser la clim'.

 

Finie la canicule dans les bureaux ? C'est du moins ce que laisse augurer le plafond à changement de phase que va lancer le fabricant Armstrong. Il s'agit plus précisément de dalles métalliques de 675 mm x 675 mm ou de 600 mm x 600 mm qui intègrent un insert, en l'occurrence une plaque de plâtre contenant des microcapsules de polymères à changement de phase. « Dans la journée, lorsque la température ambiante atteint un certain seuil de température, ce matériau fond et passe de l'état solide à la forme liquide, ce qui a pour effet d'absorber les calories. De quoi perdre 5°C. Et inversement, la nuit. », indique Bernard Allgeyer, le directeur technique d'Armstrong.

 

Grâce à ce système baptisé Coolzone, la température peut être maintenue aux alentours de 22°C sans avoir à pousser le système de climatisation. A la clé, une économie potentielle de 40% de la facture énergétique. En outre, nul besoin d'en recouvrir l'intégralité du plafond. Une dalle sur deux ou sur trois suffisent, indique le fabricant qui vend son produit aux alentours de 300 euros/m². Destiné aux bâtiments tertiaires neufs ou en rénovation, CoolZone est proposé uniquement sous la forme de dalles en métal car ce support conduit plus rapidement la chaleur, indique le fabricant qui phosphore sur d'autres matériaux.

© Eliane Kan

Photo : Dalle CoolZone intégrant des matériaux à changement de phase. © Armstrong


 

Management

RÉSEAU SOCIAL

The Change Book : auto-gestion rime avec décisions de masse

C'est le buzz chez les militants anarcho-altermondialistes ! Objectif : organiser la mobilisation citoyenne en vue de mener des actions collectives grâce à un nouveau réseau social. Pour cela, l'équipe s'appuie sur des assemblées virtuelles et fragmente les pouvoirs.

Après deux mois d'existence, le réseau social The Change Book (TCB), édité par le collectif militant Actualutte, affiche déjà la bagatelle de 10 000 membres s'élevant au rang de plate-forme ''qui compte'' chez les militants français. Qu'ils soient ''Indignés'', ''Anonymous'' ou simples citoyens engagés, ils ont comme point commun de détester le ''système financier international''. Que l'on partage ou non leur idéologie, leur méthode force le respect : tournant le dos aux modèles économiques qui font florès chez ses concurrents, à l'instar du très libéral réseau Facebook, The Change Book délaisse la monétisation des données personnelles au profit de la lutte militante. Sa vocation : déplacer les foules sur des lieux de manifestation. Voire même centraliser la préparation d'opérations ''coup de poing'' visant à occuper (illégalement) des banques... « L'idée c'est d’avoir un outil de prise de décision opérationnel qui fonctionne de manière démocratique et collaborative », explique le créateur de la plate-forme, qui souhaite conserver l'anonymat.

Assemblées virtuelles. Depuis le lancement de la version bêta du site internet, le forum ne désemplit pas. Certains sujets, par exemple le choix du nouveau logo adopté la semaine dernière, ont fait l'objet d'un vote électronique. D’autres impliquent de passer devant une assemblée délibérante. Pour se réunir sans nécessairement se rencontrer en réel (la dernière fois, 3 cars de CRS se sont invités à la fête), les utilisateurs du réseau militant se connectent sur un salon de discussion accessible 24h/24 via Mumble, une application de téléphonie qui fonctionne sur Internet (VoIP : Voice over IP), hébergée par le groupe Occupy Wallstreet. En pratique, il faut choisir une date et une heure de rendez vous. Dans cette optique, les militants passent par le logiciel open-source Framadate, qui leur demande leurs disponibilités et calcule ensuite la meilleure combinaison possible. Puis, suivant un ordre du jour procédurier et intangible, les utilisateurs de TCB passent en revue les points problématiques.

Découpage fin des rôles. Dans le cas où l'assemblée ne parvient pas trouver un accord, un nouveau vote intervient afin de régler le litige... Des processus à rallonge qui prennent leur source dans l'extraordinaire aversion des membres de TCB envers toute prise personnelle de pouvoir. Non sans finesse, l'équipe d'Actualutte a tout de même réussi a concevoir une équipe de ''signaleurs'', de modérateurs et d'administrateurs, dotée de permissions plus élaborées que le commun des internautes... « Les membres qui rejoignent l'équipe commencent par du signalement. » Une activité qui consiste à faire remonter l'information aux modérateurs, seuls habilités à agir. « Ces derniers accèdent aux fonctions "lourdes" de type édition et suppression de membres que nous ne donnons pas sans bien connaître les personnes. » Prochaine étape, diviser l'éventuelle concentration de pouvoir des administrateurs en cloisonnant leur rôle à des tâches très spécifiques.

© Guillaume Pierre

Photo : The Change Book a prit modèle sur Facebook avant de chercher à s'en détacher.
Photo : La dernière réunion Mumble sur http://occupytalk.org, le serveur des Occupy.

 

ÉDITION

Vitaliser les éditeurs régionaux

A quelques semaines de son lancement sur le Web, NeoBook Editions constitue son fond éditorial en passant des accords avec les éditeurs régionaux qui veulent redonner une seconde vie à leurs ouvrages papier.

« D'ici deux à trois ans, le marché des éditions numériques va exploser. Il y aura plusieurs centaines de milliers de titres à télécharger chaque année », estime Agnès Beauquel qui, avec son mari Christophe, s’apprête à lancer en novembre sa propre maison d'édition numérique, NeoBook Éditions. Celle-ci proposera 12 collections (littératures, romans noirs, SF, poésie, etc.) « Nous allons ouvrir une plate-forme 2.0 qui diffusera les œuvres de nos propres auteurs mais aussi celles des éditeurs régionaux qui veulent prolonger la vie de leurs livres imprimés », indique l'éditeur qui ambitionne de diffuser une centaine de livres depuis sa plate-forme mais pas exclusivement puisque les livres seront aussi téléchargeables sur Amazon, La Fnac ou Google Play.

Pour les convaincre de sauter le pas, NeoBook numérisera gratuitement les ouvrages. « Nous demandons simplement le fichier sous Word ou autre traitement de texte puis nous les maquettons et les mettons au format ePub. Lequel s'adapte à toutes les liseuses et se montre beaucoup plus confortable que le PDF », souligne Agnès Beauquel qui demande 50% sur le prix de la vente des livres, commercialisés entre 1 et 10 euros selon les prix négociés avec les éditeurs partenaires. Une fois numérisés, les livres seront prêts à être téléchargés sur n'importe quel support (tablettes, liseuses, PC...) depuis la plate-forme web NeoBook. Les éditeurs prévoient un blog littéraire qui constituera un espace de promotion et de dialogue pour les auteurs. L'an prochain, le site accueillera deux fonctionnalités avancées : d'abord un réseau social permettant aux auteurs de dialoguer avec leurs lecteurs et de les fidéliser. Puis un système de dédicace des livres sur place ou à distance.

© Eliane Kan

Photo : Agnès Beauquel a créé avec son mari la maison numérique NeoBook Éditions. © NeoBook Éditions

 


 

Club des médias

« Comme je ne suis pas un ''native English'', nos lecteurs s'en rendent compte. Mais cela leur est assez égal »


Interview de Ludovic Privat, 39 ans, directeur de la publication de GPS Business News, un site Web quotidien assorti d'une newsletter hebdomadaire en langue anglaise sur Internet, consacré à la navigation et à la géolocalisation.

Quel a été votre parcours ? J'ai fait Sciences Po Rennes et un DEA d'histoire des idées politiques. J'ai fait mon service militaire en 1997-1998 à l'ambassade de France de Lusaka en Zambie où je me suis occupé des relations avec la presse. En 1999, j'ai travaillé comme attaché de presse à l'agence Harvard Public Relations, devenue Trimedia. Jusque fin 2004. Je me suis occupé de budgets High-Tech : Texas Instruments, The Phone House, Handspring, Sony, Tom-Tom, le fabricant de navigateurs GPS. Ce qui m'a amené, en 2005, à ''passer chez l'annonceur'', à savoir Navman, un autre fabricant de GPS, dont je me suis occupé des relations publiques au niveau européen. Dans ce contexte, j'ai remarqué qu'il n'y avait aucun média B2B (Business to Business, c'est-à-dire professionnel, NDRL) sur ce créneau. Le hasard a fait qu'on a proposé à ma femme un job à Chicago. J'ai donné alors ma démission et suis parti avec ma famille aux États-Unis. Ce fut l'occasion de créer là-bas GPS Business News, avec Alexandre Saltiel, un ancien de Navman. Nous avons mis 10 000 dollars sur la table et décidé de donner une dimension internationale car nous nous positionnions sur un marché de niche. Du coup, on a eu une audience répartie à 40% en Amérique du nord, 40% en Europe et 20% pour le reste du monde. D'emblée, nous nous sommes mis à écrire les articles en anglais.

Est-ce difficile, pour des Français, de publier un journal en anglais ? Oui et non. Avant de lancer le journal, je rédigeais déjà mes communiqués de presse en anglais. Comme je ne suis pas un ''native English'', nos lecteurs s'en rendent compte. Mais cela leur est assez égal. Aujourd'hui, j'écris plus facilement en anglais qu'en français ! J'ai dû apprendre à être journaliste et à écrire en anglais en même temps !Aujourd'hui, je rédige entre 10 et 15 news par semaine. L'édition sort le jeudi soir avec des textes et des podcasts qui sont des interviews audio que les gens téléchargent en MP3. Cela me permet de sortir des interviews plus vite et plus facilement. Notamment lors des salons professionnels car je résume les thèmes dans le podcast puis je fais tout simplement parler les experts du marché. Le plus dur, pour moi, c'est mon back-ground : je ne suis pas ingénieur. J'avoue qu'il m'est arrivé, au début, de faire relire certains papiers par des experts...

De la ''com'' à la presse, quel a été pour vous le plus grand changement ? C'est tellement différent ! J'aurais pu faire un blog mais je voulais lancer un vrai média qui tienne la route, adopter délibérément une démarche journalistique basée avec la déontologie et le recoupement des sources qui ne font pas toujours partie du blog. Aller chercher les informations, faire des interviews et des enquêtes... c'est la curiosité qui m'a poussé à devenir journaliste. Je voulais aller au fond des sujets, au-delà des apparences, recueillir des témoignages, lever des lièvres, faire preuve d'honnêteté vis à vis des lecteurs... Au résultat, GPS Business News est financé à hauteur de deux tiers par la pub et d'un tiers par les abonnements . Pour un média Web, ce pourcentage des revenus par le contenu éditorial est assez élevé. L'enjeu, c'est de parvenir à ce que l'information fournie soit suffisamment satisfaisante pour les lecteurs qui renouvellent leur abonnement. Aujourd'hui, nous avons une audience de 20 000 visiteurs uniques par mois, soit 250 à 300 000 pages vues par mois.

Votre activité est-elle rentable ? Oui ! Nous n'avons jamais perdu d'argent même si nous n'avons pas touché le jack pot. Je n'aurai pas une retraite au soleil. A côté de la revue en ligne, nous avons lancé un événement annuel, Geo Marketplace, qui a été rebaptisé cette année, Future of Nav, dont la troisième édition aura lieu les prochains 28 et 29 novembre au Novotel Convention à Paris dans le XV. 120 à 150 personnes provenant de 15 à 20 pays (principalement européens) y viennent pour y échanger sur les thématiques du GPS et de la navigation. Cette activité élargit la base de nos revenus.

Quelles sont les grandes questions du monde du GPS et de la navigation ? Le marché avait vraiment démarré en 2001 lorsque le gouvernement a levé l'imprécision imposée par l'Armée en la faisant passer de 100 m à près de 10 m, de sorte à développer les applications grand public. En 2007, il n'y avait qu'une seule catégorie de GPS pour la navigation automobile avec, par exemple, TomTom et Garmin. Aujourd'hui, le GPS se retrouve sur les smartphones, montres, appareils photos, tablettes tactiles, voitures, bateaux... On assiste à une incroyable dissémination de la technologie. Aujourd'hui, le GPS est associé aux capteurs de mouvements et d'altitude, au gyroscope, aux compas, à la triangulation des bornes WiFi à l'intérieur des bâtiments... A côté de cela, naissent de nouvelles constellations de satellites, comme Glonass, le GPS russe, qui est également utilisé, à côté du GPS américain, par les smartphones. Vers 2014-2015, le système européen Galileo devrait également entrer en fonction et offrir une précision de 5 m.

Quels sont vos projets ? Peut-être plus de scinder notre marché en deux newsletters hebdomadaires : une pour la téléphonie et l'autre pour l'automobile. Mais nous garderions un seul titre pour le site quotidien.

 

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

Photo : Ludovic Privat, 39 ans, directeur de la publication de GPS Business News. © D.R.

 


 


 

Le ‘‘Lardon’’ de la semaine

Tunisie : le téléphone pleure


 

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Le fil Presse de l’innovation

N°71

21 septembre
2012

Erick Haehnsen,
rédacteur en chef d’
innov24
©
Wilfried Maisy
Edito

Ambitieux et pragmatique, Pierre-Yves Platini, 32 ans, l'est assurément. Ce directeur général d'un fonds d'amorçage est également cofondateur et directeur de la rédaction de Satellinet, un magazine hebdomadaire en ligne créé en 2010 qui ambitionne de produire l'information de référence sur les médias et la communication en ligne. Fait saillant : ce magazine vit essentiellement de la vente de son contenu éditorial... Qui n'en rêve pas ? Sur ce terrain, Pierre-Yves Platini ne réinvente pas la roue. Il s'appuie sur son actionnaire de référence, Joël Wirsztel, patron de Fréquences qui édite Satellifax et Satellimag vendus également en ligne. En clair, l'indépendance éditoriale, c'est bien une affaire de pragmatisme, à savoir produire une info pertinente que le public est prêt à payer.

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Sommaire

Vie quotidienne
* Maison en carton : du solide pour la basse consommation et l'habitat d'urgence
*
La restauration rapide gagne du terrain

Business 2 Business
* Continuer à travailler sur le Cloud même s'il ''plante''
*
Des bornes multi-énergies pour les véhicules électriques

Management
*Le photographe qui ''deale'' avec Dassault Systèmes


Club des médias
Interview de Pierre-Yves Platini, 32 ans, cofondateur et directeur de la rédaction de Satellinet, un hebdo en ligne sur l'actualité de la communication et des médias ? vendu sur abonnement, au numéro et à l'article.



Le ‘‘Lardon’’ de la semaine
par Lardon



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Vie quotidienne

HABITAT

Maison en carton : du solide pour la basse consommation et l'habitat d'urgence

 

Aussi solides que les structures en ossature bois et dotées de propriétés thermiques élevées, les plaques de carton du français MacHome sont en passe de gagner leurs lettres de noblesses dans l'habitat.

Les murs de plaques de plâtre ou de béton n'ont plus qu'à bien se tenir ! Après avoir démontré sa solidité dans la fabrication de meubles domestiques ou professionnels, le carton s'attaque aux murs, plafonds et sols de la maison. En témoigne le catalogue MacHome, du nom d'une start-up créée cette année, qui proposera fin 2012 des éléments modulaires réalisés dans du carton alvéolaire. Il s'agit en fait de plaques constituées de 34 feuilles de 7 mm d'épaisseur entrecollées avec de la colle de maïs ou de blé pour une épaisseur totale de 24 cm. Ces plaques pèsent chacune environ 60 kg et sont entourées d'un pare-vapeur et d'un pare-pluie pour faire barrage à l'humidité. Surtout, « Grâce à leur design, ces éléments s'emboîtent les uns aux autres. Ce qui supprime les problèmes de pont thermique », explique Bruno Bravo, le PDG de l'entreprise qui s'est associé à Hubert Lê, l'inventeur de ces plaques.

Royalties sur les m² vendus . Si le duo a pour ambition de devenir l'Ikea de la construction en proposant des maisons en kit, prêtes à monter, ils n'ont pas pour vocation à jouer les fabricants ni les bureaux d'études. Le tandem s'est appuyé sur l'un des plus gros fabricants de carton en Europe, en l'occurrence DS-Smith qui leur accorde des royalties sur chaque m² vendu. Par ailleurs, pour aider les clients à évaluer leurs besoins en plaques de carton, il s'est associé à un bureau d'études ECCI qui a imaginé en outre un jeu de longrines, des rofilés en acier et en bois pour raccorder les parois aux sols. Grâce à quoi, quelques jours suffisent à monter une maison qui n'a rien à envier aux maisons BBC (Bâtiments basse consommation), assure Bruno Bravo en recensant les performances techniques des produits : leur résistance de 34 200 Newton est supérieure à celles des structures à ossature bois traditionnelles. Côté isolation thermique, les plaques atteignent le coefficient R 7,88.

Maisons à 5 000 euros. Si l'entreprise est toute jeune, en revanche, les panneaux alvéolaires ont déjà fait leur preuve comme en témoignent ces gîtes construits dans la forêt de Rambouillet. Par ailleurs, en 2013, quatre familles ont prévu d'autoconstruire leur propre maison dans un écoquartier de Kaysersberg en Alsace pour un coût de 195,000 euros - terrain compris. Soit un prix inférieur à ceux d'une maison BBC à qualité et surface comparable. MacHome ne compte pas se limiter au seul secteur de la maison individuelle puisqu'il vise aussi les immeubles collectifs. « Dans cette perspective, nous sommes en train de créer un réseau d'une centaine d'installateurs artisans, architectes... formés à la construction des maisons alvéolaires », indique le dirigeant de l'entreprise qui cherche aussi à favoriser l'habitat d'urgence à Haïti. Notamment en abandonnant ses royalties au profit des ONG de manière à ce qu'elles puissent créer elles même des maisons pour moins de 5 000 euros !

© Eliane Kan

Photo 1 : Bruno Bravo, PDG de MacHome. © MacHome
Photo : Intérieur d'un gîte construit en forêt de Rambouillet. © MacHome

 

AGROALIMENTAIRE

La restauration rapide gagne du terrain

 

Marre de manger froid ? Avec le distributeur ''Snackissime'', une poignée de minutes et quelques euros suffisent à obtenir un plat chaud. De quoi intéresser les étudiants et les employés de bureau mais aussi les campeurs et autres night-clubers.

Un plat de frites croustillantes et sa portion de viande disponibles en moins de 3 minutes, c'est ce que proposera en fin d'année la faculté de Montpellier qui accueillera le premier distributeur de plats chauds baptisés ''Snackyssime''. A l'origine de cette invention, Mohamed Boualam, un spécialiste du commerce international et passionné de mécanique qui, avec son frère ingénieur, a conçu cette machine. Protégée par un brevet international, elle utilise notamment des procédés utilisés dans l'industrie agroalimentaire. Derrière la vitre du distributeur se cache un congélateur où sont stockés les produits précuits et débarrassés de leur emballage. Une fois qu'un client sélectionne un plat, les différents éléments (frites, poulet, bâtonnets de fromage...) sont recueillis dans une grosse cuillère puis dirigés vers un système de pesée. Lequel calculera la température et le temps nécessaires pour réchauffer la portion en une poignée de minutes et sans ajout de matière grasse.

Écran publicitaire. Toutes ces opérations sont effectuées à l'intérieur du distributeur qui occupe au plus 1,50  m² au sol. « Nous travaillons déjà sur un autre modèle qui sera encore plus compact », indique Mohamed Boualam qui a créé en 2008 son entreprise Easymeal Concept. 4 ans après, l'entreprise dispose d'un capital de 410 000 euros, compte huit associés et fait travailler quatre personnes. « Nous entamons la commercialisation des machines auprès des distributeurs de machines à café et autres denrées alimentaires ainsi qu'auprès des gestionnaires de cantines, hôtels automatiques, night-clubs, campings... », sourit le dirigeant qui espère aussi arrondir ses recettes avec de la publicité diffusée sur l'écran 19 pouces intégré dans chacune de ses machines. Ces dernières peuvent être achetées ou tout simplement louées à hauteur de quelques centaines d'euros par mois. Pour ravitailler les machines, Easymeal dispose de ses propres fournisseurs. « Nous avons prévu de varier notre offre de repas avec des menus exotiques, végétariens, bios ou encore Halal », précise le dirigeant qui s'est attelé à l'étude de distributeurs capables de fournir deux ou trois plats simultanément.

© Eliane Kan

Photo :Mohamed Boualam, inventeur de la machine à distribuer des plats chauds. © Easymeal Concept
Photo : Le Snackissime arrivera dans la faculté de Montpellier en fin d'année. © Easymeal Concept

 


 

Business 2 Business

TIC

Continuer à travailler sur le Cloud même s'il ''plante''

 

Les méga centres de données qui hébergent les applications SaaS (Software as a Service) ne sont pas à l'abri de défaillances techniques. La start-up française ViFib offre une solution originale, accompagnée d'une assurance, pour prévoir le pire et continuer à travailler.

Salesforce pour la gestion de la relation client, Google Apps pour les applications collaboratives, Oxatis pour la boutique électronique... malgré leur très haut degré d'industrialisation, ces services logiciels dans le Cloud ne sont pas à l'abri d'un malheureux coup de pelleteuse dans le câble électrique ou la fibre optique de leurs Data Center, ni d'une inondation ou d'une attaque terroriste.. Une chose est sûre : lorsqu'un service Cloud tombe en panne, l'entreprise perd l'accès à l'application et à ses données. « Le patron d'une agence de voyage sur Internet redoutait que ce type de risque n'arrive en décembre où il réalise une grande part de ses ventes. Car il n'avait aucune solution de repli », explique Jean-Paul Smets, directeur général de ViFib (qui héberge innov24), une start-up française qui, au lieu de concentrer ses applications hébergées dans un centre de données, les répartit de façon sécurisée dans une multitude de serveurs disséminés chez des particuliers équipés en fibre optique. ViFib a ainsi conçu pour l'agence de voyage un PRT (Plan de reprise technique).

Résilience. Dans son architecture répartie, la start-up installe ERP5, un logiciel libre qui rassemble la gestion de la relation client, la boutique électronique et les applications bureautiques collaboratives. « Le client n'aura pas toutes les fonctionnalités d'origine mais le minimum pour continuer à travailler », poursuit Jean-Paul Smets. Cette ''résilience'', à savoir la mise à disposition d'une copie des données et des fonctionnalités essentielles dans un autre logiciel (ERP5) et dans une autre infrastructure (ViFib), réclame néanmoins quelques jours de travail. « Il faut récupérer les catégories de données (segmentation clients, nomenclature de produits et d'événements...), importer les données et vérifier qu'on obtient un niveau de service satisfaisant. Pour l'instant, nous travaillons avec les applications de SalesForce, GoogleApps et Oxatis. D'autres suivront en fonction des demandes du marché », détaille Jean-Paul Smets qui devrait sortir un service de résilience pour sites Web critiques dans un ou deux mois.

Remboursement en cas d'échec. En un premier temps, ViFib tente clairement de toucher les grosses PME avec une offre de PRT pour le SaaS commercialisé à 5 000 euros pour une période de garantie trois ans - soit 138 euros par mois. « Si nous échouons, nous remboursons le client jusqu'à 100.000 euros », souligne le directeur général qui prépare, pour les entreprises du CAC40, une offre à 30 000 euros sur trois ans qui donne droit à un remboursement jusqu'à 1 million d'euros en cas d'échec ! « Nous avons élaboré cette garantie avec un courtier en assurance, spécialisé dans les phénomènes de risques très élevés mais qui arrivent très rarement », ajoute Jean-Paul Smets. Selon l'assureur, le risque est moins cher à assurer dans le Web réparti que dans les Data Center.


© Erick Haehnsen

Photo : Jean-Paul Smets, DG de ViFib. © ViFib

 

TRANSPORTS

Des bornes multi-énergies pour les véhicules électriques

 

En majorité, les bornes de recharge pour les véhicules électriques sont connectées aux réseaux électriques alimentés en énergie nucléaire. D'où l'idée du français Grolleau d'apporter sur la chaussée une borne multi-énergies.

Avec une autonomie qui varie de 90 à 160 km selon les modèles, les utilisateurs de véhicules électriques (VE) doivent surveiller comme le lait sur le feu le niveau de leurs batteries. Outre les prises domestiques, ils peuvent aussi s'alimenter à des points publics de recharge. Toutes les grandes villes en sont déjà équipées. Entre autres, la ville de Rennes qui compte un réseau d'une douzaine de bornes conçues et fabriquées en France par l'entreprise Grolleau (chiffre d'affaires : 16 millions d'euros en 2011, 150 salariés). Cet industriel dispose de son propre centre de recherche et développement.

Interopérabilité énergétique. L'équipe d'une douzaine de personnes phosphore notamment sur une nouvelle génération de bornes multi-énergies (électricité du réseau public, éolienne et solaire). « Au fil de la journée, ces équipements seront alimentés par du solaire ou de l'éolien. L'énergie provenant du réseau de la ville n'étant utilisée qu'en complément ou durant la nuit », explique Dominique Hillion, directeur des ventes et de la recherche de Grolleau. La principale difficulté qu'il reste à surmonter consiste à assurer l'interopérabilité des différents modules de production de sorte que la borne bascule d'une énergie électrique à l'autre. « Notre ambition est de lancer une offre en 2013. »

400 000 bornes pour 2020. La borne multi-énergies suscite déjà l'intérêt des collectivités locales qui sont sensibles à la question de l'indépendance énergétique. Avec cette borne qui intégrera en option ou en standard un module de réservation sur Internet ou par téléphone, Grolleau vise à prendre 5% du marché des bornes publiques en 2015. A cette date, 75 000 bornes devraient avoir été implantées contre 8 572 bornes en 2012. Le marché deviendra significatif en 2020 avec 400 000 unités qui desserviront 2 millions d’engins électriques ou hybrides.

© Eliane Kan

Photo : Borne de recharge électrique installée dans un parking de Rennes. © Grolleau

 


 

Management

PHOTOGRAPHIE

Le photographe qui ''deale'' avec Dassault Systèmes

 

Adrien Duquesnel, photographe pionnier dans le domaine des prises de vue à 360°, a numérisé Paris dans le cadre d’un ambitieux projet porté par l’éditeur de logiciel Dassault Systèmes, leader mondial des logiciels de conception.

A 29 ans, Adrien Duquesnel est l'un des photoreporters les plus innovants de sa génération. Sa spécialité : les prises de vues à 360°. Convaincu par ses travaux, Dassault Systèmes, le leader mondial des logiciels de PLM (Product Life-cycle Management ; Gestion du cycle de vie des produits) qui servent à concevoir avions et automobiles, lui a confié un programme d'exception : la réalisation de 8 photographies immersives visant à reconstituer Paris à différentes époques dans le cadre du projet Paris 3D. Ses clichés seront visibles dans l'application iPad que le photographe a contribué à réaliser avec Dassault Systèmes. Laquelle sortira le 29 septembre sur l'AppStore. En pratique, l'éditeur de logiciels expérimentait cette nouvelle technique photographique pour la première fois. Du coup, l'entreprise recherchait un professionnel capable d'en anticiper tous les aléas.

Technologies issues du reportage de terrain. « En outre, il fallait travailler vite », explique Adrien Duquesnel qui a dû ‘‘minuter’’ son temps de travail. « Parce que, après moi, devaient intervenir des graphistes et des développeurs. » Au final, prises de vues et montage n’ont demandés que 3 semaines. Un temps record. Le secret de sa vitesse réside dans l'expérience accumulée, une variable déterminante. « Je connaissais certaines problématiques à l'avance. J'avais déjà développé mes solutions de photographie immersive. » Par exemple, pour travailler dans le vide, à l'aplomb de la cathédrale Notre Dame, le photographe accroche son appareil à un mât, suspendu dans le vide. « Je tire mes méthodes de mon dernier reportage à 360°*, réalisé au Japon en mars 2011 et mars 2012, au moment du Tsunami. »

Tandem Photographe-Chef de projet informatique. En pratique, le projet s'est déroulé en deux temps. Première étape : « puiser dans les reconstructions 3D réalisées par Dassault Systèmes qui représentent la ville de Paris telle qu'elle apparaissait il y a plusieurs siècles. » Seconde étape, capturer l'état actuel de la ville à travers des centaines de prises de vue à 360°. « Outre les problèmes de qualité de la lumière, récurrents en photo, il fallait également vérifier la faisabilité des images en fonction des endroits. Là où s'étendait un bâtiment historique peut aujourd'hui correspondre un mur... De quoi rendre la photographie inexploitable... » Accompagné d'un chef du projet chez Dassault Systèmes et d'un ordinateur portable contenant les modélisation 3D, le photographe s'est rendu sur le terrain afin de sélectionner les points de vue compatibles avec le projet. Restait encore à réaliser les montages des vues panoramique et à développer une interface utilisateur. « Pour être un bon photographe 360°, il faut à la fois des compétences en photographie et en informatique. »

© Guillaume Pierre

Site internet d'Adrien Dusquesnel : www.360degres.info

Photo 1 : Adrien Duquesnel, photo-reporter spécialisé dans la prise de vue à 360 degrés. 
Photo 2 : Capture d’écran d’une prise de vue à 360 degré du Champ de Mars depuis la Tour Eiffel à Paris. 


 

Club des médias

« Notre ambition, c'est de produire l'information de référence sur les médias et la communication en ligne »

Interview de Pierre-Yves Platini, 32 ans, cofondateur et directeur de la rédaction de Satellinet, un magazine hebdomadaire en ligne sur l'actualité de la communication et des médias, vendu sur abonnement, au numéro et à l'article.

Quel a été votre parcours ? Après avoir fait HEC, j'ai démarré en tant que consultant chez Rolland Berger, un cabinet conseil en stratégie. Puis j'ai rejoint Stéphane Distinguin, patron de faberNovel, une agence d'innovation où, en 2006, j'ai monté le département stratégie et organisation et élaboré les méthodologies internes. J'étais passionné par l'innovation dans tous les secteurs. C'est là que je me suis intéressé à la presse. Comme elle était déjà en crise, je me disais que c'était le meilleur moment pour innover. J'ai alors monté le Chapitre français du Social Media Club pour réunir les acteurs des médias en ligne et des réseaux sociaux afin d'échanger sur leurs retours d'expérience au lieu d'innover chacun dans son coin. Nous allons d'ailleurs fêter la semaine prochaine les 5 ans du Social Media Club Français. En parallèle, j'ai monté à San Francisco la direction marketing de Yoono, une start-up de publicité comportementale et d'agrégation de réseaux sociaux – qui s'est arrêtée. En 2009, je suis revenu chez faberNovel en tant qu'associé pour créer P.I.Nk, une filiale de faberNovel spécialisée dans le capital d'amorçage dont je suis toujours le directeur général.

Comment en êtes-vous venu au journalisme ? Dans le même temps j'ai créé Satellinet de mon côté avec Jacques Rosselin (actuellement conseiller du président de La Tribune) qui m'a aidé au début, Joël Wirsztel, patron de Fréquences qui édite Satellifax (premier quotidien sur l'audiovisuel) et Satellimag (magazine des hommes et entreprises des médias) et Johana Sabroux qui a été journaliste à liberation.fr et à e24.fr. J'ai créé ce magazine car je ne trouvais aucune publication sur l'économie des médias en ligne. Or j'avais énormément besoin d'informations factuelles du genre ''Combien lemonde.fr a-t-il vendu de pubs le mois dernier ?''.

Quelle est l'idée créatrice de Satellinet ? Notre ambition, c'est de produire l'information de référence sur les médias et la communication en ligne. Nous voulons être un point de repère pour les décideurs et les lecteurs. Je considère que notre travail est accompli lorsque les décideurs trouvent la vérité sur une tendance vérifiée de façon factuelle avec les chiffres, les tendances du marché, les principaux acteurs. Nous ne sommes pas un journal d'analyse ou d'opinion. Nous fournissons la matière factuelle qui permet aux décideurs de faire leur propre analyse.

Comment vous organisez-vous ? Nous allons à l'encontre de ce qui se pratique dans l'économie des médias : tout le monde se bat sur le gratuit pour récolter un maximum d'audience à monétiser par la pub ou trouver de la rentabilité en commercialisant des événements. Ce modèle était viable sur un grand marché comme celui des États-Unis. Ainsi, par exemple, TechCrunch a été valorisé à la revente quelque chose comme 10 millions de dollars. En France, le gâteau est beaucoup plus petit. Quitte à innover mieux, autant complètement se différencier ! Nous avons lancé un numéro 0 en décembre 2009 à l'occasion du Web 2009 de Paris pour recueillir les réactions du public et le premier numéro en janvier 2010.

Vivre du contenu, c'est une quête du Graal ! Comment faîtes-vous ? Je me suis appuyé sur Joël Wirsztel dont les titres vivaient déjà de la vente de leur contenus et bénéficiaient d'une superbe marque. Nous avons bénéficié de l'expérience de Fréquences, de son image de marque, de sa base de prospection. C'est une grande chance ! Du coup, nous sommes trois associés : Fréquences, Johana Sabroux et moi. Nos revenus proviennent essentiellement de la vente de contenus par abonnement (1 110 euros par an, NDLR) mais aussi de la vente au numéro et même à l'article.

La vente à l'article, ça marche ? Oui ! Nous les vendons à 3 euros, 6,5 euros et même 9 euros pièce ! La différence de prix se fait en fonction de la taille de l'article. Nous vendons aussi nos articles auprès de sociétés qui commercialisent des revues de presse dans les entreprises. Nos droits sont gérés par le Centre français d'exploitation du droit de la copie. Ces revenus sont suffisamment significatifs pour ne pas les ignorer !

Quelle prochaine grande révolution technologique percevez-vous dans les médias en ligne ? Les problématiques d'API (Application Programming Interface ou Interfaces de programmation) qui permettent de lier des applications entre elles. Aujourd'hui, un site qui veut monter en puissance ne peut plus s'en passer. Ce phénomène conduit à s'interroger sur son cœur de métier et, à côté, à trouver d'autres services partenaires qui vont prendre en charge les métiers qu'on ne veut plus exercer. Par exemple, en tant que producteur de contenu, j'ai intérêt à me focaliser sur l'organisation de ma production et à laisser la problématique du ciblage de l'audience à des services spécialisés. Dans le même esprit, on peut aussi imaginer monter un média et laisser aux spécialistes le soin de s'occuper de la régie pub, du SEO (Search Engine Optimisation). Amazon s'est très bien structuré autour de cette idée. Cela pose beaucoup de questions : à quelles applications me connecter ? Selon quels types de négociation ? Comment valoriser l'accès mon audience : à la requête ou à la qualification de cette audience ? Comment serait mon média basé sur les API et quel serait mon cœur de métier ? Il y a là de grands enjeux à la fois technologiques, stratégiques et organisationnels. C'est un sujet majeur pour les deux ou trois ans à venir.

 

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

 

Photo : Pierre-Yves Platini, cofondateur et directeur de la rédaction de Satellinet. © D.R.

 

 

 


 


 

Le ‘‘Lardon’’ de la semaine

Dérives


 

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Le fil Presse de l’innovation

N°70

14 septembre
2012

Erick Haehnsen,
rédacteur en chef d’
innov24
©
Wilfried Maisy
Edito

En cette rentrée, il est temps de s'évader avec la BD. C'est d'ailleurs la passion de Philippe Guillaume, ancien journaliste boursier et co-scénariste de BD qui a monté sa startup pour éditer un magazine en ligne qui combine actualité, culture et BD. Sélectionné dans le Challenge 100 des startups à suivre, le journaliste soigne son audience avec une application iPad qui permet à chacun d'éditer et de publier son propre Comic Strip. Un jeu d'enfant ! Dans la foulée, il élabore un Business Model qui, outre la traditionnelle pub, le place en ''apporteur d'affaires'' pour les éditeurs de BD sur les grandes boutiques en ligne. Une chose est sûre : Philippe Guillaume ne bulle pas.

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Sommaire

Vie quotidienne
* Les avocats de proximité débarquent dans la rue
*
Des drones pour lutter contre les incendies dans les Landes

Business 2 Business
*Une certification pour les RP
*
Des missions pour 150 000 auto-entrepreneurs dans les 6 mois

Management
* Jeunes et jalouses : l’espionnage numérique au quotidien
* Entrer dans la ‘‘confrérie’’ des Vidéostars du Web



Club des médias
Interview de Philippe Guillaume, 58 ans, co-scénariste de bandes dessinées et directeur de la rédaction de BDSphère, un magazine en ligne qui combine actualité, culture et BD.



A l'Agenda du Journaliste*
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Vie quotidienne

DROIT

Les avocats de proximité débarquent dans la rue

 

Depuis quelques jours, une expérimentation d'un tout nouveau genre a été lancée dans le domaine juridique. A savoir l'ouverture de la première ''Agence d'avocats'' française visible depuis la rue.

Parfois, le recours à un avocat s'impose. Mais à qui s'adresser ? Peu de solutions s'offrent au citoyen : parcourir les annuaires, se rapprocher d'un ''barreau'' ou se faire recommander un spécialiste... Dernière alternative : sortir dans la rue et localiser l'Agence des nouveaux avocats. « Une structure unique en France », soulignent Frédéric Moréas et Philippe Charles, les avocats à l'origine du projet. Le lieu, situé au 58 boulevard de Grenelle à Paris, vient d'être inauguré mardi dernier. D'autres agences devraient voir le jour en région parisienne, dans le sud-est et le centre de la France. Après s'être rencontrés sur les bancs d'une grande école de commerce, après leurs études d'avocat, ils ont planché la nuit et les week-ends sur le moyen de rendre le droit accessible au plus grand nombre. La solution : ouvrir un cabinet clairement identifiable depuis la rue. Or, chez les avocats, la publicité n'est pas un sujet anodin... (voir encadré).

Information et transparence. Sur les façades vitrées du bâtiment, des logos indiquent les spécialités du cabinet : affaires familiales, droit du travail, problématiques immobilières, fiscalité, droit des affaires, litiges concernant les contrats de grande consommation et ceux relevant des assurances. « Une fois la porte franchie, le client est pris en charge par une assistante juridique, qui lui indique si l'un de nos avocats peut traiter son affaire », précise Philippe Charles. Le tarif du premier rendez-vous est fixe : 75 euros pour le particulier, 120 euros pour les professionnels et 200 euros pour les créateurs d'entreprise. En outre, les avocats estiment le coût global de l'affaire et dressent un devis détaillé. A partir de là, le prix ne change plus. « En sortant de l'agence, le client sait combien sa démarche va lui coûter », assure Philippe Charles.

Modernisation de la profession. Depuis 2008, les deux avocats préparent leur opération en secret. A 28 et 29 ans, ils ont abandonné de confortables situations dans de grands cabinets afin de se lancer dans cette aventure. « Tout le monde s'est demandé quelle mouche nous avait piqués », se souvient Philippe Charles. Un ancien juge au Tribunal de commerce, François Lenglart, s'est associé au projet. « Il va devenir avocat et rejoindre l'agence », indique Frédéric Moréas. Reste à passer le filtre de l'Ordre des avocats. Mais les deux avocats-entrepreneurs se montrent confiants. « Depuis 2010, un courant de modernité traverse la profession », indique Philippe Charles. En outre, les avocats sont à la recherche de nouveaux arguments de vente... « D'autres acteurs grignotent nos parts de marché », regrette Frédéric Moréas. « Pour faire face, il faut entreprendre différemment. » Et se rapprocher du public.

© Guillaume Pierre

 

La publicité des avocats : un sujet tabou

Dans le monde très fermé des avocats, la publicité est réglementée depuis le papier à lettre qu'ils utilisent jusqu'à leur blog internet, en passant par les cartes de visites... En pratique, le règlement intérieur des avocats, édité par le Conseil national des barreaux, ne leur interdit pas de faire de la publicité. Mais il demande de la dignité, de la délicatesse et de la mesure. En revanche, le règlement prohibe l'éloge et la comparaison avec d'autres avocats. Dernier point : il interdit aux professionnels de donner des informations relatives à leurs clients.


Photo 1 : Façade de l'agence des Nouveaux Avocats. © ANA
Photo 2 : Intérieur de l'agence des Nouveaux Avocats.©ANA
Photo 3 : Frédéric Moréas et Philippe Charles, avocats. © TCA-innov24

 

SÉCURITÉ

Des drones pour lutter contre les incendies dans les Landes

 

Les pompiers landais innovent avec le déploiement de drones pour la surveillance des forêts. Un dispositif qui ouvre la voie à d’autres applications que la prévention des incendies.

Avec ses 632 000 hectares, le massif forestier des Landes n'est pas épargné par les incendies. Un risque que le Sdis 40 (Service départemental d’incendie et de secours des Landes) surveille de près grâce au déploiement de drones. Premier service départemental à avoir déployé un réseau de vidéosurveillance reposant sur une soixantaine de caméras perchées à une hauteur de 30 mètres, le Sdis innove cette fois encore avec la mise en place d'une petite escadrille de drones. Objectif : aider les pompiers à circonscrire les incendies le plus rapidement possible.

Images géolocalisées. C'est du moins l'un des avantages mis en avant par le commandant Jean-Pierre Lespiaucq, en charge de la prospective au Sdis. Ce dernier a réalisé cette année les premiers essais en vol d'un drone en situation d'incendie. L'engin, conçu et fabriqué par la société Fly-n-Sense basée à Mérignac, près de Bordeaux, embarque une caméra et un transmetteur. Les images géolocalisées sont envoyées en temps réel vers un poste d'affichage situé au sol. Ce qui permet aux officiers de visualiser le feu comme s'ils étaient à bord de l'engin.

Importantes économies. « En connaissant le contour du feu et son environnement, nous positionnerons mieux les moyens au sol pour circonscrire l'incendie », se félicite l'officier qui compte aussi faire de sérieuses économies. Il faut savoir que la location d'un hélicoptère traditionnel coûte très cher (de 400 à 1 000 euros de l'heure NDLR) et se loue au mois pour obtenir une disponibilité opérationnelle immédiate. Alors que l'achat de deux drones revient à 30 000 euros environ, station de pilotage et formation comprises. Deux ans après le démarrage du programme financé, entre autres, par la région Aquitaine, le projet en cours prévoit d'acquérir deux drones à voilure fixe d'ici la fin de l'année. Plus rapides que le modèle à voilure tournante, ils ont une meilleure autonomie (30 minutes contre 15 minutes) et une meilleure tenue aux vents importants. De quoi réaliser de nouvelles missions comme la recherche de personnes disparues à l'aide d'une caméra thermique, l'évaluation de la sortie des cours d'eau lors des inondations ou la mesure de la toxicité lors des accidents chimiques avec des capteurs qui remplaceront la caméra.

© Eliane Kan

Photo : La forêt des Landes sous surveillance des drones. © SDIS 40

 


 

Business 2 Business

COMMUNICATION

Une certification pour les RP

 

Le secteur des relations publiques et des relations de presse dispose d'un référentiel de gestion de la qualité propre à ses métiers. De quoi gagner en temps et en efficacité.

L'industrie a sa certification d'assurance de la qualité avec ISO 9000 depuis 1987. Sous l'égide de l’ICCO (International Communications Consultancy Organisation), qui regroupe les syndicats professionnels des syndicats de RP (Relations publics, relations de presse) de 15 pays, le secteur de la communication s'est doté, il y a 8 ans, de son propre label : le CMS (Consultancy Management Standard). Une demie douzaine de cabinets de RP serait en train de passer leur certification. Une seconde vague d'une cinquantaine d'entreprises serait également éligible, selon Thierry Wellhoff, président, depuis 2 ans du Syntec Conseil en Relations Publics mais aussi PDG de Wellcom (90 salariés), une agence conseil en communication d’image et opinion qui a été la première à l'avoir décroché en 2010. Deux autres lui ont emboîté le pas : Burson-Marsteller et VP Strat&Com. « C'est peu alors que les entreprises du secteur ont besoin d'accroître leur efficacité, gagner du temps et fidéliser leurs clients », estime Thierry Wellhoff.

5 grandes étapes. A l'occasion du tout récent renouvellement de sa propre certification, le dirigeant milite pour en diffuser les bonnes pratiques : « On répond à un questionnaire qui conduit à formaliser les processus de fonctionnement de l'entreprise. » Un cabinet d'une dizaine de personnes peut y parvenir en une dizaine de jours/homme avec des processus simples. « Il n'y a rien d'insurmontable. Il suffit de suivre la démarche pas à pas », insiste Thierry Wellhoff. « A partir de 5 personnes, cela vaut le coup pour une agence. » Le cabinet de RP a intérêt à contacter son syndicat qui lui fournira le questionnaire détaillé. Ensuite, il démarre son processus interne de préparation à la certification. C'est l'étape la plus longue car il s'agit de sensibiliser les collaborateurs qui, dans chaque service, vont à la fois formaliser les processus métier dans le cadre d'un système de qualité. Et rédiger les documents qui seront partagés sur l'intranet. Puis le cabinet passe l'audit auprès de DNV (Det Norske Veritas). Ce qui coûte de 3 000 à 6 000 euros. Attention : les premières conclusions de l'audit reçues ne sont pas toujours positives. L'entreprise peut être amenée à revoir certains aspects et recommencer l'audit.

Projet fédérateur. « Le CMS ne suffit pas à à gagner un client. Le réel bénéfice, c'est que tous les salariés partagent les mêmes façons de travailler. Si l'un d'eux est absent, son collègue peut le remplacer beaucoup plus facilement », souligne Thierry Wellhoff. Autre gain : « Même si l'étape de l'audit est quelque peu stressante, le projet de certification est une réelle opportunité pour fédérer tous les métiers de l'entreprise », explique Carole Runser qui a géré le projet chez Wellcom. Tout n'est pas si rose : les équipes se mobilisent 6 mois avant l'audit et restent mobilisées 6 mois après la certification. Puis, les choses ont tendance à se déliter... « Cela tombe bien ! », sourit Thierry Wellhoff. « Car le label n'est valable que 2 ans. Ensuite, il faut recommencer. »

 

© Erick Haehnsen

Photo 1 : Thierry Wellhoff, président du Syntec Conseil en Relations Public mais aussi PDG du cabinet Wellcom. © TCA-innov24
Photo 2 : Carole Runser, chargée de communication chez Wellcom. © TCA-innov24

 

SERVICES

Des missions pour 150 000 auto-entrepreneurs dans les 6 mois

Freelancer met en relation 4,2 millions de membres pour externaliser toutes sortes de travaux auprès d'auto-entrepreneurs et de PME. Plus de 2 millions de missions à prendre sont actuellement en ligne.

Concurrent direct du portage salarial, la plate-forme Freelancer (100 millions de dollars de chiffre d'affaires en 2011), qui vient de débarquer en France, s'annonce comme un partenaire privilégié des auto-entrepreneurs et autres TPE. En effet, à l'instar de son concurrent Elance, cette eMarketPlace propose d'externaliser toutes sortes de services. Aussi bien de la traduction de sites Web et des développements informatiques que des missions ponctuelles de vente sur des salons professionnels ou des travaux de jardinage. De quoi intéresser les travailleurs indépendants et les TPE en mal de chalandise.

Le client paie d'abord. Le principe est simple : les entreprises qui souhaitent sous-traiter des travaux postent une offre tarifée et les sous-traitants, qui ont dûment renseigné leur profil, y répondent. Le client sélectionne alors le candidat qu'il préfère, dialogue avec lui sur la plate-forme pour préciser, le cas échéant, le contenu de la mission, les délais de réalisation ou les conditions de rémunération. Détail important : une fois la négociation conclue, le client paie à l'avance le prix de la prestation à Freelancer qui met cet argent sous séquestre auprès d'un tiers de confiance. Au moment de la livraison, le client donne l'ordre de débloquer les fonds pour régler sa facture et donne, s'il le souhaite, une notation de son prestataire, un peu comme avec le système d'évaluation d'eBay. Bien sûr, la réciproque existe également. Le prix moyen d'une mission se monnaie ainsi entre 20 et 150 euros. Certains deals peuvent peser plusieurs milliers d'euros.

620 millions de dollars de travaux proposés. Freelancer a démarré en 2004 en Australie. En 2009, la société a été reprise par un Serial Entrepreneur, Matt Barrie, qui l'a développée à l'international aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Espagne, en Allemagne puis, cette semaine, en France. « Avec 650 000 auto-entrepreneurs, le marché français est très prometteur. Nous espérons attirer entre 100 000 et 150 000 auto-entrepreneurs en 6 mois. Comme nous l'avons fait au Royaume-Uni, il y a deux ans », explique David Russel, 50 ans, un Franco-Britannique qui dirige Freelancer France depuis une quinzaine de jours. « Pour ma part, je faisais déjà partie de ces 16 000 indépendants installés en France qui proposent leurs services sur Freelancer. C'est, d'ailleurs de cette manière que j'ai été recruté pour développer la filiale française. » La plate-forme compte aujourd'hui 4,2 millions de membres et propose 2,4 millions de missions pour une valeur de 620 millions dollars. Freelancer n'exclut pas les PME. L'une d'elle génère ainsi pour 1 million de dollar de chiffre d'affaires sur cette eMarketPlace.

© Erick Haehnsen

Photo 1 : David Russel, directeur de Freelancer France. © D.R.


 

Management

PRATIQUES SOCIALES

Jeunes et jalouses : l’espionnage numérique au quotidien

 

Plus d'un Français sur cinq avoue avoir déjà regardé dans le portable ou l'ordinateur de son conjoint. Selon Yahoo ! les femmes sont plus méfiantes que les hommes et la moitié des 15-25 ans n'a aucun scrupule à le faire. L’espionnage entre conjoint est-il un délit ?

On sait que les femmes jeunes sont les plus jalouses. Un sondage en ligne réalisé par Yahoo! au second trimestre 2012 auprès de 1 037 personnes de plus de 14 ans le confirme : si 21% des français avouent avoir déjà regardé dans le portable ou l'ordinateur de leur conjoint, 25% sont des femmes et 16% des hommes. La tendance est particulièrement marquée chez 49% des 15/25 ans, alors qu’à l’inverse, 89% des plus de 50 ans estiment qu'il s'agit de « la pire chose à faire ». Enfin, 15% des interrogés avouent opérer une surveillance régulière, 24% l’ont fait une seule fois, sans récidive, et 61% occasionnellement pour évacuer un doute. Pour autant s’agit-il d’un délit ? Marie-Laure Laffaire, avocate en droit des nouvelles technologies, répond aux questions d’innov24.

A-t-on le droit d'espionner la messagerie de son conjoint ? Non, c’est strictement interdit par la loi. Mais il faut bien saisir la différence qu’il peut y avoir entre ''surveiller'' et ''espionner''. La personne qui veut surveiller les activités électroniques de son conjoint, visiter ses messageries personnelles, doit le faire avec son consentement. C’est alors autorisé. Pour l’attester devant un tribunal en matière de divorce, une autorisation écrite aura valeur de preuve quasi-absolue mais d'autres preuves pourraient également être débattues. La seule exception reconnue valable est lorsque cette consultation est faite par hasard ou lorsque le conjoint affiche ostensiblement ou laisse généralement traîner ses log-in et mots de passe au domicile conjugal. A contrario, espionner les comptes Web, la messagerie ou le téléphone portable de son conjoint suppose d’avoir, au préalable, obtenu frauduleusement ou par violence des codes d’accès personnels. C’est ce qui est interdit. Toutefois, ce sera au conjoint lésé par cette action d'espionnage de prouver la fraude ou la violence de son conjoint, preuve toujours difficile à apporter.

Mais peut-on alors installer un logiciel espion sur son PC ou son téléphone ? De la même manière, il est strictement interdit d’installer un logiciel espion sur le Smartphone ou le PC de son conjoint sans son autorisation. Le contre-argument classique est alors de demander de désigner avec exactitude si c’est bien le partenaire qui l’a installé. L’espionné devra alors apporter au tribunal la preuve que la personne qui a installé le logiciel est bien son conjoint et que cela a été opéré à son insu, par fraude ou violence.

Ces logiciels espions sont pourtant d’usage autorisés... La promotion et la vente des logiciels espions sont encadrées par l’article 226-3 du Code pénal. Dans la pratique, ils doivent bénéficier d’une autorisation ministérielle. Pour la détourner, la plupart des éditeurs précisent clairement que l’installation de leur application doit être opérée avec le consentement de son propriétaire et qu'il ne s'agit donc pas d'espionner. Leurs conditions générales de ventes le précisent expressément ce qui les garantit contre tout recours. Il suffit de les lire attentivement. On peut donc installer ces logiciels pour surveiller.

Il n’y a pas donc pas d’exceptions entre époux ? Le principe du droit commun qui s’applique est celui du secret des correspondances qui figure dans l’article 226-15 du Code pénal. Il faut aussi respecter le droit de la vie privée qui figure dans l’article 9 du Code civil. Mais il y a effectivement des exceptions entre époux. Ainsi, un mari peut aller fouiller dans les courriers électroniques de sa femme et en extraire les preuves de son infidélité pour les apporter à un tribunal. Pour autant, il doit les avoir obtenues par "surveillance" et non par ''espionnage''. Dans un arrêt rendu le 17 juin 2009, une femme a eu gain de cause en indiquant avoir eu le SMS prouvant l’infidélité de son mari sur le mobile qu’il avait égaré et qu’elle avait retrouvé par hasard. Enfin, une personne incriminée peut toujours prétendre ne pas être l’auteur ou le destinataire certain d’un texto ou d’un courriel prouvant une faute conjugale. C’est encore peu invoqué, alors que ce serait un très bon argument.

 

© Hubert d'Erceville

Photo 1 : Marie-Laure Laffaire, avocate en droit des nouvelles technologies. © D.R.

 

BUSINESS MODEL

Entrer dans la ‘‘confrérie’’ des Vidéostars du Web

 

Sur internet, les outils gratuits de production, de diffusion et de marketing se sont multipliés. Profitant de ce tremplin, des artistes se sont constitués des audiences vertigineuses. Un parcours accessible à tous... à condition d’entrer dans la confrérie des Stars du Web.

Ils s’appellent Norman, Cyprien, La ferme Jérôme ou encore PV Nova. Avec de courtes vidéos, souvent humoristiques, parfois pédagogiques, vues par des millions d’internautes, ils font le buzz sur la toile. En 5 ans à peine, date où le phénomène est apparu, ils sont devenus de vraies Stars, ou plutôt des Vidéostars du Web. Leur secret : savoir tiré partie d’un grand nombre d’outils, souvent gratuits, qui circulent sur le réseau afin de produire et diffuser des œuvres au plus grand nombre. Sur les réseaux sociaux, ils font et défont les tendances. Du coup, les annonceurs ne peuvent plus se passer d’eux.

Nouveau marché. « Ils nous appellent des ''influenceurs'' et cherchent à placer leurs spots publicitaires dans nos vidéos », explique PV Nova. Originellement diplômé d’une grande école de commerce, il a préféré fuir les hautes sphères du management pour rejoindre les rangs des artistes du Web. En pratique, la publicité est insérée avant que la vidéo ne se lance. Selon les cas, l’internaute est obligé de la regarder, en partie ou totalement, avant d’accéder au contenu. Depuis un an, le procédé a été automatisé sur certaines plate-formes, comme par exemple Youtube. Pour l’artiste, la rémunération se fait au nombre de vue. « Deux millions de vues par mois, c’est l’équivalent d’un SMIC. »

Confrérie. Actuellement, le marché est en croissance. « Il y a une très forte demande et aucune limite à l’offre. Donc pas de concurrence entre les artistes. » Reste un certain corporatisme. « C’est un tout petit cercle d'amis. Tout le monde se connaît. Pour y entrer, il faut être accepté. » Une seule condition : « Respecter nos codes. » Première règle, instaurer une proximité avec le public. Par exemple, en accentuant le coté amateur de la vidéo... même si les moyens mis en œuvre sont, en réalité, proches du monde professionnel. « J’ai investi 10 000 euros dans mon matériel. Et même si je passe 50 heures sur une vidéo, il ne faut pas que cela se voit. » En outre, mieux vaut bannir les mots techniques et privilégier l’humour. Seconde règle : ne jamais plagier le contenu d’un autre membre de la confrérie. Dernière règle : s’inventer un personnage. A l’instar du Dandy-Geek-coloré joué par PV Nova.

Effet rebond. Par ailleurs, les projets collectifs se multiplient. Du coup, chacun fait la promotion des autres. Résultat, le succès de l’un bénéficie à tous. « Lorsque l'audience de Norman a explosé, la mienne a progressé de 80%. » En revanche, les artistes n’ont plus le temps de souffler. « Il faut répondre aux messages privés où se déroulent les discussions constructives. Et ne pas négliger le fil de discussion publique sur Facebook, utilisé par notre communauté de ''suiveurs'' pour approuver ou désapprouver les vidéos. » Une véritable activité de Community Manager exercée au quotidien.

© Guillaume Pierre & Alizée Guarino

 

Un Business Model fait d’opportunités

Les Vidéostars du Web ont parfois plusieurs casquettes. A l’instar de PV Nova, un humoriste également membre du groupe Les Tistics. Grâce à sa popularité, son premier album (mis en téléchargement gratuit) a été distribué à 100 000 exemplaires. Le propulsant au rang de... ''disque de platine'' virtuel. En outre, les opportunités se multiplient. « Dernièrement, j'ai tourné un vidéoclip avec le réalisateur Stefan Mucchielli et la comédienne Joy Esther qui me l'ont proposé gratuitement. » La prestation d’une valeur de 8 000 euros lui a coûté une centaine d’euros. Toutefois, le Business Model des Vidéostars reste incertain... « Impossible de réfléchir sur le long terme. » D’autant que, une fois le succès acquis, ces stars tendent à revenir vers des schémas traditionnels. A l’instar de PV Nova qui pourrait bien vendre son prochain album... via une maison de disques. Tout ce qu'il y a de plus classique !

 

Photo 1 : PV Nova a investi 10.000 euros dans son matériel.© Alizée Guarino

Photo 2 : PV Nova, un Dandy-Geek-coloré.© Alizée Guarino


 

Club des médias

« Nous recherchons 500 000 euros »

Interview de Philippe Guillaume, 58 ans, co-scénariste de bandes dessinées et directeur de la rédaction de BDSphère, un magazine en ligne qui combine actualité, culture et BD.

Quel a été votre parcours ? J'ai fait un peu de droit. A côté de mes étude, j'ai eu l'occasion de rentrer à l'âge de 20 ans à La Cote Desfossés qui, à l'époque était le plus vieux quotidien boursier - sa création remontait à 1818. J'y suis resté 8 ans. Ensuite, suis devenu rédacteur en chef adjoint d'un mensuel de la presse professionnelle, la Revue vinicole internationale, magazine des professionnels du vin et spiritueux. J'ai alors compris que j'étais fait pour la presse quotidienne. En 1984, j'ai fait partie de l'équipe qui a lancé le quotidien La Tribune de l'économie - anciennement L’Information dans les années 50, rebaptisé en 1970 Le Nouveau Journal - alors dirigé par Bruno Bertez qui provenait de La Vie française. En 1987, j'ai travaillé avec Jean Boissonnat et Jean-Louis Servan-Schreiber, fondateurs de l'Expansion, qui ont racheté le journal devenu la La Tribune de l'Expansion. J'y ai dirigé le service ''Marchés'' jusqu'en 1989 où j'ai rejoint le quotidien Les Échos pour m'occuper des pages financières. J'y ai créé une cote boursière complète. J'ai travaillé dans ce journal pendant 21 ans, jusqu'en 2010 où j'ai fait jouer la clause de cession après la reprise du journal par Bernard Arnault, PDG de LVMH et ancien patron de La Tribune. C'était l'occasion de me lancer dans la culture et la BD (Bande dessinée), secteurs que j'avais couverts aux Échos.

Vous aviez déjà monté des opérations éditoriales dans ce sens... Oui. Il s'agissait d'opérations éditoriales qui accompagnaient la prépublication d'albums de BD dans le journal sous forme d'un feuilleton quotidien pendant l'été. Autour des planches de BD, nous avons publié en 2002 des articles proches des thématiques de la BD et de celle des Échos. Par exemple avec l'album d'IR$ (Bernard Vrancken et Stephen Desberg chez Le Lombard), dont le héros est un agent spécial du fisc américain, nous avons publié des articles sur le trafic, le blanchiment de l'argent de la drogue... Chaque jour, il y avait également l'interview d'un décideur qui expliquait pourquoi il aimait la BD. Nous avons ainsi eu, entre autres, Louis Gallois (qui a été président de la SNCF, co-président d'EADS et PDG d'Airbus), Michel Édouard Leclerc (actuel dirigeant du mouvement E. Leclerc), le navigateur Loïc Peyron... En tout nous avons réalisé 26 portraits. Cet ensemble a fait l'objet de la publication d'un album aux Éditions du Lombard, tiré à 7 000 ou 8 000 exemplaires. J'ai récidivé en 2004 avec Blake & Mortimer, puis en 2005 avec XIII. A cet égard, nous avons monté un partenariat éditorial avec le journaliste Daniel Couvreur qui suit la BD au quotidien belge Le Soir. En 2006, ce fut le tour d'un album de la série Alpha et en 2007, le tome 1 de la série Dantes (6 albums parus pour la saison 1, une saison 2 étant prévue) chez Dargaud dont je suis co-scénariste avec Pierre Boisserie sur les dessins d'Erik Juszezak et les couleurs de Juliette Nardin. Ce sont des opérations ''lourdes'' avec une quarantaine de journalistes pour Les Échos et autant lorsqu'on a travaillé avec Le Soir ! Il fallait avoir une grande connaissance de l'économie, de la finance et de la BD.

La BD offre-t-elle toujours autant d'actualité sur ces thématiques ? Oui. Et c'est pour cela que j'ai monté BDSphère, un magazine d'actualité, de culture et de BD en ligne maquetté comme un magazine papier, qui prolonge cette expérience avec Les Échos et Le Soir. Par exemple, concernant l'événement Visa pour l'image , qui se termine la semaine prochaine, je parle de deux BD qui se rapportent au photojournalisme : La dernière image (chez Soleil Productions), du dessinateur Gani Jakupi, qui couvre le Kosovo avec un photojournaliste tout en se posant des questions d'éthique et de déontologie. Et Chasseurs de scoops, des célèbres paparazzi Bruno Mouron et Pascal Rostain (affaire Mazarine, affaire Cécilia Attias...) en collaboration avec l'illustrateur de presse Christophe Regnault qui signe ici sa première BD. Bien sûr, j'oppose ces deux BD dans le même papier. A côté de cela, nous publions un article allant de la naissance du photojournalisme jusqu'à la crise du métier avec les médias qui prennent les photos d'amateurs équipés de leur smartphone. Nous en sommes au n°69. Le magazine est accessible gratuitement sur notre site à condition de s'abonner.

Quel est votre modèle économique ? Bien sûr, la publicité sur le site et dans le magazine mais elle rapporte peu car notre audience est en pleine construction. Nous avons ainsi un partenariat éditorial avec Direct Matin qui nous prend une rubrique de ¼ de page par semaine avec renvoi vers notre site. Ainsi qu'une mention de notre site dans la rubrique Life Style du site Boursorama et sur le site de TVMag. Toujours pour développer l'audience, nous avons une application iPad qui permet aux Internautes de créer très facilement leurs propres BD en 1, 2 ou 3 cases et les publier sur notre site. Nous commençons à fidéliser des annonceurs. Ensuite, il y a l'apport d'affaires, c'est-à-dire le reroutage de nos internautes qui veulent acheter des albums vers le site de la Fnac pour les albums papier et vers le libraire en ligne izneo pour les ouvrages numériques. Lequel se charge également de vendre notre magazine pour 1,20 euros vers d'autres plates-formes en ligne, notamment celle de la Fnac.

Où en êtes-vous dans votre développement ? Nous nous sommes créés il y a 6 mois sous forme de start-up en ayant levé 250 000 euros. Notre projet, dont l'équipe comporte une journaliste et une graphiste, a été sélectionné en juin dans le Challenge 100 ! Ce qui nous met en confiance pour partir à la recherche de capitaux pour un second tour de table. Nous avons besoin de 500 000 euros.

 

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

 

Photo 1 : Philippe Guillaume, co-scénariste de bandes dessinées et directeur de la rédaction de BDSphère. © TCA-innov24
Photo 2 : L'application iPad de BDSphère. © TCA-innov24

 

 


  

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Le fil Presse de l’innovation

N°68

29 juin
2012

Erick Haehnsen,
rédacteur en chef d’
innov24
©
Wilfried Maisy
Edito

Toutes les études le prouvent : la vidéo booste la fréquentation des sites Web d'info. Et donc leur monétisation. « Mais, la vidéo, c'est cher ! », s'effraient certains. « C'est un métier à part entière », rétorquent d'autres. De fait, les arguments abondent pour ne pas passer à la vidéo ! Mais les choses pourraient changer. Regardez l'interview de Xenia Fedorova, directrice des projets Media chez RT News Channel. Cet homologue russe de France 24, NHK ou Al Jazeera, propose gratuitement depuis 3 ans des reportages vidéo de qualité professionnelle. Politique, Business, People, sciences et technologies... la chaîne généraliste d'information en continu produit ainsi 50 à 120 clips par jour. A utiliser sans modération ! Bref, il y a de quoi faire... En attendant, l'équipe d'innov24 vous souhaite d'excellentes vacances. Rendez-vous à la rentrée.

Modes d'emploi vidéo :
- L'agenda en ligne
-
Consulter les News
-
Actualiser son profil- Produire une enquête de façon collaborative et sécurisée
- Publier une News

- Publier un événement de presse

 

Sommaire

Vie quotidienne
* Le réseau social qui rematérialise les rencontres virtuelles
*
Réalité virtuelle et réalité augmentée à l'assaut des musées

Business 2 Business
* Robotiser les opérations portuaires
*
L'e-learning au secours des auxiliaires de vie

Management
* Les enquêteurs du Web veillent sur la réputation des entreprises

Club des médias
Interview de Xenia Fedorova, 30 ans, directrice des projets Media chez RT News Channel, l'équivalent russe de France 24, qui a lancé Freevideo.rt.com, un service en ligne de news vidéo gratuit pour les TV, les radios et les sites Web d'information.

Le ‘‘Lardon’’ de la semaine
par Lardon

La semaine de Foc Kan
Le photoreporter ''People'' Foc Kan nous fait partager une folle semaine parisienne

A l'Agenda du Journaliste*
L'Agenda des événements de Presse d'innov24 est actualisé chaque jour sur le site. Plus de 70 événements dans cette édition.

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Vie quotidienne

RÉJOUISSANCES

Le réseau social qui rematérialise les rencontres virtuelles

Fini les apéros géants où l’on reste entre soi alors qu’on a plein d’amis virtuels. En inventant Rezoto, Olivier Thirion de Briel innove et crée le premier réseau social où l’on rencontre de nouvelles personnes, découvre les lieux qui bougent et partage ses passions dans la vraie vie.

Rezoto : un nom facile à retenir et qui sonne comme un clin d’œil pour ce réseau social d’un nouveau genre. Un réseau social qui favorise le partage de sorties, la rencontre ''en vrai'' et, surtout, l’amitié à long terme. « C’est tout l’inverse du réseau social à l’américaine où on démultiplie son nombre d’amis virtuels alors qu’on est toujours seul dans la vraie vie », compare Olivier Thirion de Briel, fondateur et animateur de ce nouveau site. Sur Rezoto, on partage ses passions, on organise ses soirées, on favorise les rencontres, l’échange ''en vrai''. Les uns proposent des activités, les autres s’inscrivent, et tout ce monde se retrouve au café, dans un restaurant ou une salle de spectacle, sur un terrain de sport, pour une activité à thème, un concert à partager, une passion à pratiquer... Le tout est accessible de façon géolocalisée sur ordinateur ou smartphone. L’application est gratuite, téléchargeable sur Android ou iPhone.

De bons plans pour le soir-même. L’idée est venue en septembre 2011. De retour à Nantes, Olivier Thirion de Briel est alors au chômage. En 2006, il avait revendu la société qu’il avait fondée en Californie (Stackcom) pour 7 millions de dollars. Un pactole qui lui sert de rampe de lancement. Mis en forme, Rezoto est rapidement remarqué : lauréat du concours Business Affinity 2011 de la Chambre économique de Nantes Métropole sud Loire, l’entreprise est soutenue par Oséo et un Business Angel, spécialiste de l’économie numérique. L’application est développée en HTML5, CSS3 Javascript avec une première version bêta en mars 2012. Le site opérationnel est officiellement lancé ce mois de juillet. Les internautes commencent à le fréquenter et les événements à se multiplier. Deux blogs d’animation, avec les bons plans du soir et un espace d’échange et d’information suscitent les envies. Des partenariats noués avec les écoles et les associations d’étudiants provoquent le bouche à oreille. D’abord limité à Nantes et sa région, le réseau social Rezoto commence à se diffuser sur Paris. Progressivement toutes les grandes villes universitaires seront couvertes.

Une extension pour les activités payantes. L’entreprise, qui emploie un salarié et quelques stagiaires, s’est fixée un an pour installer le service. La commercialisation se fera ensuite auprès des cafés, restaurants, lieux de rencontre et d’activité qui désirent attirer de nouveaux clients. Une extension pour mettre en avant les animations sportives, culturelles, voire des formations ou des activités ludiques payantes est aussi prévue. « Les idées ne manquent pas ; mais dans un premier temps il faut asseoir la fréquentation », édicte Olivier Thirion de Briel. Une stratégie que les investisseurs français, à la recherche de modèles économiques déjà opérationnels, ne comprennent pas toujours.

© Hubert d’Erceville

Photo : Lancé par Olivier Thirion de Briel, Rezoto est un réseau réel de rencontre en amis. Pour l’instant, il est ouvert sur Nantes et Paris. © D.R.

CULTURE

Réalité virtuelle et réalité augmentée à l'assaut des musées

 

Les pièces rares qui sommeillent à l'ombre des musées vont gagner en attractivité. Les visiteurs pourront les manipuler virtuellement sans craindre de les abîmer.

Virtuasense, une jeune société d'ingénierie rouennaise, veut insuffler une dimension ludique aux collections privées des musées français. Grâce à son application, le visiteur pourra saisir des pièces rares afin de les contempler sous toutes les coutures, sans risque de les faire tomber. Le procédé consiste d'abord à numériser les vases, bustes et autres objets précieux de manière à disposer de leurs doubles virtuels, visualisables sur un écran dédié.

Interface physiques spécifiques. Dès lors, chaque modèle numérique peut être manipulé librement via un objet physique et bien réel, à savoir un cube en bois recouvert de pastilles réfléchissantes. Ces dernières sont localisées par un capteur infrarouge dissimulé au dessus de l'écran. A chaque fois que le visiteur fait tourner le cube, une information est transmise au logiciel qui déplace alors l'objet virtuel en temps réel. On peut ainsi voir un vase sous toutes ses facettes et observer la finesse de son décor au moyen d'une loupe physique, sorte de grosse raquette également recouverte de pastilles. Mieux encore, pour ajouter une touche encore plus réaliste à cette application, la start-up a recours à la réalité augmentée. Laquelle permet au visiteur de se voir, à l'écran, en train de manipuler le vase en 3D !

Découvrir les particules élémentaires. « Plusieurs musées sont intéressés par notre application », indique Jean-Marc Minière, le président de Virtuasense. Créée en 2010, la jeune pousse recourt à l'application de tracking de mouvements développée par l'entreprise néerlandaise PS-Tech dont la technologie a déjà fait ses preuves dans un musée à Gouda en Hollande. Les visiteurs peuvent ainsi découvrir à leur guise les célèbres faïences bleues du crû. En attendant de faire leur entrée dans les musées français, les technologies de Virtuasense seront présentées à l'exposition scientifique Zoom qui sera organisée en septembre à Caen par l'association Relais d'Sciences. A cette occasion, le visiteur manipulera non pas des vases mais des quarks, neutrinos et autres particules élémentaires. Ces objets virtuels obéiront quant à eux aux lois de la physique grâce à l'atelier logiciel de Virtuasense qui intègre un moteur spécifique, à l'instar d'un jeu vidéo.

© Eliane Kan

Photo 1 : Jean-Marc Minière, président de Virtuasense. © Virtuasense
Photo 2 : Pour rajouter une touche encore plus ludique à son application, Virtuasense fait appel à la réalité augmentée.
© Virtuasense


 

Business 2 Business

LOGISTIQUE

Robotiser les opérations portuaires